Le 9 Janvier 2010 [13h03] : (Unità Naziunale, www.unita-naziunale.org – Corse – Lutte Institutionnelle – Territoriales 2010) Les militants nationalistes qui soutiennent Gilles Siméoni et Jean-Christophe Angelini s’apprêtent, en toute vraisemblance, à vivre une grande désillusion, celle de la division au 1er tour des élections territoriales. Il n’y a rien à faire, les deux hommes parmi les plus charismatiques du mouvement national ne parviennent pas à s’entendre. Après des jours et des nuits de discussions, de propositions et de contre-propositions, après des tête-à-tête interminables et une surenchère de réunions à huis clos et de communiqués de presse, on n’a pas progressé d’un pouce. La rencontre de la dernière chance se tiendra demain dimanche, mais on imagine mal qu’un accord puisse se sceller en quelques heures, au terme de plusieurs semaines de divergences assumées.
Les risques de la division
À l’évidence, en dépit d’une forte aspiration à l’union exprimée dans chaque camp, il y a un problème sur la composition de la liste, tête comprise. Mais également une vision stratégique différente pour le 2e tour : le PNC espère que l’union des nationalistes modérés débouchera sur un score assez remarquable pour envisager des alliances qui lui permettront d’accéder enfin au gouvernement territorial et de chasser la majorité actuelle. Inseme hésite davantage à s’inscrire dans cette démarche, préférant constituer à l’assemblée de Corse une force d’opposition susceptible à coup sûr de servir de tremplin victorieux pour l’échéance qui suivra une mandature courte, il est vrai.
Difficile pourtant de ne pas admettre que la rupture entre les deux courants modérés du nationalisme serait très préjudiciable à leur cause commune. Avec une gauche éclatée sur quatre listes, les nationalistes unis ont une opportunité unique pour ne pas dire historique de se hisser à la deuxième place, derrière la droite, au soir du 1er tour.
Ce qui leur conférerait une position extrêmement favorable pour mener le bal de l’ouverture.
En revanche, si les nationalistes partaient, eux aussi, en rangs dispersés sur trois listes (avec celle des indépendantistes de Corsica Libera), il y a un risque sérieux qu’aucune ne franchisse la barre des 7 % qui permet de se maintenir au tour suivant.
Rassembler un total proche des 20 % de l’électorat sans obtenir le moindre siège s’apparenterait à un véritable sabordage. Et on reprocherait avec raison aux leaders nationalistes d’avoir sacrifié une chance inouïe sur l’autel de l’amour-propre individuel, et d’avoir succombé à des pratiques qu’ils dénoncent avec virulence chez les autres… (…)
Jean-marc Raffaelli
http://www.corsematin.com/ra/politique/233843/bastia-chez-les-nationalistes-la-division-ressemblerait-a-un-sabordage