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La lettre du professeur Dominique Salini Professeur Dominique Salini Le 2 janvier 2006
Cette lettre se veut t�moignage. Je voudrais, en tant que professeur � l�Universit� de Corse et Directrice de son Doctorat en Sciences Humaines, option Langue et Culture corses, attester des grandes comp�tences scientifiques de Jean Castela en rappelant notamment un moment fort pour nous tous : la soutenance de sa th�se � la maison d�arr�t de Fresnes, le 27 mai 2005, trois mois apr�s une grave op�ration du c�ur et 2385 jours d�incarc�ration pour ses convictions politiques. C��tait un d�fi intellectuel et politique que Jean Castela se devait de relever en tant que professeur agr�g� de g�ographie, enseignant et militant syndical, ayant toujours mis son intelligence, ses certitudes et sa tr�s grande culture au service du peuple corse. C��tait aussi une gageure de faire aboutir un travail universitaire de cette ampleur en milieu hostile : le pari a �t� gagn�. Pendant plus de trois heures, Jean Castela a pr�sent� son travail, La Corse et l�histoire des civilisations m�diterran�ennes (8�me-11�me si�cles) devant un jury compos� de trois professeurs des Universit�s. Le grade de docteur avec la mention Tr�s honorable et les f�licitations lui a �t� d�cern�. Le contexte singulier dans lequel ce travail a �t� initi�, r�dig� puis soutenu m�rite d��tre relev�. Bien �videmment, il �tait exclu que Jean Castela puisse b�n�ficier d�une exceptionnelle permission de regagner la Corse pour y soutenir normalement sa th�se � l�Universit�. La soutenance devait avoir lieu dans l�enceinte m�me de l��tablissement et se d�rouler quasiment � huit clos - alors qu�une soutenance de th�se est toujours publique - devant seulement trois membres de sa famille. La possibilit� m�me de la soutenance d�pendait de la seule autorisation du Procureur de la r�publique de laisser le jury p�n�trer � l�int�rieur de la maison d�arr�t. Celle-ci n�a �t� officielle que le jeudi 26 mai, soit la veille de la soutenance ! Il est inutile d�insister d�avantage sur la pression psychologique et le harc�lement moral exerc�s depuis si longtemps sur Jean Castela et sa famille. La th�se compte 654 pages et comprend 4 tomes dont un Atlas de 446 cartes repr�sentant les donn�es historiques des tomes 1 et 2 et un tome d�exemples illustrant les analyses th�oriques. Le doctorat a conclu, sous la forme acad�mique d�une th�se soutenue devant un jury de professeurs des universit�s, une recherche initi�e depuis des ann�es. Cette recherche qui a notamment nourri son enseignement � l�Universit� de Corse a �t� poursuivie pendant plus de six ans en milieu carc�ral, c�est-�-dire dans un environnement peu propice � la r�flexion et � la s�r�nit�. Interpell� le 18 novembre 1998, Jean Castela a d�abord �t� incarc�r� � Fleury-M�rogis avant d��tre transf�r� � la maison d�arr�t de Fresnes, r�put�e pour la rigueur des conditions de d�tention. A titre d�exemple, Jean Castela n�a dispos� d�un mat�riel informatique que par intermittence ; il a d� travailler de mani�re tr�s artisanale (les cartes d�calqu�es sur les vitres de sa cellule) et surtout au gr� des fouilles r�guli�res et impr�visibles, bien s�r : il fallait, � chaque fois, remettre de l�ordre dans les documents d�rang�s, dispers�s, �parpill�s. Chaque difficult� que rencontre tout doctorant dans la recherche de ses sources documentaires �tait ici d�cupl�e : les documents ne pouvaient parvenir que sous certaines formes et pas d�autres (ouvrage sans couverture, document non plastifi�, pas de disquettes informatiques..), sans compter le temps n�cessaire pour les obtenir. L�autre difficult� a consist� � � sortir � progressivement son travail pour la reprographie. Bref, on l�aura compris, cette th�se n�aurait pu �tre soutenue sans l�obstination de Jean et le soutien sans faille de sa famille durant ces six longues ann�es. Jean Castela n�a jamais cach� son attachement profond � la Corse mais son attachement n�est pas seulement sentimental. La Corse pr�occupe l�historien qui a pu se rendre compte au fil de ses recherches � quel point l�histoire de l��le est m�connue � certaines �poques, combien parfois elle a �t� oubli�e par les historiens parce que jug�e sans doute trop peu active dans l�histoire des grandes civilisations m�diterran�ennes. Or, �crit Jean Castela, en M�diterran�e, � se m�lent en permanence, � toutes les �poques, les ph�nom�nes locaux et les grands mouvements qui s�expliquent par les contingences politiques et �conomiques g�n�rales � tout le bassin �. Et il le r�p�te � plusieurs reprises dans le corps du texte : il est temps de renouveler la lecture de l�histoire des civilisations m�diterran�ennes en redonnant � chacune la place qui lui est due et de rectifier ainsi tant d�injustices cr��es par les hi�rarchisations abusives et la n�gation du local au profit des grands courants prestigieux. L�histoire de la M�diterran�e ne peut se passer de celle de la Corse et il faut bien admettre que la Corse a fait partie � et sans doute devrait continuer � le faire - d�une histoire g�opolitique large et surtout mouvante. L� sans doute r�side l�aspect le plus novateur de la th�se : �laborer une mod�lisation des dynamiques spatiales m�diterran�ennes. C�est seulement en abordant l�histoire de la Corse de cette mani�re que l�on �vitera banalit�s et autres poncifs et que la compr�hension politique de cet espace singulier pourra sans doute commencer. Base de donn�es en histoire, g�ographie et histoire de l�art, ce travail est en perp�tuelle �volution et s�enrichit chaque jour. Certes Jean continue � travailler. On pourrait sans doute se satisfaire de cette assertion. Mais si les soutiens amicaux lui ont �t� et lui sont aujourd�hui encore une aide pr�cieuse, il serait temps que cesse cet assassinat intellectuel, cette destruction de l�homme et que Jean recouvre enfin sa libert�. Pr.Dominique Salini
Les communiqu�s de revendication du groupe sans sigle
Selon les enqu�teurs, l�un des principaux �l�ments qui les a amen� � croire que Jean Castela �tait l�auteur des communiqu�s de revendication du groupe sans sigle est le fait que l�on retrouve de nombreux �l�ments historiques dans ces communiqu�s alors que justement Jean Castela est professeur d�histoire g�ographie et qu�il est sp�cialis� dans l�Histoire de la Corse. Or, l��tude approfondie de ces communiqu�s, chose qui n�a pas �t� possible lors de l�instruction et lors du proc�s en premi�re instance, d�montre � l��vidence que les auteurs de ces communiqu�s sont sans doute d�excellents moines copistes, mais absolument pas des historiens car nous y avons trouv� 5 erreurs historiques grossi�res, tr�s importantes, qu�un historien corse n�aurait pas pu commettre et certainement pas Jean Castela.
Voici les cinq passages comportant des erreurs et les explications historiques
Communiqu� du 11 novembre 1997, deuxi�me communiqu� du groupe sans sigle � Le peuple corse quant � lui a eu l�honneur de se lib�rer d�s septembre 1943 gr�ce au soul�vement des patriotes corses qui ont affront� les troupes de l�Africa Korps avec pour embl�me le seul brassard � t�te de maure. � C�est une erreur historique qui n�a pas �t� soulev�e lors de l�instruction, mais que les avocats avaient soulev�e lors du proc�s en premi�re instance. Septembre 1943 n�est pas la date de la lib�ration de la Corse mais seulement de l�insurrection. C�est-�-dire que le 8 septembre, le gouvernement italien du g�n�ral Badaglio qui a pris la succession de Mussolini au cours de l��t� 1943, signe l�Armistice avec les alli�s. Le 9 septembre, sans attendre l�accord des alli�s, la r�sistance corse d�clare l�insurrection. S�il y avait 80 000 Italiens qui occupaient la Corse et qui n�ont pratiquement pas combattu la r�sistance corse, il ne faut pas oublier qu�il y avait 12 000 Allemands et que pendant un mois, des combats acharn�s ont eu lieu pour lib�rer la Corse, le dernier Allemand quittant le port de Bastia le 4 octobre seulement. La date du 9 septembre est g�n�ralement f�t�e pour comm�morer cet �v�nement, mais ne correspond en rien � la lib�ration de la Corse. Un profane en histoire peut faire l�erreur, mais certainement pas un sp�cialiste de l�Histoire de la Corse. D�ailleurs, il a �t� projet� lors du proc�s en premi�re instance des documents saisis chez Jean o� il est �crit de sa main que la lib�ration de la Corse date du 4 octobre !
Deuxi�me passage du m�me communiqu� : Voici une �num�ration de faits historiques concernant les grandes dates de l�Histoire de la Corse (nous avons rajout� en rouge, entre parenth�ses [ ], l��poque � laquelle ils correspondent) : � La France, au m�pris du droit des peuples � disposer d�eux-m�mes, a achet� la Corse en 1768 comme un vulgaire troupeau de moutons et l�a conquise par le feu et par le sang au prix de nombreux revers subis face aux patriotes corses [1768/69]. Bonaparte a exprim� en termes on ne peut plus clairs la nature de la pr�sence fran�aise en Corse : "Je naquis quand la patrie p�rissait. Trente mille Fran�ais vomis sur nos c�tes noyant le tr�ne de la libert� dans les flots de sang, tel fut le spectacle odieux qui vient frapper mes regards." [1789] De pendaisons en d�portations massives au bagne de Toulon, [fin XVIIIe, d�but XIXe] de gouvernements militaires en r�gimes d�exception, la Corse a toujours �t� g�r�e par la France comme une colonie : destruction de son �conomie par des lois douani�res qui pendant un si�cle ont tax� lourdement les produits corses � l�exportation et d�tax� les produits fran�ais � l�importation [XIXe si�cle]; utilisation du peuple corse comme chaire � canon (plus de trente mille morts lors de la guerre de 14-18, soit 15% de la population contre 5% en France) selon la m�me logique coloniale appliqu�e pour les tirailleurs s�n�galais ou pour les troupes lev�es en Afrique du Nord et en Indochine par la "patrie des droits de l�homme" [1914/18]; planification de la francisation obligatoire par la fermeture de l�Universit� de Corse [1769] et une guerre id�ologique sans merci conduite contre la langue et la culture corse. [deuxi�me moiti� du XXe si�cle]� On r�alise imm�diatement � la lecture des dates que nous avons rajout�es en rouge qu�il y a un probl�me. Nous sommes ici dans une suite chronologique d��v�nements historiques et sans que l�on comprenne pourquoi, la fermeture de l�Universit� de Corse se retrouve entre la premi�re guerre mondiale et la deuxi�me moiti� du XXe si�cle. Les historiens de la Corse savent tr�s bien que l�Universit� cr��e par Pascal Paoli a �t� ferm�e d�s la conqu�te militaire de la Corse en 1769 et non pas apr�s la premi�re guerre mondiale. Le fait de positionner dans cette suite chronologique la fermeture de l�universit� apr�s la premi�re guerre mondiale ne peut �tre qu�une erreur de date de la part du r�dacteur du communiqu�, erreur que Jean Castela n�aurait pas pu commettre. Cette erreur n�a jamais �t� soulev�e, ni pendant l�instruction, ni lors du proc�s en premi�re instance, tout comme les erreurs qui suivent.
Dans cette m�me citation que nous venons d��tudier, deux autres erreurs flagrantes sont � noter. � La France, au m�pris du droit des peuples � disposer d�eux-m�mes, a achet� la Corse en 1768 comme un vulgaire troupeau de moutons et l�a conquise par le feu et par le sang au prix de nombreux revers subis face aux patriotes corses (�) � Tout d�abord, le fait de livrer comme date du rattachement de la Corse � la France 1768 est une erreur consid�r�e par les historiens nationalistes comme un n�gationnisme, puisque cela revient � dire qu�il n�y a pas eu de r�sistance, alors que ce n�est qu�au bout de deux campagnes militaires que les troupes du roi de France ont pu conqu�rir la Corse. Ensuite, le fait de parler d�achat en ce qui concerne le trait� de Versailles de 1768 est aussi une autre erreur, souvent commise, car en fait ce n�est pas un trait� de vente, mais au contraire un trait� � travers lequel la R�publique de G�nes demande l�aide de la France pour pacifier l��le. Un article secret fait �tat d�un don de la France � la R�publique de G�nes, mais ce don ne correspond pas � la somme qu�aurait repr�sent� la vente de la Corse. D�ailleurs, en 1789, lors de la convocation des Etats g�n�raux, G�nes s�indignera de constater que les d�put�s corses ont le droit de vote, car les G�nois consid�raient toujours la Corse comme leur appartenant.
� (�) utilisation du peuple corse comme chaire � canon (plus de trente mille morts lors de la guerre de 14-18, soit 15% de la population contre 5% en France) � Cette erreur est sans doute la plus grossi�re et comme les pr�c�dentes n�a jamais �t� soulev�e. 30 000 morts pendant la premi�re guerre, c�est un chiffre qui est ouvertement contest� et contestable. Aujourd�hui, de nombreux historiens parlent plut�t de 12 000 morts, mais cela ne prouve rien. Le premier probl�me vient du fait qu�entre ce deuxi�me communiqu� et le quatri�me du groupe sans sigle, ce chiffre de 30 000 est devenu 40 000 ! Cela ne correspond pas � la rigueur d�un professeur d�Histoire d�avancer des chiffres fluctuants. Mais, cette analyse n�est pas nouvelle, elle a d�j� �t� �voqu�e. Par contre, ce que personne n�avait remarqu�, c�est que si l�on consid�re que 30 000 morts repr�sentent 15% de la population corse de l��poque, cela veut dire qu�il y avait en Corse 200 000 habitants en 1914. Pour quelqu�un qui n�y conna�t rien en Histoire de la Corse, c�est plausible, puisqu�il y a actuellement 260 000 habitants. Par contre, pour n�importe quel historien qui s�int�resse un tant soit peu � l�Histoire de la Corse, c�est une erreur qui remet en cause toute l�histoire du XXe si�cle en Corse ! En effet, cette histoire est bas�e sur le fait qu�il y avait 320 000 Corses en Corse au d�but du XXe si�cle et qu�au cours de ce si�cle la population a diminu� pour arriver actuellement � 260 000. L�exil vers les Am�riques, les colonies, les guerres mondiales et enfin l�exode vers la France, notamment � travers de nombreux emplois offerts dans l�administration et l�arm�e, sont les raisons de cette diminution de la population. Penser que la population corse a pu augmenter, ou ne pas savoir qu�elle a diminu� au cours du XXe si�cle revient donc � ne pas conna�tre l�Histoire de la Corse. Ou alors, il faudrait qu�il soit tr�s mauvais en math�matique, ce qui ne peut pas �tre le cas de Vincent Andriuzzi, professeur dans ce domaine !
Quatri�me communiqu� de revendication, septembre 1998, premi�re page : � Il y a une trentaine d�ann�es, des patriotes corses se sont lev�s et ont raviv� une lutte ancestrale pour la dignit� et la libert�, suivant le processus classique d�un mouvement de lib�ration nationale confront� � un �tat colonial : l�objectif naturel �tait le r�tablissement des droits fondamentaux du peuple corse sur sa terre, c�est-�-dire l�ind�pendance nationale. � Tous les historiens, et encore plus les observateurs attentifs de l�histoire du nationalisme corse dont notamment Jean Castela, savent tr�s bien que le d�but de la revendication nationaliste n��tait pas, � la fin des ann�es 60 une revendication pour l�ind�pendance, mais bien au contraire, une revendication d�abord r�gionaliste avec l�ARC, action r�gionaliste corse, devenue en 1973 Action pour la Renaissance Corse au moment o� le mouvement devenait autonomiste. Les premi�res revendications d�ind�pendance ne remontent qu�en 1976, � la cr�ation du FLNC, c�est � dire 21 ans avant les communiqu�s du groupe sans sigle et non pas 30 ans.
De plus, on remarque tout au long des textes de revendications qu�il y a de nombreuses fautes d�orthographe qu�un agr�g� de g�ographie n�aurait pas pu commettre, ni m�me un enseignant de math�matique. Le probl�me des fautes d�orthographe a �t� soulev� pendant le proc�s en premi�re instance.
Les fautes d�orthographe dans les communiqu�s de revendications :
1er communiqu�
� 4�me paragraphe : � (...) les fondements m�me (...) � il faut le pluriel � � m�me � � 2�me page , 3�me paragraphe en partant de la fin : � sensibili� � faute de frappe ? � 2�me paragraphe en partant de la fin : � Aux peuples du monde la Nation Corse envoit (...) �. Erreur de conjugaison � envoie �.
2�me communiqu�
� 1er paragraphe : � (�) par les philosophes "des lumi�res" (�) � il faut un � l � majuscule � lumi�res car dans ce cas ce terme �voque une p�riode historique pr�cise. � 3�me paragraphe � La d�sertification (�) que conna�t (�) �. Il faut un accent circonflexe � � conna�t �. � 4�me paragraphe : � (...) avec le suicide de la R�publique � Vichy proclam� (...) �. ll faut � �e � � � proclam� � car l�accord se fait avec R�publique (c�est elle qui est proclam�e) et non pas avec � suicide �. � 5�me paragraphe : � raffle � ne prend qu�un � f �. Il y a �galement une erreur � � (...) V�l d�Hiv � ; Il s�agit de l�abr�viation de V�lodrome d�Hiver, que les historiens �crivent donc � V�l�d�Hiv �. Il manque l�apostrophe. � 2�me page, 1�re ligne : � (...) De Gaulle (...) �. Il ne faut pas de majuscule � � de �.
3�me communiqu�
� 1er paragraphe , 5�me ligne : � (...) G�nois (...) � il ne faut pas d�accent circonflexe ! � 2er paragraphe, 8�me ligne : � (...) inn�luctable (...) �. Il ne faut qu�un � n �. � 3�me page, 4�me ligne : � (...) R�publiques bananni�res (�) � ; Il seul � n � � � banani�res �. � 3�me page, 5�me ligne : � (�) bodruches (�) �. Baudruches.
Dossier Erignac
(� partir de l�ordonnance de mise en accusation de la Chambre de l�instruction)
Tout d�abord, on peut se poser la question de savoir pourquoi une chambre d�accusation (devenue entre temps chambre de l�instruction) qui remet en libert� Jean Castela et Vincent Andriuzzi pour manque de preuve � leur encontre dans l�affaire Erignac peut quelques mois plus tard, sans qu�aucun �l�ment nouveau port� au dossier, d�cider de leur renvoi devant une cour d�assise sp�ciale.
Dans l�arr�t rendu qui reprend les grandes lignes de l�ordonnance de mise en accusation �mise par le juge d�instruction, on peut noter les �l�ments suivants qui concernent Jean Castela :
Page 27 de l�ordonnance : � (�) lors de la parution dans le quotidien "Le Monde", du 3 f�vrier 1999, d�un article intitul� : "Les enqu�teurs auraient "cibl�" les auteurs de l�assassinat du pr�fet" fournissant des indications d�signant implicitement Alain Ferrandi, Jean Castela et Vincent Andriuzzi. �
Effectivement, trois mois apr�s l�incarc�ration de Jean Castela, la presse d�voile les th�ses des enqu�teurs. A ce moment, Jean n�est toujours pas mis en examen dans l�affaire Erignac, mais plac� sous mandat de d�p�t dans d�autres affaires. N�ayant aucun �l�ment � son encontre dans l�affaire du pr�fet, on jette son nom en p�ture � la presse pour faire passer le montage intellectuel qui conduira Jean Castela et Vincent Andriuzzi jusqu�� la cour d�assises sp�ciale. On peut noter que cet article intervient � un moment o� la piste agricole est en train de s��crouler, les enqu�teurs ont perdu une grande partie de leur cr�dit aupr�s de la presse et de l�opinion publique, il faut alors � tout prix prouver qu�ils ne se sont pas enti�rement tromp�s et que la piste intellectuelle (ou enseignante) est fond�e. Sans mise en examen, on utilise la presse pour accuser les gens.
Page 27 de l�ordonnance : � (�) des renseignements anonymes (�) d�signant un nomm� "Castola", (�) comme l�un des commanditaires de l�assassinat de Claude Erignac. �
Il faut savoir qu�au cours de l�ann�e 1998, plus de 2500 interpellations ont eu lieu en Corse, et plus particuli�rement dans le milieu nationaliste. Le simple fait d�avoir �t� � un moment de sa vie nationaliste, ou sympathisant, pouvait suffire � justifier une interpellation. Dans ces conditions, chaque personne gard�e � vue qui livrait un nom d�une personne ayant approch� le nationalisme ces trente derni�res ann�es pouvait �tre consid�r�e comme ayant donn� � un renseignement anonyme �. Si l�on pense qu�une partie seulement de ces renseignements ont conduit � des interpellations, on peut penser que plusieurs centaines de personnes ont pu ainsi �tre d�sign�es.
Page 28, 29, de l�ordonnance : La rencontre entre Vincent Andriuzzi et Alain Ferrandi, en compagnie de Jean Castela, le 19 ao�t 1998 � Ajaccio. Avant toute chose, il est primordial de rappeler que cette rencontre a lieu 6 mois apr�s l�assassinat du pr�fet et que d�s lors, elle ne peut pas �tre consid�r�e comme une r�union pr�paratoire.
Cependant, Jean Castela et Vincent Andriuzzi se sont longuement expliqu�s sur cette rencontre. Vincent Andriuzzi �tait en relation professionnelle avec Alain Ferrandi dans le cadre du groupe Filcar notamment pour r�am�nager certains locaux. Vincent, apparent� � la famille Filippi propri�taire du groupe avait remplac� dans ce r�le son propre p�re. L�agence o� travaillait Alain Ferrandi ne poss�dait pas de bureau, et en cette p�riode extr�mement chaude, c�est en toute logique qu�Alain Ferrandi a propos� � Vincent de se rendre dans un autre lieu, en l�occurrence l�appartement de sa s�ur, pour pouvoir travailler dans de bonnes conditions. Jean Castela a accompagn� Vincent Andriuzzi ce jour l� comme il en avait l�habitude. D�ailleurs, tous dans l�attitude des deux hommes ce jour est des plus banal. Ils se sont arr�t�s pour manger en terrasse, au bord de la route dans un petit restaurant � l�entr�e de la ville. Pour des gens qui chercheraient � se cacher, on peut trouver mieux ! On peut par ailleurs se poser la question de savoir, si cela avait �t� une r�union entre ce que l�accusation a appel� la cellule sud et la cellule nord, pourquoi le sud n�aurait envoy� qu�une personne et le nord deux.
La longue liste des appels t�l�phoniques qui appara�t aux pages 30 et 31 entre les diff�rents accus�s ne repr�sente en aucune mani�re la moindre preuve et le fait de mettre en �vidence uniquement les appels des uns, de mani�re arbitraire ne prouve rien. Il est simplement logique de constater que des gens qui sont amis s�appellent souvent. Et pas uniquement comme voudrait le faire croire l�accusation, uniquement quand il y a des revendications ou des attentats. On peut par contre noter l�absence de coups de fils entre Jean Castela et l�ensemble des membres qui ont �t� condamn�s en premi�re instance pour l�assassinat ou la complicit� d�assassinat du pr�fet, ce qui prouve bien qu�il ne les connaissait pas ou qu�il ne les fr�quentait pas. De m�me Vincent Andriuzzi n�est en contact qu�avec Alain Ferrandi, et encore pour des raisons de travail.
Les appels t�l�phoniques le soir de l�assassinat du pr�fet. Le vendredi soir, � 22 heures 26, Jean Castela a appel� Jean-Philippe Antolini. A cette �poque, Jean �tait joueur et dirigeant de l��quipe de football de l�ASPTT, dont Jean-Philippe �tait l�entra�neur et le secr�taire g�n�ral. Ce soir l�, il y avait un entra�nement de pr�vu, le dernier avant les matchs du dimanche, et Jean n�ayant pas pu y assister a logiquement t�l�phon� � l�entra�neur apr�s l�entra�nement (qui finissait en g�n�ral vers 22 heures 15) pour avoir sa convocation pour le week-end.
Le mat�riel Apple. (Page 32) Jean Castela, tout comme Vincent Andriuzzi poss�daient en 1998 un mat�riel informatique sous environnement Macintosh. Il faut savoir qu�une grande partie des Corses �tait � cette �poque �quip�e de Macintosh et encore plus dans le milieu nationaliste, pour des raisons �videntes de compatibilit� car dans les ann�es quatre vingt dix, la compatibilit� entre Macintosh et Windows �tait tr�s al�atoire. Pour cela, les militants nationalistes avaient choisi Macintosh car tous les locaux politiques �taient �quip�s de ce type de mat�riel. Stella Castela a travaill� pendant des ann�es comme secr�taire de r�daction du journal nationaliste U Ribombu, qui fonctionnait uniquement sous environnement Macintosh comme (� l��poque) tous les sp�cialistes de la PAO ou des travaux d�imprimerie, et qu�elle a ainsi �t� form�e � l�informatique Macintosh. Stella Castela donnait � l��poque des cours d�informatique � l�Universit� de Corse, qui elle aussi fonctionnait sous environnement Macintosh. Comme on le constate � la lecture de ces exemples, Jean et Vincent ne sont pas les seuls � fonctionner en Macintosh en Corse !
A la page 33 � Si les textes de revendications n�ont pas �t� retrouv�s sur les ordinateurs saisis, il convient de rappeler que Joseph Versini a expliqu� � sa concubine que Jean Castela aurait d�truit l�ordinateur sur lequel les textes de revendications avaient �t� r�dig�s. Au demeurant, lors de l�interpellation de ce dernier, le disque dur de son ordinateur �tait confi� pour r�paration � la soci�t� MIC Informatique Corse. Le technicien du service apr�s-vente a pr�tendu que le disque dur �tait d�labr� et qu�il n�avait pas encore proc�d� � sa r�paration, alors qu�il ressort de l�expertise ordonn�e par le juge d�instruction que le disque dur ne pr�sentait aucun sympt�me de d�faillance. � Lorsqu�une personne ach�te un ordinateur, elle laisse une trace, et comme on le constate � travers cet exemple, il est impossible de faire r�parer clandestinement un ordinateur. Nous devons tout d�abord rappeler que Jean Castela n�a pas eu d�ordinateur qui aurait myst�rieusement disparu, on en aurait retrouv� la trace. Ensuite, de la mani�re dont est r�dig�e la phrase de l�ordonnance de mise en accusation, on a l�impression que le r�parateur a menti pour justifier de la pr�sence du disque dur de Jean Castela chez lui. Or, ce disque dur a �t� saisi et analys� par les sp�cialistes de la DNAT qui ont trouv� la preuve que c��tait bien le disque dur que Jean utilisait d�habitude, et qu�il ne comportait rien de clandestin. Ce qui est bien la preuve que Jean n�avait rien � se reprocher par rapport � son disque dur. De plus, s�il avait voulu s�en d�barrasser clandestinement, il ne l�aurait pas confi� � un sp�cialiste de l�informatique en attendant d�hypoth�tiques r�parations. Ensuite, par rapport aux d�clarations de Joseph Versini, il s�en est clairement expliqu�, d�s sa garde-�-vue. Au moment o� il reconnaissait sa participation aux faits pour lesquels il a �t� condamn�, au moment o� sa vie enti�re s��croulait, il a tenu quand m�me � s�expliquer sur cette phrase qu�il a dite � sa femme, le jour o� Jean Castela a �t� arr�t� et o� son arrestation a �t� m�diatis�e. Pour rassur�r sa femme qui avait compris les activit�s clandestines de son mari, puisque la presse annon�ait des arrestations en rapport � l�affaire Erignac, Joseph Versini lui dit alors qu�elle ne doit pas s�inqui�ter car � Jean Castela a jet� son ordinateur � la mer �. Joseph Versini ne conna�t Jean qu�� travers la m�diatisation dont il a �t� l�objet apr�s son interpellation. Et comme nous l�avons dit plus haut, l�enqu�te a d�montr� que Jean n�avait pas eu d�ordinateur qui aurait disparu, mais qu�au contraire, tout son mat�riel informatique a �t� retrouv� lors des perquisitions.
Page 34 : Giamarchi et GiammarchiContrairement � ce que laisse supposer l�ordonnance, on trouve en Corse aussi bien des Giamarchi que des Giammarchi, ce deuxi�me patronyme ne pouvant en aucun cas �tre consid�r� comme une invention.
On a remarqu� � l�occasion du premier proc�s que m�me dans les conclusions des avocats des parties civiles qui demandent � ce que Jean Castela soit renvoy� devant les assises sp�ciales pour une complicit� dans l�affaire de l�assassinat du pr�fet Erignac, aucun �l�ment directement en liaison avec la mort du pr�fet n�est avanc�. On se contente de parler de pr�tendu pass� clandestin de Jean, de mat�riel informatique et documents saisis (or l�expertise du mat�riel informatique est n�gative et les documents saisis sont en rapports � des affaires du d�but des ann�es 1990), de la rencontre du 19 ao�t (post�rieure de 6 mois � la mort du pr�fet), des appels t�l�phoniques (qui ne mettent absolument pas en cause Jean dans quoi que ce soit), des contradictions dans les d�clarations de Jean Castela sur son emploi du temps le soir des faits (il est � noter que cet argument est ridicule car Jean n�est pas mis en accusation pour assassinat, mais pour complicit�, donc que son emploi du temps, au demeurant clairement �tabli, le soir de l�assassinat ne saurait constituer un �l�ment l�accablant). La faiblesse de ses mises en causes r�sume bien le dossier de l�accusation � l�encontre de Jean Castela.
A la page 41 on peut lire au sujet de Jean Castela et de Vincent Andriuzzi, que les �l�ments du dossier : � laissent pr�sumer que Jean Castela et Vincent Andriuzzi ont particip� � l��laboration, � la r�daction et � la diffusion du communiqu� de revendication, mais aussi qu�ils �taient, avec Alain Ferrandi, les dirigeants du groupe sans sigle ou des anonymes, et qu�� ce titre, ils ont pris part � la d�cision d�assassiner le pr�fet Claude Erignac, d�cision, qui en raison de son caract�re hautement symbolique, n�a pu �tre d�cid�e que par les chefs id�ologiques quand bien m�me elle a �galement �t� soumise aux membres de la cellule du sud. � Il est int�ressant de noter que l�on ne parle pas d��l�ments mat�riels qui prouvent de fa�on irr�vocable la participation de Jean au groupe des anonymes, mais simplement d��l�ments qui � laissent pr�sumer �. Dans cette affaire, on a aucun �l�ment mat�riel � charge, la chambre de l�instruction le reconna�t, on a juste des choses qui � laissent pr�sumer �. On ne prouve rien, on pr�sume. Suivant en cela les chemins trac�s par les enqu�teurs, les magistrats de la chambre de l�instruction d�cr�tent que la d�cision de l�assassinat du pr�fet n�a pu �tre prise que par des � chefs id�ologiques �. C�est une erreur, et c�est bien mal conna�tre la Corse que de le penser. Tous les observateurs de la situation politique en Corse ces 30 derni�res ann�es, ou bien m�me au cours de l�Histoire de la Corse savent tr�s bien que dans cette soci�t� m�diterran�enne, o� l�honneur est pouss�e � son paroxysme, les forts ont toujours eu le dessus sur les penseurs, les militaires sur les intellectuels. Dans le nationalisme corse, les chefs qui ont �merg� ces 30 derni�res ann�es ne sont pas des intellectuels promus par leurs capacit�s � conceptualiser, mais plut�t des � militaires � ou d�anciens prisonniers politiques qui ont su forger leur l�gende dans les prisons fran�aises.
Dossier de l�attentat de Strasbourg
A partir de l�avis d�ordonnance de mise en accusation devant la cour d�assises rendue du juge Thiel dans l�affaire de Pietrosella, Strasbourg et Vichy.
Jean Castela, arriv� au proc�s toujours incarc�r�, a �t� condamn� pour la complicit�, mais acquitt� pour l�attentat de Strasbourg.
Environnement Apple (Macintosh) : Les revendications des attentats de Vichy, Pietrosella et de l�assassinat du pr�fet Erignac ont toutes �t� dactylographi�es � l�aide de mat�riel informatique de type Apple. Jean et Stella Castela, tout comme Jean-Philippe Antolini fonctionnent �galement sous environnement Apple, ce qui a permis aux enqu�teurs de faire de cet �l�ment une preuve de l�implication de Jean Castela dans toutes ces actions. A lire les ordonnances de renvoi, on pourrait croire que seuls les Castela et Antolini fonctionnaient sous environnement Apple en Corse.
Page 42 de l�ordonnance de renvoi, le juge se permet certaines affirmations, qui ne sont pas �tay�es par des preuves et qui permettent d�alourdir le climat du dossier � l�encontre de Jean. Il est notamment dit ! � (�) lors de la reprise des r�unions des diff�rentes sections du mouvement "A Cuncolta", Jean CASTELA, adh�rent de ce mouvement dont il avait �t� jusqu�alors un membre certes tr�s discret mais incontestablement influent, compte-tenu de ses responsabilit�s au sein du syndicat des travailleurs de l�enseignement (�) � On peut �tre surpris � ce stade de l�enqu�te, qu�un magistrat instructeur qui doit enqu�ter � charge et � d�charge puisse avoir un tel comportement. Le fait d�avoir des responsabilit�s dans un syndicat d�enseignants ne fait absolument pas de Jean Castela un responsable de la Cuncolta, et d�ailleurs dans l�Histoire des mouvements et partis nationalistes ou ind�pendantistes, les syndicalistes n�ont jamais �t� des responsables politiques. Et on peut encore le constater actuellement puisque par exemple, les leaders du STC ne sont m�me pas militants de Corsica Nazione !
A la page 43, il est fait �tat d�un renseignement anonyme transmis aux enqu�teurs d�but juillet 98 mettant en cause un nomm� � CASTOLA �, comme � �tant l�un des commanditaires de l�assassinat du pr�fet ERIGNAC et un ancien photographe de l�hebdomadaire nationaliste "U RIBOMBU" comme faisant partie du groupe clandestin � l�origine de cette action criminelle. � Dans les explications qui suivent, le juge d�signe Jean Castela pour correspondre � � CASTOLA � et Jean Philippe Antolini comme ancien photographe du Ribombu. Or, il est int�ressant de constater que Jean Philippe Antolini, contrairement � ce pr�tendu renseignement, n�a jamais �t� mis en cause dans l�affaire du pr�fet Erignac. Ensuite, on peut remarquer que Jean Philippe Antolini n�a pas �t� le seul ancien photographe du Ribombu � �tre mis en examen et incarc�r� dans le cadre du dossier 1337. Pr�sent� de la sorte, ce renseignement mettant en cause Jean Castela peut appara�tre comme une preuve, mais il faut savoir que les services enqu�teurs ont re�u des milliers de d�clarations de ce type pendant les mois qui ont suivis l�assassinat du pr�fet, et d�ailleurs, les enqu�teurs eux-m�mes ont proc�d� � des milliers d�interpellations au cours de l�ann�e 1998.
A la page 44, le juge met en avant le nombre de conversations t�l�phoniques entre les co-mis en examen. Etablissant ainsi un lien entre tous, donnant l�impression au lecteur que tous les protagonistes sont en relation tr�s �troite. Or, si Jean Castela est en relation t�l�phonique quasi-permanente avec Vincent Andriuzzi et Jean-Philippe Antolini, et si Vincent de par son travail est en relation avec Alain Ferrandi, ce que le magistrat instructeur ne fait pas remarquer, c�est qu�il n�y pas de relations t�l�phonique entre Alain Ferrandi et Jean Castela ou Jean-Philippe Antolini, et pratiquement aucune entre Jean-Philippe Antolini et Vincent Andriuzzi.
� la page 64, le juge fait �tat du mat�riel saisi chez Jean Castela. En parlant de mat�riel de reproduction, le lecteur peut penser que Jean Castela poss�dait une imprimerie clandestine, alors qu�il s�agit en faite d�un vieux photocopieur et d�une imprimante d�ordinateur comme on peut en trouver chez tout le monde.
A la page 66, le juge �crit : � Jean Castela s��tait livr� � une activit� subversive pour le compte du "F.L.N.C.-historique" jusqu�en 1994, ann�e durant laquelle il est entr� en dissidence avec les dirigeants d�"A Cuncolta Naziunalista", vitrine l�gale de cette organisation terroriste. � Le juge se contente ici de lancer plusieurs affirmations, sans les �tayer par des �l�ments mat�riels, et notamment en ce qui concerne le fait que Jean Castela serait entr� en dissidence avec les dirigeants de A Cuncolta en 1994. Ceci est inexact, et ne sert qu�un seul but, qui n�est pas celui de rechercher la v�rit� en instruisant � charge et � d�charge, mais au contraire de pr�parer le terrain pour tenter de faire tenir la route � la construction intellectuelle des enqu�teurs qui ont pens� � un moment que c��taient des intellectuels qui avaient imagin� l�action contre le pr�fet, apr�s �tre entr� en dissidence de A Cuncolta. Donc, tout au long de l�ordonnance de mise en accusation, on tente d�aller dans cette direction, et l�, sans aucun �l�ment, on annonce que Jean Castela est entr� en dissidence de A Cuncolta en 1994. Or, jusqu�en 1996, Stella Castela �tait secr�taire de r�daction du Ribombu, et en 1995 Jean-Philippe Antolini �tait attach� du groupe Corsica Nazione � l�Assembl�e de Corse, ce qui pour des dissidents est plut�t� �trange !
Page 67 : la facture et la nuit � Strasbourg de Jean Philippe Antolini et Jean Castela plusieurs mois avant l�attentat de l�ENA. Rappelons que Jean-Philippe Antolini n�a �t� mis en examen que pour la complicit� d�attentat et non pas pour l�attentat et d�ailleurs, le jour de l�attentat il est en photo sur le journal local corse avec son �quipe de football. Et il a �t� lib�r� par le juge de la libert� et de la d�tention apr�s deux ans de d�tention car les �l�ments � son encontre ne justifiaient plus une incarc�ration. C�est donc en homme libre (dans ce dossier) qu�il s�est pr�sent� � la cour d�assise sp�ciale. Quant � Jean Castela, s�il a bien �t� condamn� en premi�re instance pour une complicit� pour cet attentat, il a �t� acquitt� pour l�attentat lui-m�me.
En 1997, Jean-Philippe Antolini a suivi une formation de guide interpr�te national. Les autres �tudiants de cette formation avaient pour la plupart suivi les cours de BTS tourisme et avaient donc des connaissances en Histoire de l�Art, et avaient eu l�occasion de participer � un � tour de France � qui est un voyage au cours duquel les �l�ves en formation visitent (au pas de course) un maximum de r�gions et de monuments pour avoir une id�e de certaines architectures religieuses qui n�existent pas en Corse (comme le gothique par exemple) ainsi que pour appr�hender la mani�re dont certaines r�gions mettent en place une signal�tique sp�cifique pour le d�veloppement de leur zones touristiques. Ce � tour de France � est donc un voyage de d�couvertes culturelles, mais pas dans le sens d�un voyage organis� au cours duquel les personnes pr�sentes peuvent prendre le temps de visiter chaque monument en d�tail. Le but des visites lors de ce genre de voyage n�est pas le m�me. C�est pour voir un maximum de monuments diff�rents et non pas comme dans un voyage traditionnel certains monuments � fond. Cette diff�rence est tr�s importante car elle a totalement �chapp� aux enqu�teurs et aux magistrats instructeurs. En juin 1997, peu de temps avant de passer son examen de guide interpr�te, Jean-Philippe Antolini est invit�, ainsi que Jean Castela � participer � une r�union de l�association suisse, du canton du Jura, � Solidarit� Jura Corse �, qui est le pendant de l�association Corse � Solidarit� Corse Jura �. Jean Castela, Jean-Philippe Antolini et Stella Castela participent � cette association qui a pour but de d�velopper les �changes entre ces deux peuples. D�ailleurs, en 1998, tous les trois sont partis en Suisse dans le canton du Jura pour participer � une foire commerciale o� ils ont pu pr�senter certains produits corses comme la bi�re � la farine de ch�taigne. Pour se rendre en Suisse, Jean Castela et Jean-Philippe Antolini d�cident logiquement de partir en avion jusqu�� Nice, de louer une voiture et de se rendre en Suisse en passant par certaines r�gion de l�Est de la France qui sont d�ordinaire objet de visite lors des � Tour de France �. Ceci, pour permettre � Jean-Philippe Antolini de pr�parer dans de meilleures conditions son examen et son futur m�tier de guide. Jean est d�j� en r�gion ni�oise o� il doit faire passer des examens. Jean-Philippe Antolini le rejoint en prenant un billet d�avion � son nom (logique), qu�il paye en liquide car il est interdit bancaire et n�a droit ni aux ch�ques, ni � la carte de cr�dit. Les deux amis louent une voiture par l�interm�diaire d�une de leur connaissance, Jean-Patrick Constantini qui a une soci�t� de production de film et qui b�n�ficient de tarifs de locations tr�s avantageux. Apr�s un arr�t � Tournus, �glise c�l�bre en histoire de l�Art, Jean-Philippe Antolini et Jean Castela se rendent � l�Arch�odrome de Beaune. C�est important pour Jean-Philippe Antolini car dans le cadre de sa formation il doit rendre un m�moire d�une dizaine de page portant sur la mise en valeur touristique de la micro-r�gion du Niolu et il souhaite pr�senter un projet de cr�ation d�un arch�odrome. Dans ce petit m�moire rendu quelques semaines plus tard, il fait donc largement allusion � l�arr�t dans cet arch�odrome. D�ailleurs, dans sa ma�trise qu�il rendra l�ann�e suivante, sur le m�me sujet, il �voque de nouveau cet arr�t � l�Arch�odrome de Beaune. Apr�s Beaune, Jean Philippe Antolini et Jean Castela se rendent en Alsace � Mulhouse o� ils mangent et dorment. Jean Castela paye les notes avec sa carte de cr�dit et donne � l�h�tel son patronyme. Le lendemain, Jean Castela et Jean-Philippe Antolini vont � Strasbourg et vont emprunter la route des vins d�Alsace et en prenant des notes car un autre �tudiant de la formation de guide pr�pare un m�moire sur une route des vins du Cap Corse. D�ailleurs, lors de l�examen du disque dur des ordinateurs de Jean Castela, les enqu�teurs retrouveront ce m�moire, �crit en tr�s grande partie par Jean lui-m�me. A Strasbourg, Jean et Jean-Philippe �prouvent la plus grande difficult� � trouver une chambre en raison du fait qu�il y a � ce moment dans la r�gion de nombreuses activit�s qui ont attir� du monde, comme vraisemblablement une session du parlement europ�en. Dans son ordonnance, le juge utilise volontairement des mots forts pour tenter de faire passer Jean Castela et Jean-Philippe Antolini pour des menteurs : � leurs d�clarations devaient �tre largement prises en d�faut �. En fait d��tre largement prise en d�faut, Jean Castela et Jean-Philippe Antolini ont simplement d�clar� �tre arriv� tardivement � Strasbourg, ce qui sera confirm� (et non mis en d�faut) par l�examen de leurs t�l�phones qui atteste qu�ils n��taient � Strasbourg qu�� 17 heures. A ce moment, ils ont tourn� en ville pour chercher un h�tel, et apr�s de nombreux �checs qui expliquent qu�ils n�ont pas eu le temps de visiter la ville d�s leur arriv�e, ils ont fini par aller � un h�tel Ibis du centre de Strasbourg. Cet �tablissement �tait lui aussi complet, mais apr�s consultation de ses ordinateurs, le r�ceptionniste a inform� Jean Castela et Jean-Philippe Antolini qu�il restait des chambres de libre dans un autre Ibis, celui de la rue de Molsheim. Nos deux amis s�y sont rendus pour prendre leur chambre. Jean avait pay� la veille, et comme cela est souvent le cas en Corse, on ne partage jamais les notes de frais en deux, mais on paye chacun son tour, donc c�est Jean-Philippe Antolini qui paye l�h�tel. Il r�gle en liquide, comme pour son billet d�avion puisqu�il est interdit bancaire, et quand on lui demande son nom, il r�pond fi�rement � Friess �. Bien entendu, ce n�est pas un faux nom comme le pr�tendent les juges, mais le nom de sa m�re et surtout le nom de la famille alsacienne de sa m�re, famille tr�s c�l�bre puisque anobli au XIIIe si�cle pour sa participation au croisade. Jean-Philippe est donc l�h�ritier des Barons de Friess, baron d�Alsace. Cette famille est l�une des plus ancienne d�Alsace, et son anc�tre direct Henri Friess dont Jean-Philippe porte le pr�nom (Jean Philippe Henri Joseph) est attest� sur le livre d�or de la ville de Mulhouse d�s le XIIIe si�cle.
Les enqu�teurs d�couvrent lors de la perquisition chez Jean
Philippe Antolini la facture de cette chambre d�h�tel que ce dernier
avait gard� soigneusement en souvenir, avec d�autres factures du
m�me voyage, et il comptait la montrer � l�occasion � son grand-p�re
maternel. D�s la garde-�-vue, et sans m�me que les enqu�teurs ne lui
pose la question, Jean-Philippe Antolini explique qu�il a utilis� le
nom de sa
Le voyage a repris le lendemain matin avec une visite rapide de la cath�drale de Strasbourg et puis le d�part vers le Jura suisse pour participer � la r�union avec l�association. Puis le retour, encore une fois, pour visiter un maximum de choses par la route de Napol�on. Encore une fois, les d�clarations de Jean Castela et Jean-Philippe Antolini sont confirm�es par l�examen des factures t�l�phoniques qui atteste qu�ils �taient � 120 kilom�tres de Strasbourg � 10 heures du matin, et comme la cath�drale ouvre � 7 heures (pi�ce vers�e au dossier), ils ont largement eu le temps de la visiter (et non pas � tr�s peu de temps � comme l�insinue le juge) puis de reprendre la route. Sans oublier que ce type de visite n�est pas une visite classique comme on pourrait la faire avec un groupe mais �tait destin�e simplement � voir un monument gothique.
Qui peut imaginer une seule seconde que des � terroristes � vont laisser autant de trace derri�re eux s�ils veulent dissimuler leur passage ? Billet d�avion � leur nom, payement la veille � Mulhouse avec carte de cr�dit et sous le nom de Jean Castela, mention dans diff�rents m�moires du voyage� Qui peut imaginer une seule seconde des terroristes en train de visiter des arch�odromes, des �difices religieux, participer � des r�unions associatives et en m�me temps s�arr�ter faire des rep�rages qu�ils ne vont m�me pas utiliser eux-m�mes car il ne faut pas oublier que Jean-Philippe Antolini n�a jamais �t� mis en examen pour l�attentat, mais seulement pour une pr�tendue complicit�
Quant � Jean Castela, s�il a bien �t� mis en examen pour cet attentat ainsi que pour la complicit�, il faudra quand m�me que les juges enqu�teurs nous explique l�int�r�t d�aller faire un rep�rage � deux pour qu�au final une seule des personnes revienne faire l�attentat. Mais, les juges de la cour d�assise sp�ciale ne s�y sont pas tromp�s en acquittant Jean Castela pour l�attentat.
Le jour de l�attentat de Strasbourg, Jean a expliqu� aux enqu�teurs qu�il s��tait rendu dans le Jura suisse pour r�gler des probl�mes internes de fonctionnement entre jurassien qui n�cessit�s une intervention ext�rieure.
Jean avait donc convenu d�un rendez-vous avec eux quelques semaines auparavant et s�est rendu en train jusque dans une gare proche fran�aise frontali�re. C�est � ce moment qu�un jurassien est venu le chercher � la gare fran�aise pour l�amener de l�autre c�t� de la fronti�re. Puis, un autre est venu le chercher pour l�amener � sa destination finale. Le fait que ces deux jurassiens ont tous les deux le m�me pr�nom (C�dric) a sem� une certaine confusion chez les enqu�teurs, puis, � la lecture du proc�s verbal de la r�union jurassienne � laquelle Jean Castela et Jean-Philippe Antolini avait particip�, les enqu�teurs se sont rendus compte qu�il y avait deux jurassiens qui portaient ce pr�nom, et ils ont tous les deux �t� interrog�s. Ils ont confirm� �tre all�s chercher � cette �poque Jean (l�un en France pour l�amener � Porrentruy et l�autre � Porrentruy pour l�amener � Moutier). L��tude des d�placements de Jean Castela hors de Corse et plus particuli�rement dans le Jura suisse prouve que c�est bien � cette occasion que sa mont�e dans cette r�gion s�est effectu�e de la sorte. Il est int�ressant de noter que la m�re de Jean Castela a un carnet dans lequel elle note tout ce qu�elle fait et ce que font les siens. Ainsi, on retrouve bien dans ce carnet traces d�une mention faisant �tat d�un voyage de Jean dans le Jura suisse � cette date ! Enfin, le juge termine sur le chapitre en expliquant que Jean Castela avait � organis� sa clandestinit� � au moment de ce voyage car l�analyse de son t�l�phone portable r�v�le qu�il n�a pas pass� de coup de fil. Or, il n�est pas pr�cis� qu�� cette �poque Jean Castela ne b�n�ficiait pas de l�abonnement international et que de ce fait il lui �tait impossible d�utiliser son t�l�phone en Suisse !
Quant aux contacts t�l�phoniques entre Jean Castela et Vincent Andriuzzi � dans les p�riodes cruciales pr�c�dant et suivant les attentats mais aussi l�assassinat du pr�fet� � cela rel�ve de la supercherie car Jean et Vincent �taient en contact t�l�phonique permanent, qu�il y ait des attentats ou pas. De m�me Vincent avait des contacts pour le travail tr�s fr�quents avec Alain Ferrandi et pas uniquement au moment des attentats comme tente de le faire croire le juge. S�il y avait de v�ritables �l�ments � charge contre Jean et Vincent, les juges ne se contenteraient pas d�utiliser ces artifices cousus de fil blanc.
A la page 76 de l�ordonnance, le juge change totalement de version et fait de Jean-Philippe Antolini, Jean et Stella Castela et m�me Vincent Andriuzzi des dissidents de la Cuncolta uniquement � partir du printemps 97 !!! Alors que pour Jean-Philippe Antolini par exemple, il est attest� qu�il n�est jamais entr� en dissidence mais simplement qu�il s�est retir� de la politique le 31 ao�t 1995, � la date de l�assassinat de son parent Pierre Albertini. Le juge lui-m�me le dit dans son ordonnance page 67 ! Et de dissidents en septembre 94, date de l�attentat revendiqu� d�un rectorat de Paris puis d�menti par le FLNC, Jean Castela devient � la fin de l�ordonnance un dissident seulement au printemps 1997 ! Il faudrait quand m�me savoir !!!
Dossier des attentats de 1994
Concernant les affaires de 1994 (attentats de Mende, op�ration de Nice et attentat de Paris), nous ne nous �tendrons pas sur ces affaires sans aucun rapport avec l�assassinat du pr�fet en 1998 ou avec les attentats commis par le groupe sans sigle en 1997.
Il appara�t comme une �vidence que Jean Castela a, � cette �poque, rendu des services aux clandestins du FLNC en acceptant de jouer les suppl�tifs de cette organisation, en leur fournissant des informations techniques sur l�enseignement de la langue corse � ins�rer dans un communiqu� et des informations pratiques sur les plans de b�timents de l��ducation nationale. Un de ces plans a pu �tre utilis� par le FLNC lors de l�attentat contre le rectorat de Paris. S�il s�est refus� tout au long de l�instruction et pendant une partie du proc�s � reconna�tre son r�le de suppl�tif, Jean Castela l�a reconnu � la fin du proc�s en premi�re instance. On peut s�interroger sur le fait que Jean Castela ait attendu aussi tard pour parler sur ce sujet, mais quand l�on sait que sans aucun �l�ment de preuve, il a �t� condamn� � 30 ans de prison, on peut comprendre que certaines personnes aient des r�ticences � consid�rer cette justice ! On peut lui reprocher cette attitude et on peut certes le condamner pour ces actes datant de 1994, mais en aucune fa�on ces actes ou ces actions de 1994 ne peuvent �tre constitutifs d�un commencement de preuve dans une affaire totalement diff�rente, celle de l�assassinat du pr�fet Erignac en 1998. Et si Jean Castela doit �tre condamn�, c�est pour cette affaire de 1994, et non pas pour autre chose. D�ailleurs, si ce dossier de 1994 se trouve m�lang� dans l�affaire Erignac, c�est uniquement pour tenter de semer la confusion en faisant condamner Jean Castela pour 1994, dossier dans lequel il y a quelques �l�ments.
Jean Castela a reconnu qu�il avait �t� un suppl�tif du FLNC � cette �poque, et nous acceptons qu�il soit condamn� pour ces faits. Nous estimons par ailleurs qu�avec 7 ann�es de d�tention pr�ventive, il a largement pay� cette aide qu�il a apport�, il y a 12 ans, aux clandestins. Les probl�mes de sant� de Jean Castela
Jean Castela a �t� victime d�un grave malaise cardiaque le 16 mai 2002, dans la cour de promenade de la prison de Fresnes. Alors qu�il a perdu connaissance et qu�il est sous perfusion dans l�ambulance des pompiers, les gendarmes lui mettent les entraves. Il a dans un premier temps �t� transport� � l�h�pital de Villeneuve-Saint-Georges. La pr�sence polici�re est pesante, avec 4 � 5 gardes mobiles en permanence dans la chambre, avec mitraillette et gilet pare-balles, sans compter ceux qui stationnent dans les couloirs. La pr�sence militaire est tellement pesante que le m�decin dit � Jean Castela qu�il ne supporte plus la situation et le renvoie, le 18 mai, sur l�h�pital p�nitentiaire de Fresnes. Dix jours plus tard, Jean Castela est transf�r� � l�h�pital de Kremlin Bic�tre, l� encore menott� et entrav�. Puis il r�int�grera l�h�pital de Fresnes o� il restera jusqu�au 20 juin, avant de r�int�grer sa cellule.
Au cours de ces divers changements d�h�pital, Jean Castela verra 11 m�decins diff�rents � mais aucun ne suit r�ellement le dossier m�dical de bout en bout - et ferra toute une s�rie d�examens : coronarographie, �chographie, test d�effort. Une tachycardie ventriculaire est diagnostiqu�e, les pulsations cardiaques �tant mont�es lors du malaise � 200/mn, responsables d�une syncope � l�effort.
Jean a �t� tr�s �prouv� par ce malaise. Il pesait le 16 mai 73 kg (pour 1m72). A sa sortie de l�h�pital le 20 juin, il p�se 63 kg. Il descendra jusqu�� 55 kg, sans pour autant revoir un m�decin. C�est dans cet �tat de faiblesse extr�me qu�il compara�tra en juin et juillet 2003 lors du proc�s en premi�re instance. Sa faiblesse et sa tension tr�s basse ne lui permettent pas d�acc�der seul � la salle d�audience et ce sont les gardes mobiles qui le portent tous les jours, assis sur une chaise, jusqu�� la salle d�attente du box des accus�s. Mais c�est sans aide qu�il p�n�tre dans la salle d�audience. Le stress est tel pour lui qu�il d�veloppera �galement un zona pendant le proc�s.
Les interventions m�dicales que Jean Castela a subi Depuis 2003, Jean Castela a subi deux autres coronarographies. Or, il ne s�agit en aucun cas d�un acte m�dical anodin. En effet, tous les sp�cialistes s�accordent sur ce point. A titre d�exemple, voici quelques extraits d�articles m�dicaux traitant du sujet :
Le Dr N. Boyadjian, dans un article intitul� � Le c�ur, son histoire, son symbolisme, son iconographie et ses maladies � dit : � La coronarographie n�est pas d�pourvue de tout danger. Elle comporte une mortalit� qui varie d�apr�s les diverses statistiques de 1 � 10 pour 1000 �.
Pierre Hillion, dans la � Chronique Sant� du Corse-Matin � du 23/10/2005 affirme : � La coronarographie est un acte � risque. Les m�decins ne l�ignorent pas, les patients non plus : on leur demande d�ailleurs de "signer une d�charge sur les risque qu�ils encourent" comme le confirme le professeur Pierre Gibelin (Service de cardiologique du CHU de Nice). La coronarographie consiste sous anesth�sie locale � ponctionner l�art�re f�morale au niveau de l�aine (ou l�art�re radiale au bras) pour y placer un cath�ter � minuscule tuyau � que le cardiologue sp�cialis� (le coronarographiste) va remonter par le syst�me art�riel jusqu�� l�entr�e du c�ur, � toucher les valves aortiques. On injecte alors le produit de contraste pour effectuer une radiographie ou angiographie num�rique des art�res coronaires �. � Incontestablement, ce n�est pas un geste anodin, c�est une technique invasive, oui, c�est un acte � risque � explique le professeur Bernard Padovani.
� La coronarographie classique pr�sente des risques connus, soit un d�c�s pour 1000 patients, (selon une �tude portant sur 222 553 coronarographies). Si l�on reporte ce taux au total des coronarographies r�alis�es chaque ann�e en France (200 000) cela repr�sente donc 200 d�c�s par an. A ces d�c�s il convient de rajouter : 0,6 cas pour 1000 d�infarctus du myocarde, directement provoqu� par la coronarographie ; 0,6 cas pour 1000 d�accident vasculaire c�r�bral ; 0,47 cas pour 1000 d�h�morragie vasculaire� ce qui, au bout du compte, finit par repr�senter des centaines de complications graves li�es chaque ann�e � la coronarographie �.
Philippe Beaufils, Professeur � la facult� de m�decine de Lariboisi�re-Saint Louis, service de cardiologie de l�h�pital Lariboisi�re � Paris, nous dit ceci : � Les m�thodes invasives, qu�il s�agisse de l�exploration �lectrophysiologique, du cath�t�risme cardiaque, de l�angiocoronarographie ou encore de l�art�riographie sont consid�r�es comme la r�f�rence, le Gold standard, tant en mati�re d�imagerie que de fonction cardiaque. Toutefois elles sont dangereuses et co�teuses : responsables d�une morbi-mortalit� qui est faible mais non n�gligeable, m�me dans des mains exp�riment�es, elles sont aujourd�hui des indications limit�es, codifi�es, correspondant sch�matiquement � des situations d�urgence, � l��valuation d�un risque grave et � la d�cision d�un traitement lourd de cons�quences, notamment chirurgical �.
La maladie de Jean Castela Deux ans et demi apr�s le malaise cardiaque de Jean Castela, et apr�s trois coronarographies � risques (qui en fin de compte n��taient pas n�cessaires), les m�decins r�ussissent enfin � diagnostiquer sa maladie. Il s�agit d�une Dysplasie Ventriculaire Droite Arythmog�ne (DVDA) qui est une maladie g�n�tique rare. Le professeur G. Thiene la d�finit comme suit : � La DVDA constitue une forme assez unique de cardiomyopathie du fait de la disparition progressive du myocarde et de son remplacement par du tissu fibro-adipeux. La DVDA affecte principalement le ventricule droit, mais progressivement le ventricule gauche peut �tre aussi atteint. La fr�quence r�elle de cette maladie est encore inconnue (�). La maladie serait une cause majeure de d�c�s chez les athl�tes. Malheureusement, il arrive que l�arr�t cardiaque soit le premier sympt�me de la maladie (�). Le diagnostic peut �tre pos� de mani�re non invasive[1] gr�ce � l��lectrocardiogramme, qui met en �vidence des caract�ristiques de la maladie (�). Le traitement est actuellement palliatif[2] est vise � �viter, � l�aide d�anti-aryhtmiques (b�ta-bloquants, amiodarone, fl�cainide), le d�but d�une instabilit� �lectrique mena�ant le pronostic vital �.
Le docteur Guy Fontaine, sp�cialiste dans ce domaine, nous dit : � La DVDA peut rester longtemps asymptomatique, (�). Il existe un risque de mort subite (�) �
Jean Castela a donc subi une op�ration appel�e � ablation par radiofr�quence �, le 14 janvier 2005, � l�h�pital de la Piti�-Salp�tri�re � Paris. Il est actuellement sous traitement m�dicamenteux de fl�ca�ne et asp�gic.
Pour le proc�s en appel qui d�butera le 1er f�vrier, le m�decin de la prison de Fresnes, compte tenu de l��tat de sant� de Jean Castela, a demand� aux autorit�s comp�tentes que les d�placements de Jean Castela de la prison au palais de justice pendant son proc�s se fassent exclusivement en ambulance et non pas en fourgon cellulaire. De plus, Jean Castela devra �tre �quip� pendant tout le proc�s d�un �lectrocardiogramme pour contr�ler son rythme cardiaque.
T�moignage de Jean Castela sur son �tat de sant� (juin 2002)
� Le 16 mai 2002, lorsque l�accident est arriv�, j��tais en excellente condition. J�ai d�abord eu un �tourdissement, la t�te qui tourne et une sensation de �jambes vides�. Je me suis appuy� � l�ombre contre un mur mais la m�me sensation persistait. Je me suis assis puis apr�s quelques minutes, on m�a amen� boire � un robinet. Mais la vision �tait de plus en plus embrouill�e, le malaise persistant. J��tais toujours conscient et debout mais j�avais perdu un peu la notion du temps. On m�a amen� � l�infirmerie, en marchant mais soutenu par un bras (au cas o�), et l� on m�a allong�. A aucun moment je n�ai ressenti de palpitations. Imm�diatement on a pris ma tension, tr�s basse, et on m�a piqu� le bout du doigt pour �valuer le taux de sucre. Il �tait lui aussi tr�s bas. On m�a fait un �lectrocardiogramme. Toujours conscient mais avec des difficult�s pour parler, je r�pondais aux questions que l�on me posait. De plus en plus de monde s�agitait autour de moi. J�ai vu ainsi arriver les pompiers avec un mat�riel d�intervention. Je me rappelle que l�un d�entre eux m�a appuy� fortement sur les yeux. C�est vers ce moment l� que je ne me souviens plus de rien, si ce n�est d�avoir entendu un pompier dire �on va le choquer�. Je me suis r�veill� sur un brancard en train de sortir d�une ambulance � l�h�pital de Villeneuve-St-Georges. J��tais sous perfusion. Je me rappelle qu�une fois install� dans une salle au service de cardiologie (cela ressemblait aux urgences) un gendarme est venu m�enlever les entraves qu�on m�avait mis aux pieds. On m�a plac� ensuite dans une chambre, toujours dans le m�me service, o� la surveillance des infirmi�res �tait constante. J�avais en permanence la perfusion, un brassard pour me prendre la tension et le rythme cardiaque, une sorte de capuchon au bout du doigt pour mesurer l�oxyg�nation (si j�ai bien compris) et un petit tuyau qui m�amenait de l�air dans les narines. Durant toute la dur�e de ma pr�sence � cet h�pital un garde mobile avec mitraillette et gilet pare-balles est rest� plant� devant la porte, toujours ouverte, ne me quittant pas des yeux, refusant de laisser ouvrir la fen�tre (alors que dans la journ�e la canicule continuait). Les autres, ils �taient toujours 4 ou 5, restaient � proximit� (sans parler de ceux qui �taient dehors !). Un cardiologue est venu me voir (je vais les num�roter pour qu�on s�y retrouve). C�est le n�1. Il m�a dit que j�avais fait un accident tr�s grave, peut-�tre un infarctus. Le lendemain, apr�s de nombreuses piq�res et prises de sang, il est revenu me disant qu�il ne pensait plus � l�infarctus, m�me si au niveau du foie il y avait une l�g�re trace de ce qui est, ou peut �tre secr�t� lors d�un infarctus. L�hypoth�se a �t� finalement �cart�e. Il a diagnostiqu� une tachycardie ventriculaire en m�expliquant que j�avais fait l��quivalent d�une mort subite, pas totale �videmment. Mon c�ur se serait emball� lors du malaise, se maintenant � 200, et en pr�sentant de graves troubles du rythme. Le m�me jour un autre cardiologue (n�2) m�a pris en charge, avec un interne. Il a confirm� ce que m�avait dit le n�1, me disant que je l�avais �chapp�e belle. Leur probl�me �tait qu�ils n�avaient pas identifi� la cause. Ce cardiologue m�a dit, comme je lui posais la question, qu�on m�avait endormi pour me �choquer�, sans que je perde connaissance. Le 17 en fin d�apr�s-midi j�ai subi une coronarographie. Pour me transporter en salle d�op�ration il a fallu traverser quelques couloirs et changer d��tage. Il y avait une dizaine de garde-mobiles, arm�s jusqu�aux dents qui entouraient le brancard. L�un d�entre eux est rest� tout le temps dans la salle d�op�ration. Lors des d�placements j��tais pourtant sous perfusion et nu sous un drap. Le 18 le n�2 et l�interne m�ont fait une �chographie. Ils m�ont expliqu� que la coronarographie n�avait rien r�v�l� de grave. En cherchant bien il y avait peut �tre un l�ger r�tr�cissement d�une art�re, mais quelque chose de tr�s courant et inoffensif d�apr�s eux. Les examens de sang ont par contre montr� un manque de potassium. Tout le reste allait bien. Le n�2, lors de nombreuses discussions, m�a confirm� qu�il ne fallait plus songer � faire du sport, sauf si on me pla�ait un petit bo�tier dans le thorax (un �d�fibrillateur� ou quelque chose d�approchant). Cela d�pendrait d�un nouvel examen � r�aliser, un cath�t�risme. Celui-ci ne pouvant se faire � Villeneuve St Georges le n�2 m�a avou� ne plus supporter la pr�sence envahissante des gendarmes dans le service, si bien que le 18 dans l�apr�s-midi j�ai �t� transf�r� � l�h�pital de Fresnes, � l�unit� des soins continus, en ambulance. Au service des soins intensifs j��tais en permanence branch� � un appareil contr�lant le rythme cardiaque et la tension. On ne m�a enlev� les perfusions qu�au bout de 3 ou 4 jours. Tous les jours j�avais une piq�re (anticoagulant je crois), une prise de sang, une analyse d�urine, et la prise de m�dicaments (cordarone, sectral, kard�gic). Sont pass�s un cardiologue (n�3) et un m�decin (n�4). A mon arriv�e dans ce service j�ai �t� pes� � 73 kg. J�ai �t� transf�r� le 23 mai au service cardiologie, laissant ainsi l�unit� des soins continus. J�ai �t� pes� � 68 kg. J�ai vu un m�decin (n�5) le 27. Je passe sur la surveillance r�guli�re de ma tension et de mon rythme cardiaque, 3 fois par jour, et sur un �lectrocardiogramme quotidien. Le 28 j�ai �t� pes� � 67 kg. Le 30 au matin on est venu me chercher pour me conduire � l�h�pital du Kremlin Bic�tre, sous escorte toujours du m�me type. On m�avait mis sous perfusion. J�ai quand m�me �t� entrav� et menott� au brancard ! Le trajet s�est fait en ambulance. Apr�s une travers�e de l�h�pital digne de Starsky et Hutch, j�ai subi un cath�t�risme. Le gendarme a refus� de me d�sentraver pendant l�examen. Deux cardiologues ont proc�d� au cath�t�risme (n� 6 et 7), naturellement diff�rents de celui de la coronarographie (n�8). J��tais de retour dans la matin�e � Fresnes. Apr�s ces 2 examens, il faut rester 24 h la jambe absolument tendue, au lit, car un gros pansement maintient un point de compression � l�aine � l�endroit o� le c�ble a �t� introduit. C�est dire, dans l��tat o� j��tais, l�utilit� de l�escorte et de son z�le. Le trois juin le m�decin (n�5) est venu me dire qu�a priori tout allait bien, ce qui m�a �t� confirm� le 5, aucune grave anomalie n�ayant �t� trouv�e. Le 4 juin j�ai �t� pes� � 66 kg. Le 6 juin un cardiologue (n�9) est venu me parler des r�sultats des examens. Si la cause pr�cise n��tait pas identifi�e, visiblement en concertation avec d�autres cardiologues ils ont estim� que d�sormais seul un test d�effort �tait n�cessaire. Dans le cas o� celui-ci ne r�v�lait rien, avec un traitement, � vie (cordarone), je pourrais refaire du sport �sans faire toutefois de comp�tition� ! Dans le cas contraire il faudrait me faire une �lectro-simulation � l�h�pital de la Salp�tri�re. Au d�part le n�2 avait prescrit de faire cette �lectro-simulation en m�me temps que le cath�t�risme mais par la suite les autres cardiologues et en particulier celui de la Salp�tri�re que je ne connais pas mais qui visiblement suit le dossier de pr�s, ont d�cid� que cela n��tait pas utile. Le 6 juin un autre m�decin (n�10) est venu me voir. Il est je crois responsable du service o� je me trouve, mais ce n�est pas un cardiologue. Il est repass� � plusieurs reprises mais reste dans des g�n�ralit�s. Son passage � toutes les chambres n�est qu�un contr�le de routine. Le 11 juin j�ai �t� pes� � 65 kg. Le 13 juin j�ai �t� convoqu� par une cardiologue (n�11) ici � Fresnes pour passer le test d�effort. Auparavant elle a lu le dossier et elle est tomb�e sur l�avis du n�2 demandant, en son temps, une �lectro-stimulation. Elle voulait refuser alors le test d�effort. Elle a t�l�phon� au cardiologue de la Salp�tri�re (n�12) pour avoir son avis puisqu�� l��vidence c�est lui qui doit �tre sup�rieur. Il a dit que le test d�effort ne posait aucun probl�me. Celui-ci s�est tr�s bien pass� et rien n�est apparu. Depuis le d�but, en raison du traitement mon rythme cardiaque oscille entre 42 et 48 et la tension reste de l�ordre de 9 - 5,5. Elle m�a dit donc que tout allait bien. Ce que m�a confirm� le n�5 le lendemain, le 14 juin. Le n�5 m�a dit que j�allais retourner dans ma cellule en d�but de semaine et que si, �ventuellement, il �tait d�cid� de me faire l��lectro-stimulation, je reviendrais plus tard. Lors de cette conversation elle m�a dit que j�avais perdu connaissance lors de mon malaise du 16 mai, contrairement � ce que m�avait dit le n�2. En fait ils lisent chacun le dossier qui commence � �tre �pais et je n�ai pas forc�ment le point de vue exact. Le 14 j�ai port� pendant 24 h un Holter-E.C.G., c�est � dire un �lectro-cardiogramme qui a enregistr� pendant 24 h. La cassette est partie � l�analyse dont les r�sultats devaient �tre connus sous quinzaine. Le 18 j�ai �t� pes� � 63 kg. Une infirmi�re m�indique que je suis inscrit pour un examen (peut-�tre l��lectro-stimulation) mais elle n�en �tait pas s�re. Mon souci est donc d�avoir un avis unique sur la cause de cette tachicardie ventriculaire, sur les risques de r�cidive, sur le traitement � suivre, sur le suivi m�dical � respecter et sur les activit�s physiques possibles. Derni�res nouvelles, le 19. Le docteur n�5 m�annonce qu�elle vient de t�l�phoner au cardiologue de la Salp�tri�re et qu�il a confirm� que l��lectro-stimulation n��tait pas n�cessaire. J�ai r�int�gr� la cellule en 1� division � Fresnes quelques jours plus tard. La �convalescence� va donc se faire dans une cour surchauff�e de 9 m de long sur 4 de large, avec 15 personnes entass�es, entre 4 hauts murs de briques qui r�fractent la chaleur� � Jean Castela, en juin 2002
Vincent Andriuzzi
La lettre de sa femme � En juillet 2003, mon mari Vincent Andriuzzi a �t� condamn� � 30 ans de r�clusion dans le cadre de l�affaire Erignac, bien que depuis son arrestation en mai 1999 il ait toujours clam� son innocence. Nous avons aussit�t fait appel de cette condamnation. Aujourd�hui, alors qu�il est emprisonn� depuis pr�s de six ans, il m�appara�t essentiel de faire conna�tre la v�ritable personnalit� de mon �poux. En juillet 2004, j�ai d�cid� de constituer un comit� de soutien sous la forme d�une association loi 1901. Ce comit� de soutien est compos� du noyau familial et de personnes de sensibilit�s diff�rentes parmi lesquelles : Francis Pancrazi, maire de Monte et conseiller g�n�ral ; Pierre Jean Franceschi, diacre ; Michel Quilichini ; Vital Geronimi ; Jean Alain Papi ; Michel Cacciaguerra ; Andr� Leporati ; Jean-Paul Luciani � Les diff�rentes actions entreprises par le comit� de soutien ont �t� : la cr�ation d�un site web, la mise en circulation d�un texte p�titionnaire demandant un proc�s �quitable au plus t�t, l�envoi d�un courrier type aux diff�rents d�cideurs de l��le (�v�que de la Corse, �lus, pr�sident de l�universit� etc�), enregistrement, en septembre 2004 d�une �mission par RCFM sur la situation judiciaire de Vincent Andriuzzi, conf�rence de presse � Ajaccio le 06/12/2004 avec la ligue des droits de l�Homme, suivie le 08/12/2004 d�une r�union d�information en pr�sence d��lus d�horizons politiques divers. Toutes nos actions ont b�n�fici� en Corse d�une bonne couverture m�diatique. M. Ange Santini, pr�sident de l�ex�cutif de l�assembl�e de Corse et M. Simon Renucci, d�put� maire d�Ajaccio ont chacun relay� notre action en �crivant � M. Dominique Perben, Ministre de la Justice. A ce jour, plus de 3000 personnes d�horizons sociaux et politiques divers ont adh�r� � notre d�marche. �tre jug� �quitablement au plus t�t est le seul et unique but que nous poursuivons. � Rose-Marie Andriuzzi
Vincent ANDRIUZZI, son parcours Vincent Andriuzzi est n� le 16 septembre 1955 � Bastia o� il a eu une enfance heureuse avec une scolarit� normale jusqu�au baccalaur�at scientifique, section C, obtenu en 1974. Il a ensuite entrepris des �tudes scientifiques � Marseille jusqu�� la licence de math�matiques, obtenue en partie en juin 1977. Il n�a pu terminer le cursus car en septembre de la m�me ann�e, Vincent rejoignait son affectation au Service National o�, au titre de la coop�ration militaire, il exer�ait pendant deux ann�es scolaires en Alg�rie, dans la r�gion des Aur�s, en qualit� de professeur de math�matiques. A son retour en Corse, Vincent Andriuzzi a occup� diff�rents postes de ma�tre auxiliaire en math�matiques jusqu�en 1981. Las d�une situation professionnelle instable, il exer�ait alors une activit� de repr�sentant de commerce jusqu�en 1983, ann�e o� il d�cidait de reprendre ses �tudes en math�matiques pour terminer ma licence et passer le CAPES qu�il a obtenu en 1985, � la fin de l�ann�e de stage pratique. Ce stage ayant �t� effectu� � Bastia, c�est tout naturellement que Vincent Andriuzzi a demand� une affectation en Corse, dans le cadre du mouvement national auquel il �tait astreint � participer. Alors que l�Acad�mie de Corse disposait de places dans la discipline, c�est en r�gion parisienne que l�administration entendait l�affecter. Avec d�autres coll�gues dans la m�me situation, ils ont contest� leurs affectations et apr�s quelques moments de vive tension, ils ont obtenu gain de cause et sont rest�s en Corse o� Vincent Andriuzzi a exerc� dans plusieurs �tablissements bastiais. Lors de son interpellation du 26 mai 1999, Vincent exer�ait pr�cis�ment au coll�ge de Lucciana. Par ailleurs, au registre de sa formation, il a �t� amen� � suivre un cursus de Conducteur de Travaux en b�timents � Toulouse, de septembre 1991 � janvier 1993 en pr�vision de la cr�ation � venir d�un BTS du b�timent dans l�Acad�mie de Corse. Cette cr�ation �tait envisag�e par la Collectivit� Territoriale de la Corse, responsable du sch�ma r�gional des formations. Malheureusement, � son retour dans l��le, la Collectivit� Territoriale avait chang� ses projets en la mati�re. Vincent Andriuzzi a pu n�anmoins mettre en pratique ses nouvelles connaissances dans le domaine du b�timent puisque le Rectorat lui a propos� d�intervenir pendant deux ann�es en tant que formateur et coordonnateur au sein du GRETA, organisme de formation continue pour adultes. Vincent obtenait aussi l�autorisation de son administration de tutelle d�exercer une activit� compl�mentaire au sein du monde de l�entreprise, l�objectif �tant d�approfondir sa propre formation professionnelle et de d�velopper un tissu relationnel dans la profession dont il entendait faire profiter ses �l�ves stagiaires. Sur un plan plus personnel et depuis 1980, Vincent partage la vie de Rose-Marie MATTEI, son �pouse, Directrice d�une agence du Cr�dit Agricole en Corse et qui ont deux enfants : Francesca-Maria, n�e en 1987 et Antone-Michele, n� en 1995".
Vincent ANDRIUZZI et l'affaire Erignac : ses explications � Mon premier contact avec ce qu�il est convenu d�appeler � l�affaire ERIGNAC � a eu lieu lors de mon interpellation suivie de ma mise en garde � vue le 18 novembre 1998. A mon domicile ont �t� saisis mon mat�riel informatique, ainsi que mon agenda et mon t�l�phone portable, pour l�essentiel. Transf�r� � Paris aux services de la DNAT, avec quatre autres personnes (Jean-Philippe ANTOLINI, Jean CASTELA et son �pouse Stella, Jean-Nicolas ANTONIOTTI). J�ai r�pondu du mieux possible aux innombrables questions pos�es. Au terme de soixante-douze heures de garde-�-vue, j�ai �t� remis en libert�, avant donc la fin de celle-ci, sans qu�� l��vidence aucune charge ne soit retenue contre moi. Il en a �t� de m�me pour Jean-Nicolas ANTONIOTTI mais par contre Jean-Philippe ANTOLINI ainsi que Jean et Stella CASTELA ont �t� incarc�r�s � l�issue de leur garde-�-vue dans le cadre d�une commission rogatoire annexe. J�ai ensuite �t� convoqu� par le juge d�instruction Mme LE VERT, le 02 avril 1999, en qualit� de t�moin pour une audition de plus de quatre heures. L� encore sans cons�quences. Enfin, le 26 mai 1999, j�ai �t� arr�t� et transf�r� de nouveau � Paris, mon �pouse subissant le m�me sort. Cette fois-ci je d�cidai de garder le silence durant toute ma garde-�-vue et m�en expliquai devant les policiers. C�est ainsi que, pr�sent� devant le magistrat instructeur, j�ai �t� mis en examen pour � complicit� d�assassinat � et �crou� � la maison d�arr�t de Fleury-M�rogis, mon �pouse quant � elle ayant �t� lib�r�e apr�s quarante-huit heures d�interrogatoire. Sur mon attitude, je me suis compl�tement expliqu� devant le juge BRUGUIERE � l�occasion du d�bat contradictoire pour le maintien en d�tention. J��voquai devant lui ma tr�s grande inqui�tude � l�occasion de cette deuxi�me interpellation. En effet d�s les premiers moments, j�ai senti de la part des policiers un net changement d�attitude par rapport � la premi�re fois, me laissant entendre que � cette fois-ci, ce ne serait pas comme la derni�re fois��. Arrivant dans les locaux de la DNAT, j�ai pu constater de suite l�extr�me tension qui y r�gnait. Il faut rappeler que le 21 mai pr�c�dent avaient �t� arr�t�es plusieurs personnes � Ajaccio parmi lesquelles certaines avaient reconnu leur implication dans l�assassinat du Pr�fet Erignac. Parmi ces personnes figurait Alain FERRANDI avec qui j�entretenais des relations professionnelles que j�expliciterai plus loin. Et puis surtout, il y avait ces rumeurs largement diffus�es, y compris par la presse, concernant une r�union, soit disant conspiratrice, � Ajaccio le 19 ao�t 1998, plus de six mois apr�s la mort du Pr�fet Erignac, � laquelle j�aurais particip� en compagnie de Jean CASTELA et d�Alain FERRANDI, au domicile de la s�ur de ce dernier. Nous y reviendrons. Ayant eu connaissance de ces rumeurs et autres articles de presse avant mon interpellation, en entendant dans les m�dias qu�Alain FERRANDI avait reconnu sa participation � l�assassinat du Pr�fet Erignac, j�ai eu peur de me trouver au centre d�une manipulation et je pr�f�rai garder le silence, r�servant mes explications au juge d�instruction. J�ai du attendre la fin ao�t pour �tre entendu par Mme LE VERT sur le fond et ainsi m�expliquer compl�tement. Mais pour autant, j�ai �t� maintenu en d�tention par la suite malgr� mes demandes de mise en libert�. Pire, le 2 d�cembre 1999, j�ai �t� mis en examen dans un dossier connexe, celui des attentats de Strasbourg, Pietrosella et Vichy perp�tr�s en 1997, ainsi que dans un troisi�me dossier relatif � des attentats ayant eu lieu en 1994 o� j��tais mis en cause - fort opportun�ment - comme un ancien membre du FLNC canal historique. La nasse judiciaire ainsi constitu�e, je demeurais incarc�r� � Fleury-M�rogis. N�anmoins une lueur d�espoir m�est apparue lorsque la chambre d�appel (devenue d�sormais chambre de l�instruction) m�a remis en libert� dans le dossier Erignac le 12 janvier 2001. C��tait pour moi un signe fort. Mais je demeurais incarc�r� dans les deux autres dossiers car la Justice estimait que bien qu�offrant toutes les garanties de repr�sentation il y avait me concernant une suspicion de d�lit de fuite. J�ai donc d� attendre le proc�s qui s�est ouvert deux ans et demi plus tard pour tenter de d�bloquer ma situation, mes nombreuses demandes de lib�ration recevant toutes, entre temps, une r�ponse n�gative. Pour m�moire, je signalerais que j�ai m�me �crit en f�vrier 2000 au Garde des Sceaux, en recommand� avec accus� de r�ception, avec copie au Premier Ministre, pour l��clairer sur ma situation. Je n�ai pu que d�plorer que ma correspondance soit rest�e sans suite. A noter que concernant mes conditions carc�rales, j�ai �t� transf�r� de la maison d�arr�t de Fleury-M�rogis � celle de Fresnes le 11 janvier 2002, sur instruction de Mme LE VERT, sans qu�il y ait eu de ma part une quelconque entorse au r�glement de l�Administration P�nitentiaire. Ne peut-on penser alors que mon d�placement vers une maison d�arr�t aux conditions plus difficiles s�inscrivait dans une tentative de d�stabilisation psychologique ? C�est donc le 2 juin 2003 que s�est ouvert � Paris � le proc�s Erignac �, les trois dossiers �voqu�s plus haut ayant �t� regroup�s en un seul. Inutile d�insister sur la charge �motionnelle de ce moment qui �tait � son comble. Ce sont au total onze personnes qui ont comparu, dont deux en pr�venus libres. Pour ma part, l�accusation dans son ordonnance de renvoi me pr�sentait comme un des responsables de l�assassinat, ayant particip� � la r�daction des communiqu�s de revendication du " groupe des anonymes ", ce que bien sur je contestais avec force comme je l�ai fait depuis le premier jour. Sans entrer ici dans le r�cit exhaustif de l�audience, d�une dur�e de six semaines, on retiendra que les d�bats ont permis de mettre � bas les �l�ments pr�sent�s contre moi par l�accusation � l�appui de sa th�se. Avant d�y revenir plus en d�tail, notons que les principales questions me concernant et qui posaient probl�mes ont �t� abord�es, que ce soit ma mise en cause comme ex-membre du FLNC canal historique, la pr�sence sur mon ordinateur d�un texte pour le moins bizarre, mes relations t�l�phoniques ou encore cette fameuse journ�e du 19 ao�t 1998. J�ai tent� d��clairer la Cour sur toutes ces questions et mon avocat, Me MAISONNEUVE s�est attach� � d�monter la construction de l�accusation. Par ailleurs, concernant les attentats de Strasbourg, Pietrosella et Vichy, o� j�ai �t� condamn�, on peut remarquer qu�en plusieurs semaines d�audience aucune question ne m�a �t� pos�e sur ces faits. Au final, le 11 juillet 2003, la Cour d�assises de Paris sp�cialement compos�e m�a condamn� � trente ans de r�clusion criminelle. Les observateurs avis�s n�ont pas manqu� de souligner l�incoh�rence de cette sanction, soulignant m�me que pesaient contre moi � les charges les plus �vanescentes � (Le Figaro du 12 et 13 juillet 2003). Manifestement, d�autres consid�rations que celles du droit ont motiv� la d�cision finale me concernant. Pour ma part, toujours d�cid� � faire reconna�tre mon innocence dans ce dossier, j�ai d�cid� de faire appel de ce jugement inique �.
Vincent Andriuzzi : son engagement associatif Le 5 mai 1992 tombait la tribune de Furiani. Avec elle, 2000 spectateurs sont projet�s dans le vide� La Corse, la France, sont en deuil� Certaines personnes resteront handicap�es. Un homme, parmi elles, faisait construire sa maison individuelle. Quant elle fut finie, quelques semaines plus tard, il ne put y entrer�
C�est avec cette triste r�alit� qu�en septembre 1993 Vincent Andriuzzi, alors Pr�sident de l�Association pour la Valorisation de la Qualit� de l�Habitat en Corse, d�cide de mener � bien la r�alisation du projet � Megliu Esse �. Traduisez : mieux �tre. Rien n�est pr�vu pour vivre en fauteuil roulant dans cette maison neuve. L�AVQHC n�ayant pas sp�cialement vocation � s�occuper des probl�mes des handicap�s, engage tout de m�me une r�flexion sur l�adaptation de l�habitat pour les personnes � mobilit� r�duite. Pour atteindre cet objectif, l�association a travaill� en partenariat avec des �tudiants en B.T.S. d�action commerciale du lyc�e Jeanne d�Arc de Bastia. Avec eux, l�AVQHC a d�velopp� un v�ritable projet �ducatif. Les r�sultats de cette �tude ont �t� rendus publics le 18 d�cembre 1993 � l�occasion d�un colloque. L��tape suivante a �t� la construction d�une unit� pilote. Cette partie du projet a impliqu� des constructeurs, membres de l�Union Nationale des Constructeurs de Maisons Individuelles (UNCMI), ainsi que de nombreux acteurs de la construction et du monde associatif comme la d�l�gation de Haute Corse de l�Association des Paralys�s de France (APF). Le Minist�re de l�Equipement, du Logement et des Transports est aussi partenaire de ce formidable projet. La coordination du groupe de travail ainsi mis en place �tant assur�e par Vincent Andriuzzi pour l�AVQHC. Ce projet a �t� pr�sent� en mairie d�Ile Rousse devant Mr Pierre Pasquini, alors D�put�-Maire de cette ville, le 18 mars 1994. L�unit� pilote d�habitation con�ue et adapt�e pour le mieux vivre des personnes � mobilit� r�duite a �t� inaugur�e le 25 juin 1994, en pr�sence de tr�s nombreuses personnalit�s li�es au projet. Parce ce que les enjeux humains et �conomiques sont d�importance, l�entreprise s�inscrit dans le temps. D�but�e en septembre 1993, elle s�est poursuivie jusqu�en 1995. Cette d�marche a �t� reprise au niveau national par l�UNCMI, pour lui donner encore plus d�ampleur. L�implication dans l�associatif de Vincent Andriuzzi est � l��vidence totale et on pourra noter, qu�� la p�riode 1994 son r�el centre d�int�r�t �tait bien dans ce projet.
Vincent ANDRIUZZI : son engagement nationaliste L�essentiel de l�engagement nationaliste de Vincent Andriuzzi a eu lieu dans le domaine syndical. C�est en 1985 qu�il a adh�r� au S.C.I. (Sindicatu Corsu di l�Insignamentu). Il y a trouv� un espace de r�flexion et d�action sur la question des affectations des personnels enseignant en Corse, ainsi que sur la valorisation de l�enseignement de la langue corse, th�mes auxquels il �tait tr�s sensible. Vincent Andriuzzi a m�me occup� la fonction de Pr�sident du syndicat pendant une ann�e et a �t� �lu en tant que repr�sentant des personnels certifi�s � la Commission Administrative Paritaire Acad�mique en 1990. A partir de 1991, pour des raisons professionnelles li�es d�une part � sa formation et d�autre part � son activit� compl�mentaire dans le domaine du b�timent, Vincent Andriuzzi a consid�rablement r�duit son militantisme syndical. N�anmoins, poursuivant son m�tier d�enseignant, il a tenu � maintenir son adh�sion, fut-elle formelle, � une organisation syndicale. A noter qu�en 1989 Vincent Andriuzzi s�est rapproch� de la Cuncolta Naziunalista, en tant que sympathisant. Il a eu l�occasion d�assister � des r�unions sans pour autant avoir une pr�sence r�guli�re et du fait, l� encore, de ses activit�s professionnelles qui l�ont �loign� de Corse en 1991, il n�a plus donn� suite. D�autant que, dans les ann�es qui ont suivi, les fortes tensions entre les mouvements, avec ce qu�il est convenu d�appeler la guerre fratricide, l�ont fortement perturb�. Depuis lors, il n�a plus d�attache avec aucun parti nationaliste, bien que Vincent Andriuzzi maintienne ses convictions.
Vincent ANDRIUZZI et le Groupe FILIPPI En 1995, alors que Vincent Andriuzzi poursuivait son m�tier d�enseignant, il a accept� de collaborer avec le Groupe Filippi dont l�activit� principale est la location de voitures. Le Groupe le sollicitait pour une mission de conduite de travaux pour l�ensemble de ses infrastructures : il s�agissait d�intervenir, en fonction des besoins, sur les diff�rents sites de l�entreprise afin d�y diriger les travaux. C�est cette activit� que, parall�lement � celle de professeur, Vincent Andriuzzi exer�ait encore en mai 1999, lors de son arrestation. Il faut pr�ciser qu�au sein du Groupe Filippi, dont le PDG, feu Jean-Fran�ois Filippi �tait le cousin germain de Vincent Andriuzzi, le propre p�re de Vincent avait exerc� la m�me fonction de conduite de travaux pendant plus d�une d�cennie, avant de s�en retirer, atteint par la maladie. C�est donc au titre d�une certaine continuit� familiale, fort de sa formation et d�un h�ritage d�exp�rience paternelle que Vincent Andriuzzi a accept� la proposition faite par ses cousins, les enfants de Jean-Fran�ois Filippi, qui reprenaient la direction de l�entreprise apr�s l�assassinat de leur p�re en d�cembre 1994.
Il est particuli�rement important d'appr�cier le travail consid�rable effectu� par Vincent Andriuzzi, malgr� les tentatives par l'accusation de minimiser la r�alit� de cette collaboration. D'autant que, concr�tement son action a �t� possible, en compl�ment de son activit� principale de professeur, gr�ce d'une part � la proximit� du si�ge social du Groupe o� il se rendait r�guli�rement et d'autre part du fait d'un emploi du temps de professeur qui lui laissait des demi-journ�es (voire des journ�es enti�res) de libre, sans parler des cong�s scolaires.
Revue de presse Articles �voquant Jean Castela et Vincent Andriuzzi dans diff�rents magazines et journaux. Pour lire la revue de presse cliquez sur les images r�duites de chaque article
Ce dossier a �t� r�alis� par le Comit� Anti R�pression
Pour toute question ou compl�ment d�information, vous pouvez joindre au t�l�phone les porte-parole du CAR : Stella Castela au 06 22 20 88 84, Jean Philippe Antolini au 06 23 53 65 26,
et
avant le proc�s, vous pourrez envoyer des fax au 04 95 35 04
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[1] C�est-�-dire sans intervention chirurgicale impliquant le passage d�un cath�ter dans les art�res, ce qui veut dire explicitement qu�il n�y a pas besoin de coronarographie. [2] C�est-�-dire que ce traitement ne permet pas de gu�rir mais seulement de pr�venir un nouveau malaise.
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