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Mardi
20 juin 2006 : Les prisonniers politiques du Centre de D�tention de
Borgu livrent une analyse sur la nouvelle loi dite Sarkozy qui
change le statut des conditionnables.
Voici le
communiqu� des prisonniers politiques corses du CD de Borgu :
"Depuis le 1er
mai 2006, la nouvelle loi dite � Sarkozy � vot�e en d�cembre dernier
est entr�e en application. Elle est pass�e inaper�ue mais elle a
pour cons�quence la cr�ation d�un statut � particulier �en ce qui
concerne l�application des peines des condamn�s.
Jusqu��
pr�sent, la justice consid�rait que les dossiers dits terroristes
�taient centralis�s � paris car il fallait des juges sp�cialis�s
pour rendre une justice plus efficace. Apr�s leurs jugements les
condamn�s �taient suivis par le Juge d�Application des Peines de la
juridiction du lieu d�incarc�ration : les condamn�s transf�r�s �
Toulon d�pendaient du JAP de Toulon, ceux de Borgu de celui de
Bastia �ils b�n�ficiaient donc � en th�orie � du m�me traitement que
les autres d�tenus de droit commun qu�ils c�toyaient.
La mise en
application de la loi �Sarkozy � transforme radicalement les
choses : l�ensemble des prisonniers politiques sont d�sormais
trait�s par un Jap du tribunal de Paris.
Ce changement
a diff�rentes cons�quences.
L�alourdissement du traitement des proc�dures d�applications des
peines (remises de peines, permissions, conditionnelles). En effet
s�il ne fallait que quelques semaines pour instruire les dossiers,
aujourd�hui, il faut compter 3 mois pour une demande de permission.
En ce qui concerne les demandes de conditionnelle, la loi pr�voyait
4 mois maximum � partir du d�p�t de la demande. Aujourd�hui, le
prisonnier d�pose son dossier, il est trait� par le JAP local qui
fait une synth�se puis transmet celle-ci � Paris qui a 4 mois pour
statuer. Pour donner un exemple concret : une demande d�pos�e le 8
mars 2006 est toujours � l�instruction � Bastia en ce 20 mai et le
condamn� ne sait toujours pas lorsqu�elle sera transmise � Paris,
qui aura alors, encore 4 mois pour statuer.
En ce qui
concerne les Remises de Peines Suppl�mentaires, 2 prisonniers,
�un � droit commun �, l�autre � politique � et qui auraient le m�me
comportement et les m�mes activit�s de r�insertion dans le m�me
�tablissement p�nitentiaire , n�auront pas forc�ment les m�mes
remises de peine car l�un trait� par le JAP local, l�autre par le
JAP parisien
Alors que les
Jap locaux sont au fait de la r�alit� des centres de d�tention
qu�ils g�rent par le biais de relations quotidiennes avec la
direction de l��tablissement, les services d�insertion et de
probation de la prison et que les commissions se r�unissent en
pr�sence du condamn�, la nouvelle loi pr�voit que le condamn� ne
participe aux audiences que par vid�oconf�rences (qui ne sont
toujours pas mises en place). Les juges d�application ne statueront
que par une synth�se et une image vid�o. Cela rend, de fait,
impossible toute v�ritable prise en compte du demandeur et de son
avocat."
Les prisonniers Politiques du CD de Borgu
Source photo :
Unit� Naziunale, Archives du site.
Source info :
Unit� Naziunale, Comit� Anti R�pression
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