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Le
13 d�cembre 2008 :
(12:59
Unit� Naziunale,
www.unita-naziunale.org - Corse - Lutte internationale) Pendant
la derni�re ann�e politique, la gauche ind�pendantiste basque a �t�
plong�e dans des conversations et des n�gociations politiques avec
l��tat espagnol; des n�gociations qui n�ont pas servi � boucler un
accord politique mais qui ont permis de concr�tiser et de souligner
les origines politiques du conflit et les fondements de base de sa
r�solution.
Il est bien
connu que parfois l�arbre nous emp�che de voir la for�t, et de la
m�me fa�on, une lecture ou une analyse reposant sur un tourbillon
d�information d�coul� du processus de n�gociation peut nous emp�cher
de l�analyser d�un point de vue lib�rateur et de construction
nationale, reposant sur des d�lais de temps plus longs, des
d�marches plus lentes mais � la fois plus solides et irr�versibles,
qui doivent n�cessairement se baser sur un processus de lib�ration
nationale comme le basque. Notre t�che ne consiste pas dans
l�obtention de cr�dits politiques instantan�s mais dans la
construction des conditions objectives et subjectives n�cessaires
pour que notre peuple puisse acc�der � sa libert� compl�te et
totale. Une libert� qui, en consid�rant la douloureuse histoire que
notre peuple a v�cu sous la domination espagnole et fran�aise, ne
sera possible que dans le cadre de la construction d�un �tat
souverain basque fruit de la volont� de la majorit� sociale et
populaire de ce peuple
Une vision de la for�t politique
basque.
L�objectif
de cette analyse n�est pas d�effectuer une r�vision compl�te de
l�histoire basque mais nous estimons qu�il est important de rappeler
au moins le parcours suivi par le mouvement ind�pendantiste moderne
vers la fin des ann�es 50.
� cette
�poque, une nouvelle g�n�ration de basques se trouve face � un pays
qui est � l�agonie apr�s les dures ann�es du premier franquisme et
dont l�identit� est menac�e de disparition. Avec un sentiment
national anesth�si�, une culture, une langue et des moeurs sur le
point de dispara�tre, avec une r�pression structurale brutale, avec
une m�moire r�cente de ce que les g�n�rations pr�c�dentes ont v�cu,
avec ses anciennes r�f�rences nationales perdues en exil� Face �
cette situation et de fa�on h�ro�que, cette nouvelle g�n�ration de
basques sera capable, avec des efforts, du sang et des larmes,
d��veiller � nouveau notre peuple, de l�acheminer � la libert�, en
repla�ant le probl�me national, le probl�me des libert�s basques sur
l��picentre de la politique basque et �tatale (tel que l�ont fait
ses anc�tres pendant le premier tiers du XXe si�cle). Ainsi, vers la
fin des ann�es 70, au moment de la mort du G�n�ralissime Francisco
Franco et de la pr�tendue r�implantation de la �d�mocratie
espagnole�, la situation nationale basque, reposant sur le droit �
disposer d�eux-m�mes et l�unit� territoriale, devient un �l�ment
vivant et r�el. Un �l�ment central, fruit du g�n�reux legs de
milliers de basques. Ce sera la premi�re victoire du mouvement de
lib�ration: le fait d��tre resurgi des cendres franquistes et
d�avoir replac� en plein d�bat le probl�me national basque, ses
libert�s, les patries refus�es
Une
occasion perdue.
Malheureusement, les pouvoirs de l��tat espagnol, charg�s de
promouvoir la r�forme d�mocratique, surestimeront leurs habilet�s et
leurs efforts et miseront sur une r�forme qui ne r�soudra pas le
conflit, qui ne coupera pas le probl�me � sa racine, qui ne fournira
pas de r�ponse positive au droit des citoyens basques de disposer
d�eux-m�mes. Au cours de cette op�ration, ils compteront sur l�aide
inestimable de la gauche officielle espagnole (PSOE et PCE) ainsi
que sur la collaboration de la nouvelle g�n�ration du nationalisme
basque d�faillant (PNV) qui, en renon�ant aux offres de cr�ation
d�un front national basque dont l�objectif est l�obtention de la
reconnaissance du droit de disposer d�eux-m�mes et de l�unti�
territoriale d�Euskal Herria, ainsi que l�amnistie totale et la
l�galisation de tous les partis politiques basques, d�cidera de
soutenir l�op�ration de r�forme en n�gociant avec les pouvoirs de
l��tat la constitution dudit �tat des autonomies consacr� dans la
Constitution espagnole de 1978, qui est contre la souverainet�
nationale basque et qui est � l�origine de la partition du pays. Un
nouveau cadre autonomique qui ne trouvait pas de solution au manque
de souverainet� basque mais qui conf�rait � ses protecteurs (PNV et
PSE) des quotas de pouvoir et de gestion peu m�prisables.
Bien que
l�ind�pendantisme ne soit pas capable d�arr�ter cette op�ration,
son opposition ferme fera que la soci�t� basque rejette
majoritairement la Constitution espagnole ,en niant la r�alit�
plurinationale de la p�ninsule, il �tablit la nation espagnole en
tant que sujet politique unique et la �sacro-sainte� unit�
territoriale de l��tat en tant que pierre angulaire du syst�me, dont
la garante sera l�arm�e. C�est-�-dire, une unit� sous la tutelle
d�une arm�e putschiste qui n�a jamais �t� �pur�e et qui obtiendra
uniquement le soutien du 1% de la citoyennet� basque, en dynamitant
de fa�on tranchante la tentative de l�gitimation de l��tat espagnol
en terre basque.
Une
travers�e longue et douloureuse
Tel que
nous l�avons signal�, le mouvement de lib�ration nationale devra
confronter seul le nouveau mod�le autonomique impos� avec la
Constitution espagnole, un mod�le qui d�nie au peuple le caract�re
de sujet politique de droit et qui le divise, en plus, en deux
domaines institutionnels: la Communaut� Autonome Basque qui int�gre
les provinces d�Araba, Bizkaia et Gipuzkoa et la Communaut� Forale
Navarraise qui repr�sente la province de Nafarroa.
L�ind�pendantisme basque r�pondra � la nouvelle situation en luttant
en faveur des droits nationaux et en confrontant l�assimilation
espagnole, sous un masque d�autonomisme basque. La persistance de la
lutte arm�e ainsi que la capacit� pour conformer un espace politique
de base, cr�ateur d�un contre-pouvoir populaire dans les diff�rents
domaines de la vie quotidienne basque (syndical, intellectuel,
culturel, linguistique, associatif, �cologiste�) et son fa�onnage en
tant que choix politique qui r�unit l�ensemble des forces
ind�pendantistes et de gauche autour de l�unit� populaire, Herri
Batasuna, feront que ce mod�le autonomique ne se consolide pas. (i)
La gauche
ind�pendantiste pr�sentera � cette p�riode une offre de solution
d�mocratique appel�e Alternative KAS (ii) avec laquelle les noeuds
gordiens pourront �tre r�solus.
Pendant
cette longue p�riode, du d�but des ann�es 80 jusqu�au milieu des
ann�es 90, la gauche ind�pendantiste r�sistera � l�ensemble des
mesures r�pressives adopt�es par l��tat espagnol, sous forme de
politiques s�curitaires soi-disant l�gales comme le Plan Zone
Sp�ciale Nord ou ill�gales telles que la cr�ation et la promotion de
la guerre sale au moyen d�escadrons mercenaires, des politiques
l�gislatives qui prot�gent des violations des droits de l�homme
constantes -l�gislation antiterroriste-, ou m�me des politiques
d�exclusion telles que les politiques d�coul�es du pacte
Antiterroriste sign� par l�ensemble des forces politiques, �
l�exception d�Herri Batasuna, dans l�intention de promouvoir son
isolement politique.
Les
premiers sympt�mes de l��puisement de ce mod�le s�observent lors des
n�gociations d�Alger (iii) ayant eu lieu en 1989 entre des
repr�sentants de l��tat espagnol et l�ETA avec le Gouvernement
alg�rien du FLN en tant que pays h�te. M�me si au d�but cette
tentative �choue, elle aura un effet clair et irr�versible dans
l�avenir: la reconnaissance du Mouvement de Lib�ration National
Basque comme partie bellig�rante.
Vers le
milieu des ann�es 90, la crise autonomique devient palpable, des
secteurs nationalistes ayant d�fendu le cadre autonomique le
consid�re � ce moment �puis�. Fait constat� lors du pacte
souverainiste entre les centrales syndicales LAB et ELA ou lors de
la d�claration du syndicat majoritaire basque ELA en 1997 en
annon�ant la mort du Statut conformateur de la Communaut� Autonome
Basque. Les aspirations souverainistes du peuple basque
s�homog�n�isent. Dans ce contexte, on commence � �crire un r�cit
de strat�gie de r�sistance qui deviendra une strat�gie de
construction nationale et sociale et qui cherchera la structuration
nationale du pays, elle cherchera un mod�le de r�solution du conflit
en renon�ant au mod�le classique de n�gociation entre l��tat
espagnol et l�ETA, elle promouvra le besoin et la recherche d�une
interm�diation internationale, et elle devra faire constamment face
� la r�pression de l��tat.
Dans ce
contexte, l�ETA pr�sente en 1995 l�Alternative D�mocratique (iv),
une base permettant de comprendre la politique des ann�es � venir.
Une
nouvelle occasion �merge
Le 12
septembre a �t� sign� l�accord Lizarra y Garazi (v), un accord qui a
repr�sent� un fait historique par des raisons de contenu et par la
pluralit� des acteurs signataires, l�importance sociopolitique, la
volont� des signataires, le moment politique, l�endroit�L�Accord a
�t� sign� par l�ensemble des forces basques et progressistes du pays
-7 partis politiques, 8 organisations syndicales, 8 organisations
sociales..- o� ils ont convenu:
- souligner
l�origine et le caract�re politique du conflit � Euskal Herria
- le besoin
d�un processus de n�gociation et de dialogue ouvert sans
pr�conditions ni exclusions.
- souligner
le fait qu�il correspondait au Peuple Basque de d�cider de son
avenir et de prendre la d�cision finale.
C�est-�-dire, apr�s avoir d�fendu, de fa�on solitaire, le besoin
d�un nouveau cadre d�mocratique, l�accord de Lizarra Garazi
consolidait les positions de la gauche ind�pendantiste une fois que
la majorit� des forces nationalistes et progressistes avaient
affirm� le manque politique du conflit et le besoin d�un processus
de dialogue et de n�gociation reposant sur le droit du peuple basque
de d�cider de son propre avenir.
Six jours
plus tard, l�ETA diffuse un long communiqu� adress� au Peuple Basque
en annon�ant une tr�ve unilat�rale et illimit�e, et en informant
qu�elle ne repr�senterait pas un obstacle pour le travail entre les
forces basques et progressistes.
L�initiative de Lizarra Garazi se prolongea jusqu�� 18 mois.
D�importantes dynamiques face � l�avenir se succ�d�rent. Ainsi,
quelques mois avant la fin du cessez-le-feu en septembre 1999, la
premi�re institution politique de l�ensemble d�Euskal Herria,
Udabiltza ou assembl�e des �lus basque, fut cr��e. Cette institution
d��lus repr�sente un jalon de la longue travers�e de ce pays et
surtout une r�ponse claire qui dit qu�au-dessus des n�gociations de
l��tat il y a la volont� des peuples, une volont� qui construit, qui
cr�e son propre temps et espace et qui marque une dynamique
imparable. � partir de ce moment, la structuration du sujet
politique institutionnel basque pour l�ensemble du pays commencera
aussi � faire preuve de centralit� dans le conflit.
Une
occasion qui �merge parmi des coups r�pressifs jusqu�alors inconnus
Ce
changement de mod�le qui commence son d�veloppement � partir de la
nouvelle proposition d�Alternative D�mocratique, comptera sur
l�opposition frontale des pouvoirs de l��tat. Ces derniers savent
que ce processus peut permettre � la gauche ind�pendantiste de
d�masquer les vraies raisons du conflit basque; en effet l��tat
espagnol n�est pas contre la gauche ind�pendantiste mais le conflit
a lieu entre Euskal Herria et l��tat espagnol, les pouvoirs
t�cheront d�an�antir le moteur politique de ce processus: les
organisations politiques et sociales de la gauche ind�pendantiste.
Au
contraire de ce que l�on croit faussement, le processus r�pressif
contre les organisations basques l�gales comme Herri Batasuna ne
commence pas avec le gouvernement du Parti Populaire ni apr�s la
trag�die du 11S, en r�alit� il d�marre bien avant tout cela. La
politique de r�pression et l�ill�galisation g�n�ralis�e deviendront
des vecteurs internes du conflit, si � un moment donn�, la
conjoncture internationale du discours antiterroriste favorise cette
fa�on d�agir. On constate en effet que ce sera le gouvernement du
PSOE dirig� par Felipe Gonz�lez qui, � la suite de la publication de
l�Alternative D�mocratique, mettra en prison les membres du comit�
ex�cutif d�Herri Batasuna (vi).
Ce
processus r�pressif aura principalement lieu pendant la p�riode du
gouvernement de Jos� Mar�a Aznar, un processus r�pressif qui
comptera sur le soutien total du PSOE (pacte antiterroriste en
faveur des libert�s y compris). Ainsi, cette dynamique entra�nera la
cessation des journaux basques (Egin et Euskaldunon Egunkaria, ce
dernier �tant le seul � �tre r�dig� en langue basque), des journaux
d�importante diffusion et r�percussion dans le pays, la cessation
d�une revue de recherche journalistique, une radio � caract�re
national (Egin Irratia), ainsi que l�arrestation des organes de
direction et d��dition de ces m�dias et les d�nonciations de graves
tortures subs�quentes. De la m�me fa�on, divers organismes
populaires seront ill�galis�s et leurs membres seront arr�t�s et
accus�s de faire partie d�une soi-disant strat�gie commune de l�ETA.
Toute cette
politique sera couronn�e avec l�approbation d�une nouvelle Loi des
Partis dont le seul but sera la promotion de l�ill�galisation de
Batasuna, ainsi que toute expression politique d�coul�e de cette
r�alit� sociologique qui repr�sente ce choix politique.
Dans ce
contexte de coups r�pressifs, d�ent�tement du Parti Populaire, et
face � un manque d�engagement pour poursuivre le processus de
confrontation d�mocratique avec l��tat de la part du Parti
Nationaliste Basque, ainsi que le manque de volont� du Gouvernement
espagnol pour entamer tout type de dialogue, le 3 d�cembre 1999,
l�ETA annonce la fin de la tr�ve pour r�pondre � nouveau de fa�on
arm�e aux coups de l��tat.
Plus de r�pression, plus de
politique
Tel que
nous avons d�j� signal�, l�objectif final de cette action
r�pressive, � laquelle on ajoutera une offensive politique
m�diatique et id�ologique g�n�ralis�e de la part de l��tat et de ses
principales forces politiques (PP et PSOE), contre tout ce qui peut
�tre consid�r� comme une partie de la vision nationale basque
(langue, culture, enseignement�), est d�arr�ter tous les progr�s
d�coul�s de la conformation de la nouvelle strat�gie en r�agissant
contre le moteur des changements sociologiques qui se produisent.
Le
mouvement ind�pendantiste est certain que, face aux tentatives de
renvoyer la gauche ind�pendantiste de la sc�ne politique, il lui
correspond d�insister et d�approfondir dans son travail politique.
Dans ce
sens, la gauche ind�pendantiste r�pondra � l�ill�galisation avec une
claire volont� de non clandestinisation, avec une dynamique de
participation dans la dynamique �lectorale, malgr� les interdictions
sans commune mesure dans l�Europe occidentale, en r�pondant � la
dynamique de r�pression et en adoptant des dynamiques menant � une
nouvelle situation politique.
L�h�g�monisation
lente mais imparable du discours nationaliste et progressiste sera
constat�e dans l�Accord D�mocratique de Base (vii) sign� par divers
acteurs politiques et sociaux qui approfondiront dans le besoin de
passer la parole au peuple basque.
Ainsi, le
PNV sera oblig� de pr�senter une proposition de nouvel Statut
d�Autonomie pour les trois provinces de la Communaut� Autonome
Basque (Plan Ibarretxe) dans lequel, en d�pit des bien connues et
insurmontables limites du cadre actuel, il devra faire allusion au
caract�re de nation du peuple basque, la territorialit� (Euskal
Herria form�e par 7 provinces) ou le droit de d�cision, m�me si cela
est fait de fa�on rh�torique ou dans le pr�ambule du texte.
Finalement,
cette p�riode comprendra aussi le d�but d�une ligne de contact
priv�e et discr�te avec des secteurs du Parti Socialiste du Pays
Basque. Des contacts qui se cr�eront en plein affrontement et qui
serviront � d�broussailler le chemin pour entamer un dialogue.
Dans ce
contexte o� il est impossible d��liminer le travail politique de la
gauche abertzale et dans un contexte de crise absolue du mod�le
autonomique, o� m�me les partis qui avaient d�fendu le statisme
partitioniste doivent s�approprier des termes de l�ind�pendantisme,
l�attentat du 11 mars 2004 � Madrid, et la grossi�re tentative de
manipulation de celui-ci creusera le tombeau �lectoral du
Gouvernement ultranationaliste de Jos� Mar�a Aznar. L��chec
�lectoral d�Aznar sera la preuve de l��chec de la voie r�pressive
promue par le Pacte PP-PSOE contre le terrorisme.
En centrant
les clefs politiques pour la r�solution du conflit
Dans ce
contexte politique ou s�av�re la fin du mod�le autonomique, o� de
plus en plus de secteurs sont certains du besoin d�un nouveau cadre
qui reconnaisse le droit de d�cision, d�importantes parties de la
soci�t� reconnaissent le sujet national basque. Et face � l�arriv�e
d�un nouveau Gouvernement, dont les secteurs entamaient depuis
longtemps avec Batasuna des voies de dialogue, la gauche abertzale
consid�re qu�il y a les conditions suffisantes pour promouvoir un
processus de dialogue politique, en pr�sentant une m�thodologie qui
r�pondait, selon le parti, de fa�on appropri�e � tout le travail
r�alis� depuis la pr�sentation de l�Alternative D�mocratique.
�Maintenant le peuple, Maintenant le dialogue� (viii), connue comme
la Proposition Anoeta qui na�t dans l�intention d��tablir les guides
de la m�thode du processus n�gociateur. Un processus � deux voies
parall�les, une voie o� l�ETA et l��tat parleront des cons�quences
du conflit arm�, et une autre voie o� les forces politiques
t�cheront de convenir sur l�origine du conflit. Cette m�thodologie �
double voie sera largement accept�e par la majorit� des acteurs
politiques et sociaux, y compris l��tat espagnol.
D�s le
d�but, le processus de n�gociation fera preuve de tout ce qu�un
mouvement de lib�ration national a connu: le processus de
n�gociation n�est en r�alit� qu�un front de bataille. Un front, un
cadre o� chaque partie cherchera � atteindre ses objectifs
politiques.
Mais il y
aura une grande diff�rence entre la gauche ind�pendantiste basque et
les repr�sentants de l��tat espagnol. Pour la gauche ind�pendantiste
basque l�objectif du processus n��tait pas celui de chercher ses
propres objectifs politiques (l�ind�pendance) mais un cadre rendant
possible tous les projets politiques, alors que �tat espagnol
cherchera un accord recueillant son objectif politique: le
d�mant�lement de l�ETA, la r�forme statuaire et la fin du mod�le
d��tat.
Par contre,
Batasuna cherchera l��tablissement d�un terrain de jeu d�mocratique
o�, de fa�on d�mocratique, on puisse ouvrir les portes � tout choix
politique sur l�avenir du pays, un choix qui compte sur une majorit�
suffisante. Un terrain de jeu qui recouvre en plus l�ensemble
territorial. Une sorte de piste o� ceux qui voudront atterrir avec
le mod�le d��tat unitaire pourront atterrir, mais ceux qui ne
voudront pas d�coller du m�me �tat pourront aussi le faire en
comptant sur le soutien de majorit�s suffisantes.
Nous
observons que dans ce processus de lutte qui a �t� la n�gociation
des derni�res ann�es, le Gouvernement espagnol a cherch�
principalement la fin de la lutte arm�e avec le d�veloppement d�une
voie dite technique de dialogue entre l�ETA et l��tat, alors qu�il
essayait de ralentir la voie politique afin d�obtenir un accord de
r�forme autonomique.
Cette
politique de l��tat n�a donc pas �vit� le fait que les noeuds
gordiens subsistent, noir sur blanc, dans la soci�t�: le droit de
d�cision et la territorialit� en tant qu�axes du conflit. Ainsi,
le refus de l��tat � r�pondre � ces �l�ments a �clairci aussi
l�origine politique du conflit. La volont� d�clar�e par l�ETA
d�effectuer le d�mant�lement de son arsenal arm� et de ses
structures devant la Commission Internationale de Surveillance dans
le cas o� les acteurs politiques soient parvenu � un accord
permettant de r�soudre les noeuds du conflit politique. La cr�ation
d�une sc�ne d�mocratique, le certifiait.
Une
proposition d�mocratique int�gratrice, raisonnable et envisageable
Aujourd'hui, apr�s 30 ans de la soi-disant �d�mocratie� espagnole,
la soci�t� est certaine que nous nous trouvons face � un conflit
politique insoluble tant que l�on ne donne pas une solution aux
noeuds gordiens du m�me. Elle sait aussi que c�est l��tat espagnole
qui s�oppose � les r�soudre. De plus, dans ce sens, Batasuna a
pr�sent� une proposition claire et concise. Une proposition qui n�a
rien � voir avec son postulat politique, l�ind�pendance. Mais une
proposition qui permet � diverses sensibilit�s politiques du pays de
cohabiter de fa�on d�mocratique et civilis�e. Un cadre qui ouvre les
portes d�mocratiquement, si la majorit� sociale le souhaite, �
l�ind�pendance et � la possibilit� d��tre en rapport avec l��tat.
Une proposition envisageable qui rendrait possible la fin du conflit
politique arm� plus ancien d�Euope de fa�on simple et d�mocratique.
Batasuna
propose la cr�ation d�un nouveau cadre d�mocratique �tabli en tant
qu�autonomie pour les quatre territoires basques sous
l�administration espagnole, une autonomie qui, en reconnaissant le
caract�re national du peuple basque, aurait des m�canismes l�gaux
pour que les majorit�s suffisantes de citoyens de ces territoires
puissent d�cider de leur avenir ainsi que du type de rapports avec
l��tat espagnol (ix).
De plus,
Batasuna propose le changement de l��tat actuel de division
territoriale du pays en deux communaut�s autonomes sans le droit de
d�cider de leur avenir, vers un nouveau stade d�autonomie unique
avec le droit de d�cision pour les quatre provinces basques par le
biais de m�canismes d�mocratiques et de libre adh�sion des citoyens
des deux communaut�s (Communaut� Autonome Basque et Communaut�
Forale Navarraise). Ce serait donc les citoyens des deux communaut�s
ceux qui devraient adopter ce nouveau cadre unique.
La balle
est dans le camp du Gouvernement espagnol.
C�est �
lui de r�pondre positivement � la volont� majoritaire du peuple
basque. De reconna�tre qu�il y a un peuple et qu�il a le droit
de d�cider de son propre avenir. Autrement, il restera bloqu� dans
la grande roue que repr�sente le conflit. Dans ce contexte, la
Communaut� Internationale en g�n�ral et les Institutions europ�ennes
en particulier ont aussi une obligation urgente vis-�-vis de la
soci�t� europ�enne, basque et espagnole.
Pendant les
derni�res ann�es, l�Union Europ�enne a fait preuve de capacit�
suffisante pour aider et accompagner, avec des actions positives, la
r�solution du conflit angloirlandais. En obtenant des r�sultats
divers, elle a agit et elle a travaill� pour la r�solution de
conflits en Europe centrale et dans les Balkans. Actuellement, des
acteurs internationaux t�chent de promouvoir une solution pacifique
au probl�me du Kosovo.
Aujourd�hui, le conflit qui oppose l��tat espagnol et Euskal Herria
est devenu le plus ancien d�Europe. Un conflit qui a lieu en plein
coeur de l�Union Europ�enne et qui indirectement d�stabilise ses
piliers. Dans ce sens, les acteurs internationaux doivent aider �
obtenir une paix juste et durable dans ce coin de l�Europe. Telle
que le prouve l�histoire r�cente, on aboutira � cette paix en
passant d�abord par la reconnaissance d�un peuple, le peuple basque,
et le respect de sa volont� libre et d�mocratique.
Engagement
total
Par ce
document, Batasuna r�it�re son engagement total et complet avec des
dynamiques rendant possible l��tablissement d�un cadre d�mocratique
pour le pays. Nous sommes convaincus qu�il s�agit de la seule voie
possible pour surmonter le conflit. Mais nous signalons aussi tr�s
clairement que, malgr� toutes les actions r�pressives, l�ensemble de
la gauche ind�pendantiste basque est pr�te � poursuivre le long
chemin de lutte et de r�sistance qui nous a men� jusqu�ici et qui
nous m�nera, ind�fectiblement, vers la libert� de notre peuple.
BATASUNA
Dpt.
Relations Internationales
� Euskal
Herria , novembre 2007.
i
)Formation d�Herri Batasuna:
ii )Alternative KAS.
iii )Conversations d�Alger
iv )Accord Lizarra-Garazi.
v ) Alternative D�mocratique
vi ) Emprisonnement de la Table Nationale.
vii )Accord d�mocratique de Base.
viii ) Maintenant le Peuple, Maintenant la Paix.
ix )Proposition du Cadre d�mocratique.
Dossier
" Sulidarit� Euskadi
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Unit� Naziunale, Archives du site.
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Unit� Naziunale
� UNITA NAZIUNALE
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