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D�claration d'ETA

Mardi 14 mai 2006 : Alors qu'en Corse, les militants clandestins du FLNC UC , du FLNC "du 22" et le gouvernement fran�ais sont toujours dans une impasse, sans aucune n�gociation pour un processus de paix. L'organisation politico-militaire Basque E.T.A (Euskadi Ta Askatasuna, pays basque et libert�) explique dans un entretien ses positions actuelles et ces propositions pour une paix en cours.

Cet entretien a �t� r�alis� par le journal Gara :

 

- Pourquoi maintenant ? Quelle est la diff�rence entre cette d�cision et d�autres, prises ant�rieurement ?

Il n�est pas suffisant d�analyser de fa�on arr�t�e la situation politique actuelle, il faut aussi dire que nous nous trouvons face aux r�sultats et � l��uvre de la lutte de ces derni�res ann�es. En premier lieu, nous voulons mettre en avant la contribution de la gauche ind�pendantiste, car c�est la lutte pour la construction et la d�fense du Pays basque qui a permis de cr�er la situation actuelle ; c�est ce qui nous a conduit � ce sc�nario. Ainsi, cela a permis de diffuser de nouvelles consciences, et aujourd�hui nous voyons comment des concepts et principes politiques que la gauche ind�pendantiste, pendant des ann�es, s��tait vue contrainte de d�fendre seule, sont aujourd�hui assum�s par de nombreux agents et partis. C�est la lutte men�e par la gauche ind�pendantiste qui a provoqu� le mouvement dans la position des agents et des �tats, et qui a rendu possible qu�aujourd�hui se pr�sentent de nouvelles opportunit�s.

- Quelles sont, aujourd�hui, les raisons politiques permettant de lancer un processus et qui font qu�ETA a d�cid� d�un cessez-le-feu permanent ?

D�une part, nous voulons rappeler que le Pays basque, dans son ensemble, est aujourd�hui une r�alit� toujours plus accept�e, ce qui a ouvert le chemin, de fa�on plus claire que jamais, � la reconnaissance politique du Pays basque en tant que nation et peuple. Pour nous, il existe en plus une autre raison fondamentale : l�id�e que ce sont les citoyens basques qui doivent avoir la parole et la d�cision sur le futur est, elle aussi, toujours plus accept�e. C�est l�essence, ce qui permettra de d�passer le conflit.

Depuis que la gauche ind�pendantiste a rendu publique son alternative pour un solution d�mocratiques, les citoyens et les principaux agents assument le double sch�ma qui devrait �tre d�velopp� : d�une part, le processus politique pour d�cider du futur du Pays basque ; et, d�autre part, ce qui devra �tre entendu entre ETA et les �tats. Et, finalement, ces concepts et d�sirs r�pendus parmi les citoyens ont contribu�, dans une certaine mesure, � ce que les agents et partis bougent dans cette m�me direction. Bien s�r, � ces raisons nous ajoutons que la d�cision, le pas d�ETA ne s�est pas fait dans le vide ; la volont� et les engagements exprim�s directement par diff�rents agents ces derniers mois ont aussi un lien avec notre d�cision.

- Cette volont� est apparue si importante dans les contacts maintenus avec les agents ? Quels objectifs ETA recherche-t-elle dans ces contacts ?

ETA maintient des contacts r�guliers avec les agents du Pays basque. Pour nous, les forces que nous consid�rons comme favorables au Pays basque sont un domaine de relations prioritaire et, ces derniers mois, nous avons eu ces contacts. Le principal objectif des contacts que nous avons eu ces derniers mois a �t� de conna�tre en avant premi�re la disposition de ces agents � mener un processus d�mocratique, ainsi que les pas qu�ils seraient dispos�s � faire et les engagement qu�ils prendraient, et afin de conna�tre directement ces d�cisions.

- Sommes-nous dans la situation politique � laquelle ETA souhaitait parvenir ?

En r�fl�chissant � la situation politique, il convient de rappeler que, de fa�on particuli�re, le Pays basque se trouve � un moment de changements politiques ; de ce fait, pour nous, il est important de souligner pour quelle raison ce moment de changement est arriv� et de rappeler les �l�ments qui le caract�risent. Avant tout, il faut souligner que nous nous trouvons face � un changement provoqu� par la lutte de la gauche ind�pendantiste, et que si le reste des agents et partis a boug� dans cette direction, c�est gr�ce � la pression et � la lutte men�e par la gauche ind�pendantiste.
Si une chose est claire, c�est l�in�vitable changement politique, et il en est ainsi parce que l�effritement des cadres qui divisent et nient le Pays basque est plus �vident que jamais. Et il porte en lui l��chec de ceux qui impos�rent la r�forme politique de l�Espagne il y a trente ans. D�une part, parce que l�incapacit� de ces cadres pour construire le Pays basque a �t� d�montr�e. Cet enchev�trement  juridico-politique, ils l�ont construit pour s�questrer la libert� du Pays basque, et par la lutte de ces ann�es, nous avons d�montr� que ces cadres ne valent rien pour lib�rer le Pays basque, ils ne valent rien pour construire notre peuple.

Il est �vident, de plus, que ces cadres ne servent pas � r�soudre le conflit et lui donner une issue d�mocratique. Ils ne sont pas non plus valides pour �liminer la gauche ind�pendantiste et en finir avec la lutte de lib�ration. Ce qui conduit � une cons�quence claire : le Pays basque n�a pas de futur, en tant que peuple, au sein de l�Espagne et de la France, et que le conflit ne peut pas se solutionner dans cette situation. Ainsi, un changement politique des cadres impos�s au Pays basque est n�cessaire, et ce changement doit �tre fait entre nous tous, nous devons mettre en marche le processus d�mocratique qui concr�tise ce changement.

- Qui doit faire ou impulser ce changement ? A quel moment sommes-nous ?

Nous sommes sur le point d�entrer sur le chemin qui va du cadre  d�imposition au cadre d�mocratique, et ce que nous disons � tous les agents est que, �tant parvenus � ce point, aujourd�hui, nous ne pouvons pas commettre les m�mes erreurs que celles commises il y a 30 ans. Ceux qui affirment avoir fait, � l��poque, la � transition d�mocratique �, ceux qui form�rent le bloc de la r�forme, ont �chou� dans leurs principaux objectifs. Nous avons pu mesurer la port�e de la fraude d�alors et toutes ses cons�quences. Et, maintenant, le moment est arriv� de cr�er un v�ritable chemin d�mocratique ; la possibilit� de d�passer le conflit viendra en parcourant ce chemin qui m�ne du cadre de la n�gation et de la partition � la situation de reconnaissance du Pays basque. C�est la base du moment politique actuel.

- Depuis la d�claration du cessez-le-feu cependant, et m�me avant, certains soutiennent qu�il s�agit d�une initiative n�e de la faiblesse et de la situation cr��e par les attentats du 11 mars� Comment avez-vous re�u ces d�clarations ?

Cela fait longtemps que nous disons que ceux qui font cette lecteur - en termes de faiblesse � des initiatives d�ETA et des propositions lanc�es par la gauche ind�pendantiste, en premier lieu, se trompent s�ils veulent r�aliser un diagnostique correct de la situation et, ce qui est pire encore, si des calculs politiques sont impos�s comme base de cette r�flexion, l�issue est vou�e � l��chec dans la direction que doit prendre le processus. Si, � la place de processus visant � d�passer le conflit, des strat�gies se dessinent pour acculer la gauche ind�pendantiste sur la base d�un calcul malicieux, l�histoire nous enseigne que ce sont des strat�gies condamn�es � l��chec. Beaucoup avaient r�alis� une lecture identique lors du processus de 1998, beaucoup de pseudo intellectuels, journalistes et politiques professionnels avaient lanc� cette th�se, et nous connaissons tous les cons�quences qui en ont r�sult�. R�it�rer et insister sur ce mensonge, � notre avis, est une tentative visant � alimenter des strat�gies qui ont d�j� �chou�.

 

Relations avec les �tats

- Il a �t� consid�r�, d�s le d�but, que la d�claration d�ETA est arriv�e apr�s des contacts et n�gociations avec l��tat espagnol. De fait, il y a un an, ETA a annonc� qu�elle tentait d�ouvrir un processus de n�gociation avec le Gouvernement  espagnol. Quel d�veloppement a eu cette tentative ?

En rendant cette information publique, il y a un an, ETA n�a fait que se conformer � une attitude qu�elle a toujours maintenue, c'est-�-dire que nous avons exprim� notre volont� de d�passer le conflit par la n�gociation, en m�me temps que nous avons maintenu notre lutte et notre d�termination pour d�passer le conflit entre le Pays basque, l�Espagne et la France au travers de la n�gociation et de l�accord. Durant cette derni�re ann�e, ETA a continu� � faire des pas dans cette direction, celle de cette tentative visant � ouvrir et � d�velopper un processus de n�gociation.

- Quels contacts et quelles n�gociations y a-t-il eu ?

Pour nous, la discr�tion est un �l�ment basique et indispensable dans un processus de n�gociation et, de ce fait, c�est l�attitude qu�ETA a eue et aura, et nous appelons les agents et partis � en faire autant.

- Les filtrations qui ont �t� faites derni�rement ont-elles une certaine cr�dibilit� ?

Nous voulions d�noncer ces rumeurs et filtrations qui sont sorties ces derni�res semaines dans les m�dias sur le processus de n�gociation et les contacts qu�il y aurait pu avoir ou non, particuli�rement parce ce sont des filtrations r�alis�es dans le but d�alimenter des int�r�ts partisans concrets ou ceux de m�dias, dans l�objectif de faire mal au processus et d�entra�ner la confusion.

- Vous avez ouvert des voies ou des espaces de contact avec le Gouvernement fran�ais ?

Nous voulions confirmer de nouveau l�information transmise il y a quelques mois : ETA a envoy� une lettre au Premier ministre fran�ais, Monsieur De Villepin. Dans cette lettre, nous montrions notre volont� de d�passer le conflit entre le Pays basque et la France au travers de la n�gociation, comme premier pas pour ouvrir une voix de n�gociation, qui devrait se concr�tiser en un processus de n�gociation sur les fa�ons de d�passer le conflit.

- Vous avez re�ue une r�ponse � cette lettre ?

Nous n�avons pas re�u de r�ponse officielle. Plus encore, confirmant son attitude n�gative, la lettre a filtr� dans la presse apr�s modification et manipulation de son contenu. Le Gouvernement fran�ais doit montrer une autre maturit� et un autre s�rieux pour ouvrir un processus contribuant � donner une issue au conflit. Il est n�cessaire d�exiger de lui qu�il abandonne sa fermeture et qu�il montre sa volont� de donner une r�ponse positive.

 

Relations et positions des agents

- Comment avez-vous consid�r�, en termes g�n�raux, les r�actions � votre initiative ?

Nous aimerions rappeler que l�initiative d�ETA a �t� men�e dans une perspective de processus, c'est-�-dire comme une initiative li�e � d�autres mouvements et non pas comme un pas isol�.
En m�me temps, la majorit� des agents a r�pondue avec les m�mes discours qu�avant, par une r�ponse formul�e sur la base de leurs propres int�r�ts partisans, dans l�objectif d�arr�ter leur position dans le processus.

- Quelle analyse faites-vous de la r�ponse et de l�attitude du PSOE ?

Le PSOE essaie de s��loigner du centre et de la direction du processus en Pays basque, pour que tous les regards se tournent vers les mouvements que va faire La Moncloa. Cette strat�gie veut occulter un objectif concret, d�vier les pas que doivent faire les partis succursales du PSOE et bloquer les pas et responsabilit�s qui sont n�cessaires et doivent �tre assum�s pour impulser le processus politique en Pays basque. Nous voyons que les repr�sentants du PSE et du PSN ont laiss� tout le r�le � Zapatero et comment ils dansent au son de sa musique.

D�autre part, ils continuent, sans cesse, � imposer des conditions � la gauche ind�pendantiste, au lieu de regarder leurs propres responsabilit�s. Il nous semble que c�est une attitude de chantage et de pression en direction de la gauche ind�pendantiste. Le PSOE doit �tre conscient que l�opportunit� de d�passer le conflit viendra du d�veloppement du processus d�mocratique en Pays basque. C�est l� que doivent �tre les bases.

Le PSE et le PSN restent, dans l�ombre de la politique marqu�e par La Moncloa, et n�ont toujours pas r�pondu � leur engagement pour d�velopper le processus en Pays basque. Ils devront le faire, t�t ou tard, pour qu�il puisse de d�velopper r�ellement.

- Que pense ETA de la r�action et de l�attitude du PNV ?

Ibarretxe a imm�diatement tent� de s�approprier l�initiative mais, pour nous, il est important de regarder plus loin, d�observer d�o� vient cette attitude d�Ibarretxe.

Avec la publication du Plan Ibarretxe, le PNV a voulu prendre l�incitative, pour ses int�r�ts bien s�r. Par cette initiative, ils ont plac� leur proposition dans la r�novation du Statut de La Moncloa et ont cherch� � acculer la gauche ind�pendantiste. Mais quant il renouvelle sa proposition de r�solution, en novembre 2004, et � c�t� d�autres initiatives, il r�cup�re son initiative politique ; quand commence � se profiler une nouvelle situation, le principal projet du PNV commence � craqu� et, ensuite le plan Ibarretxe passe � la trappe; cela a particuli�rement �t� prouv� lors des �lections autonomiques de 2005.

Le PNV a perdu l�initiative qu�il avait dans la p�riode 2001-2004 et a fait un saut �vident : il a mis de c�t� le Plan Ibarretxe et � tent� de refaire son projet en le pla�ant derri�re l�initiative marqu�e par la gauche ind�pendantiste, passant du Plan Ibarretxe au discours sur la table de r�solution. C��tait une tentative de r�cup�ration de l�initiative visant � gagner un r�le de protagoniste dans le processus qui s�ouvrait. Et le PNV continue dans cette dynamique, avec la m�me intension.

Nous estimons que le PNV a une place dans le processus, et c�est ainsi qu�il doit �tre, parce qu�il doit pr�senter une contribution et est, en plus, un agent de grande r�f�rence. Ce qu�il devrait �claircir, c�est quel sera le sens et la direction de cette contribution. Si l�objectif de cette contribution est de construire un processus d�mocratique entre tous et donner une r�ponse r�elle aux racines du conflit, c'est-�-dire ne pas r�p�ter les erreurs commises il y a 30 ans, elle sera la bienvenue. Inversement, si ce qu�elle cherche et, en l�adaptant � la situation actuelle, rechercher le m�me objectif qu�ils recherchaient avec le Plan Ibarretxe, ce que nous disons est qu�ils avancent sur un mauvais chemin.

- A votre avis, que cherche-t-il ?

Nous voyons deux objectifs dans les mouvements r�alis�s par le PNV ces derni�res semaines : il veut �tre l�arbitre du processus et cherche un processus adapt� � ses objectifs et int�r�ts. Mais le PNV ne peut pas �tre l�arbitre du conflit, parce qu�il en est une des parties. Dans tous les cas, le plus pr�occupant est encore qu�il n�a pas d�fini quel sera son comportement face au processus : il ne sort toujours pas de son ambigu�t� historique. Cela entra�ne diverses questions en nous, auxquelles le PNV devrait r�pondre : pourquoi n��tait-il pas pr�sent lors de la manifestation du 1er avril, pourquoi Imaz attaque-t-il si violemment la gauche ind�pendantiste, pourquoi autant de voyages � Madrid, pourquoi tant de pactes �conomiques avec les autorit�s de La Moncloa, pourquoi tant d�offres de collaboration faites au Gouvernement de l�Espagne�

 

Conjoncture

- Que veut dire ETA quand elle dit � cessez-le-feu permanent � ?

Cela exprime la solidit� de la d�cision d�ETA, la port�e de l�engagement d�ETA et notre volont� de le mener � son terme. Cela se fera en fonction du d�veloppement du processus.

Cependant, certains insistent sur le fait qu�il doit �tre irr�versible.

Cela ne nous semble pas avoir de sens. En ce moment, � un moment o� ETA adopte une d�cision de telle importance, alors qu�elle a annonc� un arr�t de ses actions arm�es pour impulser le processus, pr�tendre attribuer � ETA la responsabilit� et essayer d�ouvrir des d�bats sur cette base nous semble relever d�une grande irresponsabilit�, en plus de donner une id�e du niveau des responsables politiques qui agissent en Pays basque, un niveau certainement tr�s bas.

Maintenant, s�ils souhaitent ainsi exprimer que leur engagement est d�finitif et que leur volont� de le d�passer le conflit est irr�versible, ils sont sur la bonne route. A l�inverse, s�ils veulent rendre irr�versibles les d�cisions d�ETA sans d�velopper un quelconque processus d�mocratique, nous devons leur dire clairement qu�ils se trompent totalement.

ETA a fait sa principale contribution � l�impulsion du processus. Mais elle l�a fait tant par cette d�cision que par la trajectoire adopt�e jusqu�� maintenant. Et nous continuerons � le faire � l�avenir. Il appartient maintenant aux agents de concr�tiser leurs engagements.

- Madrid et Lakua (en particulier le PNV) ont exig� que le cessez-le-feu soit universel. C�est le cas ?

A ces dirigeants et partis, � ceux qui r�p�tent cette chanson, nous disons qu�ils connaissent les param�tres de la d�cision d�ETA, ainsi que sa solidit�, et ETA a dit clairement quels sont ses engagements. Le reste, il nous semble qu�il s�agit de discours r�alis�s pour la galerie, pour justifier les actions de chacun et confondre les citoyens. Le pire est que ces discours sont parfois utilis�s pour bloquer les pas qui doivent �tre faits dans le processus, dans l�objectif d�en conditionner ou d�en d�figurer la nature m�me.

- Depuis que vous avez annonc� le cessez-le-feu, deux attaques ont �t� enregistr�es qui ont �t� mises en relation avec la kale borroka : � Bara�ain et � Getxo. Qu�avez-vous � dire sur ces deux attaques ?

Nous ne faisons pas de lecture de faits concrets, et encore moins du bruit fait en fonction d�int�r�ts de m�dias ou de partis. Nous faisons une analyse plus g�n�rale, par exemple sur la lutte populaire et la r�ponse du peuple.

- Quelle est votre analyse ?

Alors que persistent les attaques des forces arm�es, que continuent les filatures et s�questrations de citoyens, si les citoyens sont tortur�s dans les casernes, si la violation des droits des prisonniers continue, si l��tat d�exception n�a pas de fin, nous croyons, pour �tre clairs, que les citoyens basques doivent r�pondre, se mobiliser et utiliser les moyens � leur disposition. Nous croyons que ces attaques sont la manifestation d�une r�ponse populaire. Ce qu�il nous semble n�cessaire de d�noncer est que ces partis, face � des faits de cette nature, pr�tendent de nouveau attribuer la responsabilit� des affrontement � la gauche ind�pendantiste. Il nous semble qu�il s�agit d�un grand exercice d�hypocrisie, pr�cis�ment parce que ce sont ces partis qui s�questrent et torturent des citoyens basques en regardant dans une autre direction ou, plus loin encore, qui encouragent les forces de polices � commettre ces attaques dans l�objectif de frapper la gauche ind�pendantiste.

- Mais ETA a-t-elle une quelconque responsabilit� dans ces attaques ?

ETA n�a jamais eue, et n�a pas non plus maintenant, la moindre responsabilit� ni paternit� quant � ces attaques ; mais que personne ne demande � ETA de faire le travail du pompier face aux r�ponses des citoyens. Ce avec quoi ils doivent en finir, c�est avec les attaques des �tats et des forces arm�es.

- D�autre part, on parle beaucoup des cartes que vous auriez, suppos�ment, envoy�es � des entreprises pour leur demander de l�argent. Vous les avez envoy�es ?

En premier lieu, nous voulions d�noncer l�intoxication faite par les forces de police et, en m�me temps, l�int�r�t de certain � cr�er un d�bat bas� sur ces intoxications et provoquer la confusion dans le d�bat politique.

Il est important de dire que la lutte de lib�ration du Pays basque a toujours entra�n�e diff�rents types de n�cessit�s et, parmi elles, des n�cessit�s �conomiques pour faire face, d�une certaine fa�on, � la lutte. Et, aujourd�hui, la lutte continue � entra�ner ces n�cessit�s, y compris �conomiques. Dans cette �volution, l�offre qu�ont fait les citoyens a �t� tr�s large ; la contribution r�alis�e en faveur de la lutte pour le Pays basque a �t� tr�s grande, notamment d�un point de vu �conomique. Nous le comprenons comme une aide de personnes engag�es. ETA garantit que cet argent sera utilis� en faveur de la libert� et de la construction du Pays basque. C�est dans ce cadre que nous situons les demandes d�argent faites par ETA.

Il nous semble que le fait que certains soient scandalis�s par les demandes d�argent faites par ETA est un v�ritable exercice d�hypocrisie, alors qu�ils sont, pr�cis�ment, les partis politiques qui s�enrichissent gr�ce � la corruption et aux commerces occultes, ou qui volent des milliers de millions � la gauche ind�pendantiste au travers de cautions, ou qui conservent des milliers de millions d�amendes impos�es aux citoyens qui se mobilisent ; ou ces chefs d�entreprises qui s�enrichissent par l�exploitation, qui payent des milliers de millions d�imp�ts � l�Espagne mais qui ne sont pas dispos�s � donner quoi que ce soit en faveur du Pays basque.

- Certain, comme Ibarretxe, disent que c�est le dernier train�

Le discours n�est pas nouveau, nous avons pass� 30 ans � entendre des choses comme �a. C�est utilis� comme une menace envers la gauche ind�pendantiste, une menace autour de la situation qui pourra venir dans le futur. Comme � Ibarretxe, il faut dire � ceux qui utilisent le concept de dernier train que la gauche ind�pendantiste a pass� de nombreuses ann�es dans le m�me train, le train de la lutte pour les droits du Pays basque, et que nous avons l�absolue d�termination de continuer dans cette lutte jusqu�� l�obtention de la libert� pour notre peuple, par del� les difficult�s et les menaces. Mais nous sommes, bien entendu, dispos�s � partager notre voyage avec d�autres agents, et le PNV le sait. Ce qui nous semble grave, c�est que lorsque ce qui est en jeu est d�offrir une sortie d�mocratique � un conflit tr�s ancien, cette situation soit utilis�e pour renouveler des strat�gies de menace contre la gauche ind�pendantiste.

 

V�rification

- Par rapport � tout cela, le Gouvernement espagnol a d�clar� qu�avant de faire quoique ce soit, il doit v�rifier le cessez-le-feu et qu�il dispose d�instruments et de voies pour le faire.

Avec le cessez-le-feu, ETA a fait sa contribution fondamentale au processus, et � clairement montr� la fermet� et la port�e de son engagement et de sa volont�. Maintenant, il appartient aux autorit�s de La Moncloa de prendre et de respecter ses engagements pour donner une issue n�goci�e au conflit. Et un de ces engagements est, d�s aujourd�hui, d�arr�ter les comportements r�pressifs, montrer de la volont� et faire des pas.

- Josu Jon Imaz aussi a exprim� clairement que sa priorit� est la v�rification.

Certains partis mettent sans cesse des conditions. Le PNV, surtout, doit �claircir et v�rifier ses propres comportements, il doit apporter un �claircissement parce qu�il a interpell� deux citoyens basques quelques heures seulement apr�s l�entr�e en vigueur de l�initiative d�ETA ; ou pourquoi il continue � utiliser, m�me maintenant, la police autonome pour r�primer les citoyens basques ; ou pourquoi il continue � utiliser la Ertzaintza comme un bras arm�. Pourquoi le PNV continue � utiliser la police autonome d�Espagne au service de ses d�cisions politiques, dans une strat�gie politico-militaire. C�est ce que le PNV doit expliquer, parce qu�il nous semble clair qu�il n�est pas possible de garantir une situation de paix en Pays basque sans d�sactiver c�est police autonome d�Espagne en tant que force r�pressive.

- ETA fait-elle un type de v�rification ?

Ce qui, pour nous, est clair, c�est que ce sont les �tats qui doivent arr�ter, et ceux qui doivent le faire sont les reponsables des appareils, c'est-�-dire les autorit� d�Espagne et de France. La r�ponse d�ETA se fera en fonction des proc�d�s des �tats espagnol et fran�ais.

- Il y a urgence � n�gocier ?

Quand est mentionn�e l�urgence et d�autres facteurs similaires, ce que nous croyons est qu�il est n�cessaire de faire continuellement des pas pour alimenter le processus, aujourd�hui plut�t que demain ; le plus important, c�est d�alimenter sans cesse le processus et, pour cela, des pas concrets doivent �tre faits, sans laisser d�option pour qu�il y ait des ralentissements, sans laisser la possibilit� qu�il puisse finalement pourrir.

Nous ne comprenons pas pourquoi certains partis manifestent l�intension de retarder les pas � faire dans ce processus ; nous consid�rons qu�ils placent en sous-jacent  des int�r�ts partisans derri�re cette intension, ou l�intention et la strat�gie de d�faire les positions des autres. C�est le moment pour que, dans le cadre du processus, le conflit soit d�pass�, que la volont� montr�e jusqu�� maintenant se mat�rialise en faits concrets ; maintenant, c�est le moment pour alimenter ce processus par des pas concrets et pratiques. Pourquoi reporter � demain les engagements et les pas qui peuvent �tre faits aujourd�hui ?

- Quelle analyse ETA fait-elle de certains faits arriv�s depuis le 22 mars : interpellations, contr�les policiers, les ill�galisations qui continuent� ?

Le processus n�cessite certaines conditions d�mocratiques de base pour pouvoir se d�velopper. Pour que ces conditions puissent �tre garanties, il est n�cessaire d�arr�ter l�offensive des �tats, arr�ter les attitudes r�pressives. Cela est entre les mains des gouvernements d�Espagne et de France : faire les pas n�cessaires pour cela. Plus encore, nous comprenons certaines des attaques qui se sont produites comme des attaques directement dirig�es contre le processus et, en d�autres termes, comme des attaques dirig�es contre le d�veloppement d�un processus d�mocratique. Entre autres choses, parce que ce sont des s�questrations et des obstacles dirig�s directement contre des repr�sentants d�sign�s par la gauche ind�pendantiste pour d�velopper le processus d�mocratique. Nous devons manifester avec force le fait que les attaques qui se produisent sont incompatibles avec un processus de r�solution du conflit et avec le d�veloppement d�un processus d�mocratique. Nous devons dire clairement que si les attaques des appareils d��tat continuent, il sera impossible de poursuivre le processus.

 

Contenu de la n�gociation

- Dans son initiative, ETA a directement appel� Madrid et Paris � d�clarer qu�ils accepteront les r�sultats du d�bat d�mocratique qui doit avoir lieu en Pays basque mais, pour l�instant, il n�y a pas eu de nouvelle dans ce sens. Vous esp�rez que cette d�claration aura lieu ? En quels termes devrait-elle �tre faite ?

Ce que les gouvernements d�Espagne et de France doivent manifester, c�est une attitude claire pour donner une issue au conflit pas la voie de la n�gociation, un posture claire de mener un processus ayant ces caract�ristiques. D�autre part, ils doivent abandonner leurs comportements repressifs, garantir les conditions basiques permettant le d�veloppement du processus d�mocratique, et cela exige de respecter les droits civils et politiques de la gauche ind�pendantiste, en finir avec la s�questration de citoyens basques et avec la pers�cution men�e par les forces de police. L�Espagne et la France doivent prendre et respecter des engagements de � tr�ve � pour que le processus puisse se d�velopper.

Mais les autorit�s d�Espagne et de France doivent r�pondre � un question claire : sont-elles dispos�es � respecter ce que d�cident les citoyens basques sur leur futur ? Elles doivent proclamer leur volont� de retirer toutes les limites qui s�opposent au d�sir et � la d�cision du Pays basque.

 

- Le Gouvernement espagnol a dit qu�il ne paiera pas un quelconque prix politique, et le PP met la pression dans ce sens. ETA demande qu�un prix politique soit pay� ?

Ce que leur demande ETA, c�est qu�ils mettent fin � toutes les impositions antid�mocratiques actuelles. Dit plus clairement, qu�ils cessent d��tre des �tats qui causent la r�pression et la partition et deviennent des �tats qui respectent les droits du Pays basque dans un contexte d�mocratique.
Le prix, tr�s �lev�, est celui que les citoyens basques ont d� payer durant de longues ann�es, du fait de la r�pression, du fait de l�atteinte � tous nos droits, de l�oppression de notre identit�, de l�atteinte � nos droits linguistiques. Pour d�passer ce stade d�oppression et reconna�tre ces droits, il faut mener ce processus.

- De quoi parlera ETA avec les �tats ?

Pour nous, la clef principale et la base n�cessaire se trouve dans le processus d�mocratique qui doit se d�velopper au Pays basque, et c�est l� qu�il faut parvenir � un accord principal pour d�passer le conflit, c'est-�-dire entre agents basques. De son d�veloppement viendra la nouvelle situation qui rendra possible une solution au conflit. A la France et � l�Espagne, il appartient de respecter les r�sultats de ce processus d�mocratique.

Ainsi, la n�gociation que doit mener ETA avec les �tats sera construite sur cette base. L�essence de la n�gociation entre ETA et les �tats vient de ce point de d�part et, en derni�re instance, l�axe principal de la n�gociation se centrera sur le fait de garantir que les �tats suppriment les restrictions qu�ils imposent aujourd�hui au Pays basque. De plus, les �tat doivent offrir des garanties que ce processus de d�roulera sans ing�rance et sans intromission, et devront adopter des engagements pour mettre un terme aux actions r�pressives.

Sur ces bases s�ouvrira la situation permettant de parler et de n�gocier sur les cons�quences du conflit, c'est-�-dire le moment de parler des prisonniers et de la d�militarisation. Mais le point de d�part, de notre point de vue, est le premier. C�est le sens que nous donnons aux n�gociations d�ETA.

- La question des prisonniers est-elle, comme le soutiennent certains, � technique � ? Comment int�grez-vous dans le processus la situation que vivent les prisonniers et leurs droits ?

Les prisonniers politiques ont le droit de prendre directement part au processus, c�est m�me n�cessaire. Ils doivent avoir une contribution active au processus. Pour nous, ce n�est pas une question technique, c�est plus, c�est une question qui concerne ETA. Les prisonniers sont des militants politiques, militants politiques qui sont en prison pour avoir lutt� en faveur du Pays basque et, de fait, en r�pondant � la question qui les a conduit en prison, on r�pondra � la question des prisonniers politiques. Et �a, dans un processus de r�solution du conflit, �a a un nom : amnistie et excarc�ration des prisonniers. Mettre les prisonniers en libert� est une condition d�mocratique n�cessaire dans un processus de r�solution du conflit. Les militants qui sont s�questr�s sont des prisonniers que le peuple consid�re comme les siens et c�est le Pays basque lui-m�me qui proclame que dans une processus de r�solution, les prisonniers doivent �tre dans la rue. Ce que nous disons est que les citoyens basques doivent continuer � lutter pour l�amnistie.

Avec tout cela, nous croyons que, d�s aujourd�hui, les gouvernements de France et d�Espagne doivent faire les pas en direction du respect des droits des prisonniers, particuli�rement dans la reconnaissance de leur statut politique et le respect de leurs droits basiques, surtout dans le sens de mettre fin � la situation d�exception qui est impos�e au Collectif, entre autre en mettant un terme � la dispersion exterminatrice.

- Si un rapprochement des prisonniers est fait, faudra-t-il l�interpr�ter comme un geste ?

Il n�est pas question de gestes. La question est que si une des clefs principales du processus doit �tre l�amnistie et qu�elle doit se concr�tiser dans une phase de d�veloppement du processus, alors d�s aujourd�hui la situation d�oppression que vivent les prisonniers doit cesser et aurait m�me d�j� d� cesser.

S�ils faisaient ce pas, ils ne feraient que d�sactiver une pi�ce de la situation d�exception impos�e au Collectif. Ils feraient un pas de base vers le respect des droits des prisonniers.

- Si une voie va bien mais pas l�autre, ou si une voie va bien mais que les gouvernements disent que non, que fera ETA ?

ETA a pris sa d�cision pour impulser le processus d�mocratique et continuera � prendre ses d�cisions en fonction du d�veloppement du processus. Ce d�veloppement, c�est ce que nous analyserons ; nous prendrons en compte tous les facteurs pour proc�der � cette r�flexion, prenant en consid�ration et faisant un valorisation de toutes les pi�ces du processus dans son ensemble.

 

L��tat espagnol et le conflit

- Que demande exactement ETA � l��tat espagnol ? Qu�esp�rez-vous de Madrid ?

Aujourd�hui, nous pouvons dire que, d�une certaine fa�on, il existe une d�monstration de la volont� pour solutionner le conflit par la n�gociation ; c�est ce qui a �t� montr� jusqu�� maintenant. Mais nous regardons toujours d�avantage les faits, plus que les paroles, et ce qu�il faut maintenant c�est concr�tiser en faits concrets cette volont�, par des engagements concrets de la part du Gouvernement espagnol ; nous sommes maintenant � ce moment. Pour nous, cet engagement doit avoir deux bases principales : d�une part, respecter ce que les citoyens basques d�cideront et, d�autre part, arr�ter les attaques contre le Pays basque.

De toute fa�on, � notre avis, il est important de contextualiser de qui est sous-jacent apr�s cette d�monstration et ce qui est sous-jacent apr�s les opportunit�s ouvertes pour d�velopper le processus de n�gociation. D�une part, situons ici la vieille crise de la structuration de l�Espagne ; c'est-�-dire, le cadre des autonomies organis� comme prison des peuples apr�s que le franquisme se soit effondr� ; et la lutte pour les droits du Pays basque a eu un r�le particulier dans cet effondrement, plus particuli�rement la lutte d�ETA. En ce sens, le Gouvernement espagnol sait aujourd�hui que l��tat espagnol n�aura pas de stabilit� tant qu�une solution au conflit que vit le Pays basque n�aura pas �t� trouv�e. Et plus encore, l�unique fa�on de stabiliser toute r�forme ou changement r�alis� par l��tat espagnol face au futur est de donner une solution au conflit que vit le Pays basque.
Le Gouvernement espagnol sait que cette solution ne pourra qu��tre n�goci�e. Parce que la trajectoire de ces d�cennies et l��chec de toutes les tentatives r�pressives le m�ne � cette conclusion. Et nous ajoutons que le Gouvernement espagnol sait que dans ces n�gociations et dans ce processus visant � r�soudre le conflit, il devra faire une r�ponse directe aux droits du Pays basque.

- Quelle influence pourrait avoir un �ventuel changement de gouvernement dans l��tat espagnol ?

Que ce parti soit ou non au Gouvernement, ce qui compte, au final, c�est que c�est l��tat espagnol qui doit reconna�tre, respecter et accepter les droits du Pays basque. Si une solution d�mocratique est obtenue et si le conflit entre le Pays basque et l��tat espagnol est d�pass�, l�implication de l��tat sera n�cessaire. C�est pourquoi la solution doit �tre trouv�e dans une perspective de processus.

- Que pensez-vous de l�attitude de Zapatero dans le processus catalan ?

Pour que ce qui se fait au Pays basque soit un processus de d�passement du conflit, ce processus doit avoir pour r�sultat le respect des droits du Pays basque, la concession d�une voie � toutes les options politiques pour le Pays basque. Mais pr�tendre parvenir � une simple r�forme des statuts par des mouvements et des pactes d�une seule partie, pr�tendre imposer au Pays basque un deuxi�me cycle autonomique, en plus d��tre une fraude, ne ferait qu�alimenter le conflit.

 

Nature du conflit

-Qu�est-ce, pour ETA,�on appelle � processus � ? On parle de paix, normalisation, les deux ensembles, s�par�s�

Les axes que nous signalons notre d�claration sont notre r�f�rence pour d�velopper le processus. C'est-�-dire qu�il faut d�velopper un processus d�mocratique avec la participation de tous les agents et en tenant compte de l�ensemble du Pays basque. Nous nous r�f�rons au chemin qui devrait �tre pris allant du cadre actuel � une situation de reconnaissance des droits du Pays basque.

C�est �a que nous voulons impulser, et c�est l� qu�il faut avancer. En fin de compte, ce que fait ETA c�est permettre et ouvrir toutes les portes � toutes les options politiques pour d�velopper le processus. Maintenant, sans rester dans le sc�nario du cadre actuel, sans les laisser fermer ces portes au processus, l�objectif doit �tre de passer ces portes ouvertes et d�entrer dans un sc�nario d�autod�termination et de territorialit�. Ce qu�il faut faire, c�est ce pas d�un sc�nario � l�autre. C�est ce que sera, pour nous, en d�finitive, mener un processus � son terme et l�unique fa�on d�ouvrir le chemin � toutes les options.

- Et pour vous, qu�est-ce qu�est le processus ?

Le processus n�est pas un processus visant � construire une fausse paix sans contenu ; il ne peut pas n��tre qu�un processus visant � int�grer la gauche ind�pendantiste � la normalisation politique ; ainsi, que personne ne pense que la gauche ind�pendantiste va accepter le cadre actuel sans aucun changement politique. Le processus ne peut pas non plus d�boucher sur le cadre actuel, il doit �tre men� afin d�ouvrir le chemin � une v�ritable situation d�mocratique. Si c�est un v�ritable processus, il devra parcourir ce chemin. De ce fait, ceux qui se limitent � tenter de d�sactiver la lutte arm�e d�ETA se trompent.

- Que faudrait-il d�velopper aujourd�hui ?

Ce qu�il faut d�velopper, principalement, ce sont les �l�ments qui sont dans la bouche de tous les agents. Aujourd�hui, ils sont dans la bouche de la majorit� des agents et du d�bat politique de toutes les composantes pour avancer dans le processus de r�solution du conflit, et c�est ce qu�il faut d�velopper : la reconnaissance du Pays basque, les droits du Pays basque, la parole et la d�cision et le fait que, pour cela, il faudra organiser une consultation. Ce sont ces �l�ments qui doivent se concr�tiser et se d�velopper dans le processus. Les param�tres et les bases du d�bat d�mocratique qui doit s�ouvrir sont l�, ce sont ces �l�ments qui composent le c�ur du conflit.

Ainsi donc, l�accord qui devra surgir de ce processus devra d�faire ces n�uds. Ces �l�ments �tant d�j� dans le d�bat politique et dans la bouche d�une majorit� d�agents, est venue l�heure de concr�tiser les moments et les pas de ce d�bat d�mocratique, l�heure de faire des pas concrets. C�est, aujourd�hui, la n�cessit� de concr�tisation, avant tout. Nous dirions que le moment est venu de donner corps � des engagements concrets dans le processus d�mocratique.

 

- Sur le chemin, dans le parcours d�un cadre � l�autre, apparaissent d�autres n�uds. Vous avez �voqu� le fait que le processus, en d�finitive, concerne le Pays basque. Quelles difficult�s attendez-vous pour int�grer le Labour, la Soule et la Basse Navarre au processus ? Qu�attendez-vous de l��tat fran�ais, qui nie avoir un r�le dans � la question basque � ?

En premier lieu, nous aimerions rappeler que le cessez-le-feu d�ETA a aussi eu l�-bas un large impact. Cela a pu �tre observer dans les r�actions � notre d�cision. Dans la pratique, la d�cision d�ETA a eu un effet politique. Les r�actions ont �t� tr�s vari�es. Nous pourrions en distinguer trois : d�une part, ceux qui ont continu�, dans leurs attitudes traditionnelles de fermeture, � soutenir l�id�e que nous sommes face � une question interne � l�Espagne et, de ce fait, que le Gouvernement fran�ais n�a aucun pas � faire. Face � cela, nous devons manifester clairement qu�ils ne pourrons pas garder cette attitude pendant tr�s longtemps, parce que le fait de fermer les yeux ne permet pas d��viter le conflit. Au contraire, pr�tendre, � ce moment politique et face au processus ouvert, n�apporter aucune issue politique au conflit, cela ne fait qu�alimenter le conflit.

D�autres part, d�autre agents ont r�agit en sollicitant le Gouvernement fran�ais pour qu�il s�implique. Dans ce cas, il est important que nous nous entendions sur le sens et la direction que devra prendre cette implication. Nous voulons souligner le fait que les pas et l�implication du Gouvernement fran�ais sont n�cessaires mais que, surtout, cette implication doit s�orienter pour apporter une r�ponse aux racines du conflit, r�pondre au probl�me politique et pas seulement colmater ses cons�quences. Clairement : ils doivent d�montrer leur disposition � respecter les droits du Pays basque.

La r�action d�autres agents a servie � corroborer son engagement, ajouter de l�importance � ce que les agents basques impliquent le Labour, la Basse Navarre et la Soule au processus du Pays basque ; et c�est le chemin que, � notre avis, doivent parcourir les agents basques. Finalement, nous parlons d�un processus qui doit se d�velopper dans tout le Pays basque, qui doit avoir une dimension nationale et, de ce fait, il est d�une importance vitale d�impliquer les agents de Labour, Basse Navarre et Soule et qu�ils fassent les pas et prennent des engagements propres face au processus.

- Comment devrait �tre cette implication ? Comment devrait se concr�tiser la dimension nationale du processus ?

A notre avis, cet engagement devrait essentiellement concr�tiser autour de la reconnaissance du Pays basque, ouvrant un d�bat sur cette question, impulsant sa revendication et la revendiquant avec fermet� face au Gouvernement fran�ais. Nous croyons que les agents basques doivent s�impliquer ainsi. Et il faut utiliser la situation cr��e par le processus pour mettre au c�ur de la politique le d�bat sur la reconnaissance du Pays basque.

- La Navarre est �voqu�e par beaucoup de monde, et certains semblent nerveux face � la nouvelle situation. Sanz, par exemple�

Ce que montre Sanz est une attitude d�fensive � et il en est ainsi parce qu�il a peur de l�opportunit� qui peut s�ouvrir pour que les citoyens basques d�cident de leur futur � parce qu�il sait que cela est le cap du processus.

Ce que Sanz a vu � et c�est de la que vient sa nervosit� � c�est qu�il perd l�initiative. Sanz et le Gouvernement UPN ont centr� leur projet et leur position politique dans la r�forme de l�Amejoramiento du Fuero, ils voulaient diriger le d�bat politique dans ce sens et, en ce moment, cela prend un virage, et le d�bat politique est men� dans d�autres param�tres, ce qui fait que Sanz perd l�initiative.

Miguel Sanz sait, en derni�re instance, que le processus actuel l�affecte de plein fouet. En r�alit�, Sanz sait tr�s bien quels sont les n�uds � d�faire dans ce processus et quelles sont, r�ellement, les clefs politiques du processus : pr�cis�ment le d�bat autour de l�autod�termination et de la territorialit�.
L�objectif du fasciste Sanz est de mettre un mur face � cette opportunit� de changement politique. Nous, nous voyons dans cette attitude les messieurs de l�UPN mais, surtout, nous les voyons totalement immerg�s dans le d�bat politique actuel.

 

Agents et tables de n�gociations pour d�passer le conflit

- La D�claration d�Anoeta mentionne deux voies, mais il semble que les deux sont connect�es.

A notre avis, le processus doit �tre observ� et interpr�t�  comme un ensemble, bien que dans ce processus il existe diff�rents domaines visant � son d�veloppement. En m�me temps, nous croyons que les pas qui doivent �tre faits dans le processus, les pas qui doivent �tre faits aujourd�hui m�me, s�alimentent mutuellement. Il faut faire des pas dans toutes les directions.
Les bases et les points de d�part principaux du processus sont le d�bat et le processus d�mocratique qui doivent �tre impuls� au Pays basque, parce que c�est l� que les clefs de la reconnaissance des droits du Pays basque doivent recevoir une r�ponse. L�accord pour la r�solution du conflit viendra de ce point de d�part d�un processus politique. Pour nous, c�est la base, et ce que les �tats doivent faire c�est, sans aucune limite, respecter les r�sultats de ce processus d�mocratique, respecter la parole et la d�cision des citoyens basques.

Comme nous l�avons dit, le champ de la n�gociation d�ETA se d�veloppera en fonction de ce point de d�part, et c�est pour cela que nous disons qu�il est important de lire le processus dans son ensemble.

- Une table unique ou une table par administration. Quelle est l�opinion d�ETA sur cette question ?

Nous pensons qu�il faut s�entendre sur cette question et la concr�tiser entre agents basques. Mais, pour nous, il est clair que si ce d�bat d�mocratique va r�ellement servir � r�soudre le conflit, il devra compter sur des bases claires et, pour qu�il en soit ainsi, il est n�cessaire que ce d�bat int�gre la totalit� du Pays basque et, ainsi, donne une r�ponse directe, d�s le d�but du processus, � la clef qu�est la territorialit�. Cela sera un pillier imp�ratif pour mener � son terme le processus d�mocratique et pour que cet accord final int�gre les bases du conflit. Etablir, en fin de compte, les proc�dures et m�thodes permettant de donner la parole et la d�cision aux citoyens basques.

- A votre avis, comment devrait se concr�tiser l�engagement des agents ?

Le moment de concr�tiser le d�veloppement du processus est d�j� arriv�, et il revient aux agents de commencer � donner corps � leurs engagements dans ce sens, pour parvenir finalement � un accord r�pondant aux clefs du conflit ; il faut d�velopper, d�s aujourd�hui, un processus qui aurait pour objectif ce grand accord.

Quand nous disons que le moment de faire des pas est arriv�, nous nous r�f�rons au fait qu�est venu le moment de concr�tiser en pas pratiques et en engagements concrets la volont� exprim�e jusqu�� maintenant.

- Et si, au cours du processus, ne sont pas reconnus l�autod�termination et la territorialit� ?

Sans d�faire ces n�uds, il n�est pas possible de d�passer le conflit, il n�est pas possible de parvenir � une solution d�mocratique. Il est n�cessaire de construire le processus, d�s le d�but, sur ces bases, et l�accord final qui le conduit � son terme doit �tre une formulation accord�e sur l�autod�termination et la territorialit�, autod�termination et territorialit� �tant les clefs pour d�passer un conflit vieux de nombreuses ann�es.

 

Citoyens

- Dans votre d�claration, vous avez fait un appel aux citoyens basques. Que consid�rez-vous qu�est leur fonction ?

La sensation de joie qui a surgit parmi les citoyens est en lien avec le fait qu�ils sentent que toutes les options politiques sont ouvertes au Pays basque, ainsi qu�avec le fait qu�ils voient r�ellement une possibilit� que se d�veloppe un processus dans cet objectif. Pour guider cette activation des citoyens basques, il est n�cessaire de transformer cet espoir en action ; pour cela, les citoyens doivent �tre des agents de premier ordre, ils doivent se mobiliser, ils doivent exercer une pression populaire pour que l�esp�rance ouverte se mat�rialise en pas concrets, pour que les droits du Pays basque soient mat�rialis�s. Surtout, les citoyens doivent se placer en premi�re ligne pour que les agents et partis ne perdent pas cette opportunit�, pour que les agents donnent corps � leurs engagements, pour qu�ils ne repoussent pas � plus tard les pas � faire dans le processus. Les citoyens sont la clef pour cela, pour que l�esp�rance ne se perde pas sur de faux chemins sans futur. Parce que, en d�finitive, le processus commence et fini avec les citoyens basques.

- Dans sa d�claration, ETA a fait un appel particulier � la gauche ind�pendantiste.

La gauche ind�pendantiste doit �tre consciente du fait que l�actuel opportunit� politique s�est ouverte gr�ce � sa lutte. Elle continuera � �tre la clef, l�impulsion qui, par la lutte, fera le processus. C�est la responsabilit� de la gauche ind�pendantiste d��tre le moteur, comme jusqu�� maintenant. La gauche ind�pendantiste doit parcourir le processus aux c�t�s des citoyens et doit travailler pour impliquer les citoyens dans le processus.

Malgr� le fait qu�elle ait d� payer un grand prix pour parvenir � cette situation, elle devra continuer � �tre engag�e avec la m�me fermet� dans la construction et la d�fense du Pays basque, encore maintenant et � l�avenir.

- Les gens ne risquent-ils pas de tomber dans le d�couragement si le processus est plus long que ce qui est esp�r� ou s�il �choue ?

Nous croyons que l�esp�rance correspond aux opportunit�s pr�sentes. Mais, justement parce que nous parlons d�un processus, il est n�cessaire de faire des pas concrets pour mat�rialiser cette esp�rance, sachant que cela permettra de mener � son terme le processus. Pour cela, nous avons dit qu�� ce moment, il est absolument n�cessaire que les agents fassent des pas pour alimenter la d�cision d�ETA et d�velopper le processus d�mocratique.

Par rapport au terme de d�couragement, nous voulons dire que, dans notre dictionnaire, il n�y a pas le mot frustration, ce qui nous conduit � r�fl�chir sur le sens de la lutte et du chemin parcouru par ce peuple lors des derni�res d�cennies, quelle est le sens de la contribution faite par ETA au Pays basque. Cette trajectoire n�a pas �t� frustrante pour nous. Parce que nous la comprenons justement de fa�on contraire, bien que la lutte est dure, finalement, cela a �t� un processus de r�sistance et de lutte qui nous a conduit maintenant � ouvrir toutes les opportunit�s. Ce qui serait frustrant, ce serait de mourir au Pays basque sans lutter. Et, de ce fait, de la m�me fa�on qu�avant, nous confirmons notre absolue volont� de continuer � lutter pour obtenir un peuple libre.

- Certains affirment que le processus sera long et plein d�obstacles�

Nous avons vu comment certains partis tentent de prolonger le plus possible les temps et phases du processus, et c�est pr�occupant. La phrase � long, dur et difficile � est devenue c�l�bre. Derri�re cette phrase est masqu�e la volont� de retarder les avanc�es du processus en fonction d�int�r�ts politiques concrets, la volont� de repousser les pas qui peuvent �tre faits d�s aujourd�hui. De plus, quand ces responsables politiques disent que le processus sera difficile et dur, ils envoient un message adress� � la gauche ind�pendantiste, parce qu�ils annoncent, particuli�rement pour la gauche ind�pendantiste, cette duret�. Ils annoncent ces difficult�s pour la gauche ind�pendantiste. Ainsi, nous la comprenons comme une menace.

 

Facteur international

- Qu�elle importance ETA donne-t-elle au facteur international.

ETA consid�re de fa�on tr�s positive les r�actions provoqu�es par son initiative sur le plan international et la dimension couverte par ces r�actions. Parce que beaucoup de ces d�clarations ont donn� leur aval � une solution n�goci�e. Mais nous voulons souligner, particuli�rement les d�clarations en faveur des droits du Pays basque, les r�actions qui ont d�fendu et respect� la lutte de lib�ration du Pays basque.

Dans tous les cas, nous consid�rons que ces r�actions et mouvements sont le fruit des tentatives r�alis�es ces derni�res ann�es pour que la lutte du Pays basque soit pr�sente dans le cadre international et, en cons�quence de cela, le conflit entre le Pays basque et l�Espagne et la France ainsi que le processus visant � d�passer ce conflit sont aujourd�hui situ�s dans l�agenda international. Et, pour nous, cela a une grande valeur.

De toute fa�on, il ne peut pas en �tre autrement, parce que le conflit n�est pas une question qui concerne uniquement l�Espagne et la France, il s�agit d�un conflit qui d�passe ce cadre pour affecter directement les institutions internationales du fait que, dans son essence, il y a le droit d�autod�termination qui appartient � tous les peuples. Et, dans le m�me temps, parce que la reconnaissance des droits du Pays basque exige aussi la reconnaissance et l�approbation internationale.

Source photo : Gara / Unit� Naziunale
Source info : Gara / Unit� Naziunale

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