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ETA : FIN DU CESSEZ-LE-FEU !

Le 5 juin 2007 : (Corse - Sulidarit� internaziunale) Le mouvement ind�pendantiste basque ETA annonce qu'il mettra fin ce mardi � minuit � son cessez-le-feu en vigueur depuis le mois de mars 2006 et met en garde le gouvernement espagnol contre de nouvelles op�rations "sur tous les fronts".

"Les conditions minimales pour la poursuite d'un processus de n�gociations ne sont pas r�unies", explique ETA dans un communiqu� diffus� mardi par le journal basque Berria.

voici ce que publiait hier soir le journal du pays basque :

Alors que le message lanc� ce week-end par Arnaldo Otegi ï¿½qui n�a d�ailleurs pour l�instant pas �t� contredit ni par le PSE ni par le PNV� invite au pessimisme, les perspectives d�avenir � court ou long terme ne sont pas non plus rassurantes.

En effet, � long terme, les �lections l�gislatives de printemps 2008 vont beaucoup peser dans les d�cisions du PSOE, qui devra faire face � la pression �lectorale du Parti Populaire dans le cas o� le gouvernement de Jos� Luis Rodr�guez Zapatero s�engage de nouveau dans un processus de paix.

Et � court terme, les proc�s ouverts � l�encontre des dirigeants et des mouvements de la gauche abertzale vont dans le sens contraire d�un processus d�apaisement du climat politique. En effet, alors que vendredi le juge de l�Audience Nationale espagnole Fernando Grande-Marlaska d�cidait de rouvrir un dossier class� sur Arnaldo Otegi concernant un d�lit pr�sum� "d�apologie du terrorisme", jeudi, le Tribunal supr�me espagnol devra trancher sur le recours pr�sent� par le dirigeant de Batasuna concernant la peine de 15 mois de prison � laquelle il avait �t� condamn� pour avoir particip� en 2003 � un hommage rendu au dirigeant historique de l�ETA Jos� Miguel Be�aran Orde�ana, Argala, tu� en 1978 par l�extr�me droite espagnole.

Si le Supr�me confirme la peine, elle s�ajoutera � une autre d�un an de prison dict�e contre Arnaldo Otegi en 2005 pour "outrage" au roi Juan Carlos de Bourbon. Les deux peines cumul�es, le principal repr�sentant de la gauche abertzale dans les n�gociations politiques devrait aller en prison. De mauvais augure pour le processus.

� cela il faut rajouter les informations de presse selon lesquelles l�organisation arm�e basque a d�cid� de reprendre les armes.

Le quotidien proche du gouvernement socialiste El Pa�s affirme que "la police, la garde civile et le CNI [services de renseignement espagnols, nldr] sont d�accord sur le fait que l�ETA pr�pare une action terroriste � court terme". "Le plus probable", ajoute El Pa�s, "c�est que l�ETA commette un attentat spectaculaire sans victime pour montrer sa capacit� op�rationnelle et accro�tre sa capacit� d�intimidation et de chantage".

Au-del� de la v�racit� de ces informations, elles repr�sentent un nouvel obstacle � une �ventuelle reprise de confiance entre les deux parties. Et sans un minimum de confiance, le dialogue semble difficile, et les engagements impossibles.


Le processus de dialogue politique n�est plus. Si la gauche abertzale tirait la sonnette d�alerte sur la situation "critique" du processus, ce week-end, le leader souverainiste Arnaldo Otegi a annonc� qu�il n�existait plus, "le PNV et le PSOE ayant quitt� la table" des n�gociations. La situation actuelle se trouve dans un "collapsus total", a-t-il d�crit.

Accompagn� des membres de la commission de n�gociation, Arnaldo Otegi a regrett� qu�� ce jour "la gauche abertzale soit le seul interlocuteur qui reste assis � la table". Le PSOE et le PNV "ont l�ch� l�affaire" et "ont quitt� la table". La situation actuelle est, selon Arnaldo Otegi, "d�une extr�me gravit�".

Le dirigeant de la gauche abertzale a fait le bilan du processus politique amorc� suite � la d�claration de l�ETA d�un cessez-le-feu permanent. Une p�riode d�espoir au cours de laquelle les citoyens basques ont �t� les t�moins de "la construction d�une opportunit� pour r�soudre le conflit politique dans ce pays". Cette opportunit� "historique" existe encore, a-t-il ajout� tout en pr�cisant que dans le contexte actuel, en l�absence du PNVet du PSOE, ce n�est pas possible.

C�est dans un souci de "transparence" que la gauche abertzale a dit se pr�senter devant la presse pour rendre compte de la situation du processus, a expliqu� Arnaldo Otegi. Rappelant que cette "opportunit� historique" est le r�sultat d�une s�rie de rencontres que Batasuna et le Parti Socialiste d�Euskadi ont eues pendant des ann�es, Arnaldo Otegi a soulign� que les deux partis ont partag� une id�e centrale: "que le conflit basque rel�ve d�un probl�me politique dont la solution devrait avoir �galement une dimension politique".

Une "solution d�mocratique" qui devrait r�pondre aux deux questions "fondamentales", selon Batasuna, la question du territoire basque et la question du droit � l�autod�termination.

 

Des ann�es de discussions

Apr�s six ans de rencontres discr�tes, qui ne se sont pas rompues malgr� l�interdiction de Batasuna, le point d�inflexion est arriv� avec la d�claration d�un cessez-le-feu permanent de la part de l�organisation arm�e basque. Cette annonce aurait d� d�clencher "un dialogue honn�te", mais �a n�a pas �t� le cas a regrett� Arnaldo Otegi, qui n�a pas souhait� �voquer les diff�rents obstacles qui ont rendu difficile le processus, dont son incarc�ration sept jours apr�s la d�claration de l�ETA.

"Malheureusement", a-t-il r�sum�, "le PSOE et le PNVont mis en place une strat�gie pour d�naturaliser le processus et transmettre � la soci�t� l�id�e d�un processus technique", c�est-�-dire, l�abandon d�finitif des armes de la part de l�ETA.

Deux mois apr�s le cessez-le-feu "le processus �tait d�j� bloqu�", mais dans un souci de "discr�tion et d�honn�tet�, la gauche abertzale n�a pas souhait� le rendre public". Le processus a suffisamment avanc� pour que le 29 mai Batasuna et le PSE prennent chacun des "engagements" dont la mise en sc�ne d�un dialogue bilat�ral avec une rencontre officielle devant la presse.

L�annonce de cette rencontre, le secr�taire g�n�ral du PSE l�a faite le lendemain, le 30 mai, comme convenu par les deux partis, dans le journal du soir de la radio publique basque Radio Euskadi.

� la grande surprise des auditeurs, Patxi Lopez admettait qu�il fallait "passer des contacts actuels � une phase de n�gociations" et que la formation qu�il dirige allait rencontrer formellement des repr�sentants "de la gauche abertzale, dont nous appr�cions et reconnaissons le pari [qu�ils ont fait] pour l�ouverture d�un nouveau cycle politique". Le secr�taire g�n�ral du PSE ajoutait lors de cette �mission que la gauche abertzale �tait un "interlocuteur n�cessaire" pour la mise en place d�un processus de paix. L�un des engagements pris par Batasuna et le PSE �tait d��laborer et de pr�senter au PNV un brouillon d�accord qui devait �tre sign� par le PSE ainsi que par la branche socialiste navarraise (PSN) avant le 31 juillet. La table multipartite pourrait ainsi se constituer au d�but du mois d�octobre.

Le 31 mai, le chef du gouvernement espagnol annon�ait au Congr�s que la volont� de l�ETA d�arr�ter la lutte arm�e avait �t� v�rifi�e et que le fait de "ne pas �tre arriv� � la paix n�emp�chait pas le d�but du dialogue politique".

 

Les r�unions � trois

La photo officielle du lancement du processus de dialogue politique a �t� prise le 6 juillet. D�un c�t� de la table, Patxi Lopez et Rodolfo Ares; de l�autre, Arnaldo Otegi, Rufi Etxeberria et Olatz Da�obeitia. Pour la premi�re fois depuis des ann�es, des repr�sentants du socialisme basque et de la gauche abertzale �taient assis face � face devant les flashs.

Malheureusement, ce ne fut qu�un miroir aux alouettes en plein milieu du d�sert. Il n�y a eu ni accord ni brouillon d�accord. Les semaines suivantes ont d�bouch� sur une impasse, et l��t� s�est �coul� sans que les partis prennent d�engagement.

C�est dans ce contexte de blocage qu�en septembre, la gauche abertzale, le PNV et le PSE ont commenc� une s�rie de r�unions � trois. Douze rencontres trilat�rales au cours desquelles deux brouillons ont �t� r�dig�s, le premier sur le droit � d�cider et le second sur la question de la territorialit�. Mais, selon Arnaldo Otegi, les engagements pris alors �taient trop ambigus et tant le parti nationaliste basque que le parti socialiste ont refus� de les concr�tiser.

C�est alors que la gauche abertzale a mis sur la table une proposition d�autonomie pour les quatre provinces du Pays Basque sud. Le PNV et le PSE ont accept� � leur tour de faire des propositions. Ce qu�ils n�ont pas fait. Lors des rencontres du mois de novembre la situation n�a pas pu se d�bloquer.

La gauche abertzale a d�cid� de la d�bloquer en pr�sentant publiquement sa proposition d�autonomie.Une proposition double qui prenait en compte �galement les provinces du Pays Basque nord. "Depuis, on n�a pas connu d�alternative de leur part", a regrett� Arnaldo Otegi, "on n�a eu qu�un Non cat�gorique � notre proposition".

Le 30 d�cembre, l�attentat de l�ETA � l�a�roport de Barajas a provoqu� de la part du gouvernement espagnolune r�action de rupture du processus de n�gociation avec l�organisation arm�e. Une rupture qui a contamin� le dialogue entre les partis politiques. Depuis, des contacts ont eu lieu mais aucune avanc�e n�a �t� constat�e. C�est dans ce contexte qu�Arnaldo Otegi a d�clar� que le processus se trouvait dans un "collapsus total".

"Les principaux interlocuteurs ont quitt� la table et ont dit � la gauche abertzale que les Basques des quatre territoires ne pouvaient pas construire un cadre institutionnel commun s�ils le souhaitaient, et qu�ils n�ont plus le droit de d�cider librement et d�mocratiquement de leur avenir", a d�clar� Arnaldo Otegi tout en pr�cisant que "l�accord politique et la paix sont toujours possibles au Pays Basque � condition qu�il y ait une v�ritable volont� d�y parvenir". "Voil� notre engagement", a insist� Arnaldo Otegi, tout en appelant � une "r�flexion dans le calme" qui permette de relancer le processus.

 

 

 

Source photo : Unit� Naziunale, Archives du site.
Source info :  Unit� Naziunale

� UNITA NAZIUNALE 1999 - 2007

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