La Lutte de Lib�ration Nationale, c'est l'occupation constante de tous les terrains qui concernent la Lutte Institutionnelle, la lutte de masse et la lutte arm�e.
  Accueil La Lutte en Vid�os Archives de la LLN La Lutte en Audio

La Lutte en photos

Contactez Unit� Naziunale    
 


Les archives de la LLN en ligne sur corsicainfurmazione.org

Offrez un produit
Generazione76




Empêcher le clic droit
Empêcher la sêlection du texte

 

Lutte internationale - HONDURAS - Le coup d��tat au Honduras, par Jorge Martin

Cliquez sur la photo pour la visualiser dans sa taille originale.Le 2 juillet 2009 : (13:00 Unit� Naziunale, www.unita-naziunale.org - Corse - Lutte internationale)  T�t dans la matin�e du dimanche 28 juin, 200 soldats ont encercl� la r�sidence du pr�sident du Honduras, Manuel Zelaya. Apr�s 20 minutes de combat avec les 10 membres de sa garde personnelle, le pr�sident a �t� arr�t�. Il a alors �t� expuls� par avion au Costa Rica, o�, dans une conf�rence de presse, il a d�nonc� un coup d�Etat � l�instigation � d�oligarques de droite ï¿½. Il a �galement appel� la population � se mobiliser, dans la rue, et promis de revenir.

L�origine imm�diate de ce coup d�Etat r�actionnaire est le r�f�rendum que Zelaya voulait organiser sur la convocation d�une Assembl�e Constituante.

Le Congr�s (domin� par la droite), le Haut Commandement de l�arm�e et la Cour Supr�me s�opposaient � ce projet.

Zelaya avait remport� les �lections pr�sidentielles de 2005 sous le drapeau du Parti Lib�ral du Honduras. Il avait devanc� de peu le candidat du Parti National. Il est lui-m�me un riche propri�taire terrien, mais la polarisation politique de ce petit pays d�Am�rique centrale l�a pouss� � prendre un certain nombre de mesures favorables aux pauvres, aux travailleurs et aux paysans. Il s�est r�clam� du � bolivarisme ï¿½. Rapidement, il a perdu le soutien de sa propre formation, le Parti Lib�ral (centre-droit), et a donc �t� forc� de s�allier avec des organisations ouvri�res et paysannes. Voici ce qu�il dit dans une interview accord�e au quotidien espagnol El Pa�s : �  J�ai voulu faire des changements dans le sch�ma n�o-lib�ral. Mais les riches ne font aucune concession � pas m�me un centime. Ils ne veulent pas renoncer � la plus petite partie de leurs fortunes. Ils veulent tout garder pour eux. Alors, bien s�r, pour changer les choses, il faut mobiliser le peuple. ï¿½

Le Honduras est l�un des pays les plus pauvres d�Am�rique latine. 50% de la population vit sous le seuil de pauvret�. L�illettrisme frappe 20% des citoyens. Plus d�un million d�habitants � sur les 7,8 millions que compte le pays � a d� �migrer aux Etats-Unis pour chercher du travail. Dans ces conditions, m�me les mesures progressistes les plus mod�r�es devaient in�vitablement se heurter � l�hostilit� brutale de la classe dirigeante, des propri�taires terriens et des grands m�dias.

Parmi les r�formes progressistes du gouvernement, il y avait une campagne d�alphab�tisation bas�e sur les exemples cubains et v�n�zu�liens, une tentative d�am�liorer la sant� des sections les plus pauvres de la population (via l�acc�s � des m�dicaments moins chers et l�octroi de bourses pour �tudier la m�decine � Cuba), une baisse des taux d�int�r�ts pour les petits fermiers et une augmentation de 60% du salaire minimum.

Le gouvernement a �galement pris des mesures contre certains des privil�ges les plus flagrants de la classe dirigeante hondurienne. Il a bris� le monopole des multinationales sur l�importation du fuel, gr�ce � un accord pass� avec Petrocaribe, bas�e au Venezuela. Zelaya a �galement pris des mesures contre les multinationales pharmaceutiques qui contr�lent 80% de tous les m�dicaments vendus au Honduras, et qui les vendent au prix fort. Pour ce faire, Zelaya a sign� un accord avec le Venezuela et Cuba pour importer des versions g�n�riques � et donc moins ch�res � des m�dicaments les plus couramment utilis�s. Le pr�sident a �galement d�nonc� le monopole de l�oligarchie sur les m�dias de masse et supprim� les subventions de l�Etat aux grands groupes de l�industrie m�diatique.

Sur l�ar�ne internationale, Zelaya a ralli� l�ALBA (Alternative Bolivarienne des Am�riques), une alliance r�gionale initi�e par le Venezuela.

Toutes ces mesures ont contribu� � accro�tre la popularit� de Zelaya parmi les couches les plus pauvres de la population � et � alimenter l�hostilit� de l�oligarchie locale, qui depuis deux si�cles dirigeait le pays (conform�ment aux int�r�ts am�ricains). Pendant la plus grande partie du XXe si�cle, le Honduras a �t� une � R�publique banani�re ï¿½ domin�e par la compagnie United Fruit, qui contr�lait la plupart des meilleures terres agricoles du pays et les exploitait comme son jardin priv�, sans se soucier de ce qu�en pensaient les gouvernements officiels du pays. P�riodiquement, les marines am�ricains intervenaient pour renverser des gouvernements qui tentaient de limiter le pouvoir d�United Fruit. L�ind�pendance formelle du pays n��tait qu�un �cran de fum�e. L�imp�rialisme am�ricain �tait ma�tre � bord. Les marines am�ricains sont intervenus au Honduras en 1903, 1907, 1911, 1912, 1919, 1924 et 1925. En 1911, le nouveau pr�sident du pays a �t� directement nomm� par un m�diateur am�ricain. En 1930, lorsqu�une gr�ve solide a �clat�, dans les plantations banani�res, un bateau de guerre am�ricain a �t� envoy� pour la r�primer.

Le Honduras a �galement une longue histoire de pr�sidents lib�raux qui, pour avoir tent� de timides r�formes, ont �t� renvers�s par un coup d�Etat � avec le soutien et la participation directe des Etats-Unis.
Ce fut le cas du pr�sident Vincente Mej�a (1929 � 1933), qui a �t� remplac� par la dictature du g�n�ral Car�as Andino. Il a conserv� le pouvoir jusqu�en 1949. La m�me chose est arriv�e au pr�sident Villeda Morales, qui, apr�s avoir engag� une r�forme agraire tr�s modeste, fut renvers� par le coup d�Etat de L�pez Arellano. Appuy� par les Etats-Unis, Arellano dirigea le pays de 1965 � 1974. Enfin, dans les ann�es 80, le Honduras est devenu la principale base d�op�ration des contras, ces milices contre-r�volutionnaires organis�es par les Etats-Unis qui luttaient contre la r�volution sandiniste, au Nicaragua.

Face � l�opposition de la classe capitaliste et de l�imp�rialisme, Zelaya esp�rait pouvoir s�en sortir en organisant un r�f�rendum sur la convocation d�une Assembl�e Constituante, suivant le mod�le du Venezuela, de la Bolivie et de l�Equateur. Il a propos� d�organiser un r�f�rendum, le dimanche 28 juin, pour d�cider si un autre r�f�rendum serait organis�, dans le cadre des �lections g�n�rales de novembre prochain, pour convoquer une Assembl�e Constituante. Mais le Congr�s et la Cour Supr�me ont d�clar� cette consultation ill�gale. Le Haut Commandement de l�arm�e refusa d�apporter son soutien logistique � l�organisation de cette consultation � avant d�arr�ter Zelaya, le 28 juin.

La classe dirigeante hondurienne n�a pas perdu de temps. L�Etat d�urgence et un couvre-feu ont �t� d�cr�t�s. Le Congr�s a imm�diatement d�sign� un nouveau pr�sident, Roberto Micheletti, qui �tait jusqu�alors le pr�sident du Congr�s. Des militants de gauche et d�organisations ouvri�res et paysannes ont �t� arr�t�s. Cesar Ham, un candidat de gauche � la derni�re pr�sidentielle, a �chapp� de peu � une arrestation. Le Congr�s a ordonn� l�arrestation de nombreux dirigeants d�organisations populaires ou sociales, dont Juan Baraona (Bloc Populaire), Carlos H. Reyes (Bloc Populaire), Andr�s Padr�n (Mouvement des Droits de l�Homme), Luther Castillos (un dirigeant syndical), Rafael Alegr�n (Via Campesina), C�sar Han (Conseil Civique des Organisations des Peuples et des Indig�nes du Honduras, CCOPIH), Andr�s Pav�n (CCOPIH), Marvin Ponce (CCOPIH), Salvador Z��iga (CCOPIH) et Berta C�ceres (CCOPIH).

Les ambassadeurs du Venezuela, de Cuba et du Nicaragua ont �t� d�tenus par des militaires masqu�s, qui les ont tabass�s, puis rel�ch�s. Exactement comme lors du coup d�Etat d�avril 2002, au Venezuela, la cha�ne d�Etat � Canal 8 � a �t� ferm�e par les putschistes, qui ont �galement publi� une fausse lettre de d�mission de Zelaya.

Il est �vident que les Etats-Unis �taient au courant de la pr�paration de ce coup d�Etat. Des dirigeants du Congr�s en avaient discut� avec des responsables de l�administration am�ricaine. Echaud�s par l�exp�rience du coup d�Etat d�avril 2002, au Venezuela, les Am�ricains semblent leur avoir conseill� de poursuivre dans la voie d�un � coup constitutionnel ï¿½ (emp�cher la tenue du r�f�rendum), sans aller jusqu�� arr�ter Zelaya, � ce stade. Malgr� ces possibles d�saccords tactiques, l�administration am�ricaine et l�oligarchie du Honduras sont d�accord sur l�objectif du coup d�Etat : emp�cher Zelaya de se maintenir au pouvoir et de poursuivre sa politique de r�formes sociales.

La r�action d�Obama au coup d�Etat �tait tr�s mod�r�e. Il a appel� � tous les acteurs politiques et sociaux du Honduras � respecter les normes d�mocratiques et l�autorit� de la loi ï¿½, ajoutant que la situation � doit �tre r�gl�e de fa�on pacifique, sans interf�rence ext�rieure ï¿½.
Ainsi, alors qu�un pr�sident d�mocratiquement �lu a �t� ill�galement arr�t� et expuls� de son pays, Obama appelle � tous les acteurs politiques et sociaux ï¿½ � respecter les normes d�mocratiques. C�est un soutien implicite � l�argument des putschistes selon lequel Zelaya aurait viol� la loi en cherchant � organiser un r�f�rendum.

En substance, la position des imp�rialistes est la suivante : on rejette le coup d�Etat, mais on en soutient l�objectif. Comme l�explique le quotidien r�actionnaire El Pa�s, � ce qui est en jeu, finalement, c�est le rapport de force en Am�rique latine. Si Zelaya �tait parvenu � rendre possible sa r�-�lection, le chavisme aurait gagn� du terrain en Am�rique centrale. ï¿½ C�est parfaitement clair. El Pa�s consid�re que le coup d�Etat n��tait pas la meilleure m�thode, mais soutient pleinement l�objectif de bloquer la progression du � chavisme ï¿½ dans la r�gion.

Il y a deux le�ons majeures, dans les �v�nements au Honduras.

Premi�rement, la classe dirigeante ne peut m�me pas tol�rer les r�formes progressistes les plus modestes. La lutte pour la sant� publique, l��ducation, la r�forme agraire, l�emploi et le logement ne peut �tre victorieuse que dans le cadre d�une lutte pour le socialisme. Deuxi�mement, on ne peut mener une authentique r�volution en laissant intact l�appareil d�Etat bourgeois, qui sera toujours utilis�, t�t ou tard, contre la volont� de la majorit� du peuple.

Les organisations syndicales du Honduras, y compris la CGT, ont appel� � une gr�ve g�n�rale contre le coup d�Etat. C�est la bonne r�action. Seule une mobilisation massive des travailleurs et des paysans peut faire �chouer le coup d�Etat. Un appel � la base de l�arm�e est �galement n�cessaire, pour inciter les simples soldats � refuser d�ob�ir aux ordres de leurs officiers. Hugo Chavez l�a dit dans ces termes : � Soldats, videz vos fusils sur l�oligarchie, pas sur le peuple ï¿½.

Nous devons un soutien sans faille aux travailleurs et aux paysans du Honduras dans leur lutte contre ce coup d�Etat. Nous en appelons au mouvement ouvrier international pour qu�il manifeste son opposition � ce coup. En particulier, les organisations ouvri�res et paysannes d�Am�rique centrale et du Mexique ont un r�le d�terminant � jouer. Des manifestations et des rassemblements, devant les ambassades, encourageraient les masses du Honduras.

A bas le coup d�Etat r�actionnaire au Honduras !
Mobilisation de masse et gr�ve g�n�rale !
Soldats, tournez vos fusils contre vos officiers � et ralliez le peuple !

Jorge Martin,
Le 29 juin 2009

Source : Publication le mercredi 1er juillet 2009 par La Riposte

Dossier " Coup d'Etat au Honduras"
Source photo : Unit� Naziunale, Archives du site.
Source info :  Unit� Naziunale

� UNITA NAZIUNALE

Vos r�actions sur cet article ici :http://forucorsu.unita-naziunale.org/portal.php

 

 
 

Aidez les prisonniers politiques
Cliquez ici->

<-Cliquez ici

Sustenite i patriotti incarcerati

 

Comment publier cet article sur vos forums, sites, blogs...

Comment publier votre communiqu�, votre article, vos photos...

Merci de lire ici