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Le
19 septembre 2007 :
Unit� Naziunale,
www.unita-naziunale.org. (Corse - Lutte de Masse) Le 26
janvier 2006, Dominique PASQUALAGGI est incarc�r� � la prison de la
Sant�, dans le cadre de la tentative d�attentat contre la Tr�sorerie
d�Aix-en -Provence.
L�instruction �tant toujours en cours, ce qui implique, outre la
d�tention, des interrogatoires par le juge d�instruction, des
confrontations, une reconstitution des faits etc... Ainsi que de
nouvelles mises en examens qui se traduisent au pr�alable par des
gardes � vue. Celles-ci durent quatre jours et ce dans un laps de
temps tr�s rapproch� durant lesquelles il a subi des pressions
psychologiques : manque de sommeil, intimidations, n�gation de la
personne humaine. L�une d�entre elle s�est d�roul�e au mois de mars
2007 ; l�autre au mois de juin s�est conclue par un �v�nement
tragique : une � d�fenestration � dans des conditions pour l�heure
inconnues.
C�est le journal t�l�vis� d�une cha�ne nationale qui permet � notre
m�re d��tre inform�e de la situation et de l�admission de son fils
aux urgences de l�h�pital de la PITIE SALPETRIERE. Sous le choc,
l�information fait vite le tour de la famille et le 14 juin 2007 au
soir, commence alors le parcours du combattant.
Pendant plus de 72 heures d�angoisse, et en d�pit des d�clarations
du chef de la police, nous avons �t� maintenues sans nouvelles !
Blocage des informations, impossibilit� d�acc�s dans l�aile
s�curis�e o� il se situait, au motif que les autorisations n��taient
pas arriv�es de la prison de la Sant�. Ce n�est qu�apr�s un premier
bras de fer, aid�es de la presse, qu�au bout de ce p�riple, nous
avons pu le voir le samedi 16 juin pendant 5 minutes et constater
par nous-m�mes qu�il �tait encore en vie...
D�ailleurs, durant trois longues semaines, le pronostic vital �tait
largement engag�, en raisons des nombreuses l�sions : h�morragie
interne ayant n�cessit� 16 culots de sang par transfusion, fracture
du bassin, sacrum en miette, fractures de diff�rentes apophyses, de
L1, du coude droit, de la cheville gauche, perforation des deux
poumons, sternum enfonc�, c�tes cass�es, contusion du foie et de la
rate, section de l�art�re f�morale.
Dans cette p�riode d�incertitude o� chaque minute pass�e �tait une
minute gagn�e, l�espoir et le courage �taient de rigueur ; d�autant
qu�il �tait difficile de lui apporter notre soutien. En effet,
seules les personnes b�n�ficiant d�un permis de visite �taient
autoris�es � le voir 3 fois par semaine, le lundi, le mercredi et le
samedi � raison d� 1/2h par personne. Pour agr�menter le tout, nous
ne pouvions pas t�l�phoner pour avoir des nouvelles, nous devions
donc nous d�placer � chaque fois pour �ventuellement avoir la chance
de croiser un m�decin.
Dans ces conditions, une demande de remise en libert� a �t� d�pos�e
mais, n�anmoins refus�e.
Cependant, gr�ce � l��quipe m�dicale de la r�animation de l�h�pital
de la Salpetri�re, et apr�s des moments de doute, d�s � une fi�vre
et � une infection pulmonaire, l��tat de Dominique, qui �tait plong�
dans un coma artificiel, et avait subi une trach�otomie, a commenc�
doucement � s�am�liorer.
Son �tat �tant alors stable, il a �tait transf�r� vers le service
d�orthop�die et le 15 juillet 2007, il a subi une 1�re op�ration sur
la colonne et le sacrum, longue de 4 heures, ce qui devait �tre la
premi�re d�une longue s�rie. Lors de cette intervention, il a �t�
constat� que certains nerfs avaient �t� sectionn�s, � savoir les
nerfs qui commandent les sphincters, ainsi que ceux des orteils et
qu�un risque de paralysie au moins sur une des jambes, suite � la
section de l�art�re f�morale, n��tait pas exclu.
Le moral de Dominique se trouve alors tr�s affect�, mais on nous
rassure, en nous expliquant qu�avec des op�rations en urologie, de
la r��ducation quotidienne, avec les avanc�es m�dicales et beaucoup
de temps, 8 � 10 mois, son �tat devrait se trouver am�lior�.
D�s le lendemain, apr�s ce traumatisme postop�ratoire, et sans
consid�ration de son �tat physique et psychologique, l�appareil
judiciaire � humain �, tel qu�on s��vertue � vouloir nous le
pr�senter, repasse au premier plan. En effet, se d�placent � son
chevet le Juge des libert�s et de la d�tention, son greffier ainsi
que le Procureur de la R�publique. Ils constatent l��tat de
Dominique, mais lui annoncent le rejet d�appel de mise en libert�
qui avait �t� form�. Cependant, ils reconnaissent que ce m�me �tat
n�est pour l�instant pas compatible avec une DETENTION. Et, devant
la d�tresse de Dominique, ils nous accordent � maman et � moi-m�me
(sa s�ur) un droit de visite �largi sans contrainte, ni d�heure, ni
de jour, comme tout patient.
Le 18 juillet, nous rendons visite � Dominique, qui reprenait
confiance, heureux de nous voir enfin � son chevet, on �voque, le
temps de la r��ducation, les op�rations � venir. Il nous pr�cise que
le kin� vient d�j�, de m�me que sa r��ducation neurologique et
urologique. Cela sera long, il devra r�apprendre � marcher
diff�remment et pour son bassin, il doit dans un premier temps
rester allong� pendant 45 jours. Ces informations ont �t� confirm�es
par le m�decin rencontr� ce jour l�. De plus, n�ayant que le bras
gauche valide, il doit �tre aid� pour les gestes vitaux, comme boire
et manger. Il est mass� 3 fois par jour et mis sur le c�t� pour
�viter la formation d�escarres.
Le 19 juillet 2007, alors que notre m�re se rendait � l�h�pital pour
rencontrer le m�decin et discuter avec lui des suites � venir, elle
voit son fils qui apr�s avoir pass� une radio pour son coude, est
directement transf�r� vers la prison H�pital de Fresnes. Surprise,
elle demande les raisons de ce transfert et on lui r�pond que pour
l�instant comme il ne doit pas �tre op�r� de suite, Fresnes dispose
d�un service ad�quat. N�anmoins, pour faire passer cette nouvelle
pilule, on nous a rassur� sur la continuit� des soins. D�ailleurs,
sachant que l�une des innovations de la loi KOUCHNER �tait
d�introduire une �thique de soins en prison reposant sur l��galit�
et l�ind�pendance, nous �tions plus ou moins confiantes. Mais force
est de constater que cette loi qui affirme le droit d�acc�s aux
soins des personnes incarc�r�es est loin d��tre appliqu�e �
Dominique.
Sur le plan administratif, on nous a rassur�s en nous pr�cisant que
tout allait suivre, permis de visite, autorisation exceptionnelle de
le voir chaque jour.
Mais la r�alit� est toute autre. Nous nous sommes heurt�es � un
nouveau refus de visite et � de nouvelles difficult�s
administratives, et de fait un retour aux horaires impos�s et,
naturellement, l�annulation du pseudo privil�ge qui nous avait �t�
accord�.
Aux termes de ce nouveau p�riple, notre m�re a pu le voir le 23
juillet 2007, soit 5 jours apr�s son transfert, et l� l�horreur lui
tombe dessus. Elle, si r�serv�e, si respectueuse, du haut de ses 73
ans, et forte de son exp�rience dans les h�pitaux de Paris pendant
plus de 30 ans, elle �tait infirmi�re, puis surveillante, elle
n��tait pas pr�par�e � une sc�ne d�une telle atrocit�.
D�tenu dans une chambre-cellule ferm�e, un plateau repas pos� devant
lui, mais inaccessible, son premier constat est que la s�curit�
prime sur les soins.
Il n�y a pas de kin�, donc pas de r��ducation des membres
inf�rieurs, rien... L�hygi�ne rel�ve certainement du domaine du
luxe, un d�tail dont un d�tenu peut se passer, �tant donn� que l�on
n�a aucune consid�ration et reconnaissance de la dignit� humaine.
Les preuves des conditions difficiles r�serv�es � Dominique
s�amoncellent en une seule visite et sans qu�il s�en plaigne.
De plus, en raison de sa fracture au coude droit, il ne peut pas
acc�der au bouton de la lumi�re, et ne vit qu�� la lumi�re du jour
de sa lucarne.
Les op�rations pr�vues pour am�liorer sa situation, au niveau des
sphincters ne sont plus au programme. On l�a de nouveau sond�. Et,
malgr� le fait qu�il n�ait que le bras gauche valide, il va par la
force des choses apprendre � se sonder seul ; quant au reste,
couches et laxatifs seront les solutions.
Il est couvert de mycoses, tr�s amaigri, fatigu� au bout du rouleau,
il a peur...
Je vous passe les d�tails quand � l�insalubrit� ambiante,
moisissures aux murs, l�hygi�ne n�est elle non plus pas de mise.
Je vous rappelle qu�en raison d�une fracture du bassin, sur lequel
il n�y a pas eu d�intervention, on attendait, il doit rester
allonger pendant 45 jours, pas de position assise, ni semi assise
autoris� suite � l�op�ration de la colonne.
A la sortie de sa visite, quoi de pire pour une m�re que de
constater et d�affirmer que les mouroirs existent encore et que l�un
d�entre eux est r�serv� � son fils !!!
O� sont la qualit� et la continuit� des soins �gales � ceux offerts
aux personnes non incarc�r�es et que l�on nous avait garanties ?
L�association de toutes ces difficult�s sanitaires, psychologiques
fait que Dominique se trouve aujourd�hui dans une grande pr�carit�
et la reconstruction de sa personnalit� para�t tr�s difficile.
Pour couronner le tout, comme cela a �t� tr�s bien orchestr�, nous
nous trouvons en p�riode de vacances judiciaires. Que faire ?
D�sempar�es, face � cette situation nouvelle et tout simplement
inhumaine, nous invoquons l�aide de toute personne qui pourrait nous
apporter soutien et conseils...
Face � notre d�sarroi, nous avons tent� d�agir au mieux des int�r�ts
de Dominique ; une mobilisation sans pr�c�dent s�est mise en place,
p�titions de soutien, interventions radiophoniques de ma m�re sur
des radios locales corses, manifestation de soutien le 29 juillet
2007 � Corte.
De plus le 26 juillet paraissait dans le Quotidien le Monde un
article, concernant sa situation, � la lecture de cette article il
semblerai que la mobilisation c�est faite autour de lui, on prenait
enfin en compte sa pr�sence au sein de l�HOPITAL de Fresnes, il a
notamment �t�, suite � une s�rie de radiographies, d�couvert une
nouvelle fracture du genoux droit, nouvelle fracture qui l�handicape
un peu plus, un amaigrissement alarmant, soudain des nouvelles
dispositions ont �t� prises, r�gime alimentaire adapt�, pose d�une
attelle, soins quotidiens, mais il n�cessite une prise en charge de
plus de 2h30 le matin, et cela aux d�triments des autres
prisonniers/patients....Il a toujours les fils au niveau de la
cicatrice suite � l�op�ration du sacrum, je rappelle qu�il a �t�
transf�r� 4 jours apr�s une op�ration d�licate qui a dur�e 4h, et
bien �videmment la cicatrisation �tait en cours.
Il est �vident que sa place n�est pas l�, mais qui d�cide, qui fait
quoi...
Mmes PASQUALAGGI Jos�phine et Bernadette
Source photo :
Unit� Naziunale, Archives du site.
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� UNITA NAZIUNALE 1999 - 2007
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