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Proc�s Yvan Colonna Acte II - Rapport FIDH - La justice terroriste dans l'impasse

Le 1er juillet 2009  : (13:00 Unit� Naziunale, www.unita-naziunale.org - Corse - Lutte de Masse) La F�d�ration internationale des ligues des droits de l�Homme (FIDH) a mandat� trois observateurs pour suivre l�audience du proc�s en appel d� Yvan Colonna poursuivi principalement pour l�assassinat du Pr�fet Erignac : Alya Chammari, avocate tunisienne, Roland Kessous, magistrat honoraire fran�ais et Eric Gillet, avocat belge.

Ce proc�s s�est d�roul� en application des lois de fond et de forme en vigueur en mati�re de terrorisme.
 
Depuis 1999, la FIDH d�nonce cette l�gislation qui autorise des poursuites pour participation � une association de malfaiteurs en vue de pr�parer des actes de terrorisme.
 
Cette loi permet d�incriminer des intentions et non des actes. La garde-�-vue peut atteindre 96 heures, l�avocat n�intervenant qu�� la 72�me heure. L�exp�rience d�montre que les juges d�instruction sp�cialis�s instruisent plus � charge qu�� d�charge. Aucun des membres de la Cour d�assises sp�cialement compos�e par des magistrats choisis par le 1er Pr�sident de la Cour d�appel ne peut �tre r�cus�.
La Cour d�assises statue � la majorit� simple par un arr�t non motiv� en se fondant exclusivement sur l�intime conviction, disposition sp�cialement con�ue pour le jury populaire et non pour des magistrats professionnels.

Les poursuites diligent�es contre Yvan Colonna ont illustr� les d�rives que permet cette l�gislation. Plusieurs services de police sont intervenus, gendarmerie, police judiciaire, DNAT, sans grande coordination entre eux, euph�misme pour ne pas dire qu�ils �taient en comp�tition. Un Pr�fet a m�me diligent� une enqu�te personnelle en dehors de tout cadre l�gal.

La mise en cause d� Yvan Colonna par les membres du commando qui ont particip� � l�assassinat du Pr�fet, a �t� obtenue au cours de garde-�-vues dans des conditions contest�es par la d�fense et a fait l�objet de r�tractations ult�rieures. Au cours de l�instruction men�e par les trois magistrats instructeurs sp�cialis�s, les nombreuses demandes d�actes pr�sent�es par la d�fense ont �t� rejet�es. Aucune reconstitution des faits n�a �t� effectu�e sur le lieu du crime.

En outre, le choix proc�dural des juges d�instruction d�ouvrir deux dossiers distincts relatifs � l�assassinat du Pr�fet �rignac, en mettant en examen Yvan Colonna uniquement dans l�un d�entre eux, ne pouvait que porter gravement atteinte aux droits de la d�fense.

Le proc�s �quitable est caract�ris� par le respect des formes de proc�dure qui permettent de fonder la l�gitimit� de la d�cision finale. Ces formes doivent �galement permettre d��viter que l�accus� puisse avoir l�impression d�une justice arbitraire et peu transparente. Tels sont les termes utilis�s par la Cour europ�enne des droits de l�Homme.

Or, � l�audience d�appel, plusieurs incidents ont permis de mettre en doute le caract�re �quitable du proc�s.

Le Pr�sident n�a pas communiqu� aux parties une lettre importante d�un t�moin indiquant que des membres du commando ayant particip� � l�attaque de la gendarmerie de Pietrosella et � l�assassinat du Pr�fet �rignac n�avaient jamais �t� entendus, ainsi qu�un certificat m�dical d�un policier ayant eu un r�le d�terminant dans la mise en cause d�Yvan Colonna. Dans la conduite de l�audience, le Pr�sident ne s�est pas appesanti sur les t�moignages favorables � l�accus�.

La Cour d�assises a enfin refus� d�ordonner la reconstitution des faits � nouveau demand�e par l�accus�. Celui-ci a d�duit de ces �l�ments que la Cour n��tait pas impartiale et a finalement d�cid� de quitter l�audience et de r�cuser ses avocats.

L�absence de l�accus� et de ses d�fenseurs a eu pour cons�quence de d�s�quilibrer le d�roulement de l�audience de mani�re radicale. Un proc�s sans contradiction fait peser sur le Pr�sident de la Cour d�assises une obligation particuli�re de mener les d�bats avec la plus grande impartialit� et ce d�autant plus qu�Yvan Colonna avait �t� d�sign� d�s son arrestation en qualit� de coupable par le ministre de l�Int�rieur, devenu pr�sident de la R�publique.

En mati�re p�nale, la discussion publique des �l�ments � charge recueillis contre l�accus� est une condition indispensable pour qu�intervienne une d�cision juste et �quitable. Force est de constater que tel n�a pas �t� le cas.

Le choix d�lib�r� d�Yvan Colonna de quitter l�audience, motiv� par le sentiment exprim� d�s le premier jour qu�il se trouvait en pr�sence d�une juridiction d�termin�e � le condamner, ne peut que susciter un sentiment de malaise sur la condamnation intervenue.

En raison des pol�miques suscit�es par le d�roulement de l�audience, le d�faut de motivation de l�arr�t rendu, certes conforme au droit actuel, confirme la n�cessit� d�une r�forme rapide pour que les magistrats professionnels exposent les raisons de leur d�cision.

Dans un arr�t prononc� le 13 janvier 2009, la Cour europ�enne des droits de l�Homme a jug� que, sans un r�sum� des principales raisons pour lesquelles la Cour d�assises s�est d�clar�e convaincue de la culpabilit� de l�accus�, celui-ci n�est pas � m�me de comprendre � et donc d�accepter � la d�cision de la juridiction.

Il en va de m�me vis-�-vis de l�opinion publique.

Il ne nous appartient pas de nous prononcer sur le syst�me de d�fense choisi par l�accus�, ni sur sa culpabilit�. Mais on se doit de constater que le d�roulement du proc�s est l�illustration de l�impasse o� se trouve la justice lors de l�application de toute l�gislation d�exception, sp�cialement eu �gard aux exigences de l�article 6 de la Convention europ�enne de sauvegarde des droits de l�Homme, qui mentionne que toute personne a droit � ce que sa cause soit entendue �quitablement par un tribunal ind�pendant et impartial dans le respect de l��galit� entre l�accusation et la d�fense.

Ce proc�s soul�ve une fois de plus la question du maintien de cette justice d�exception.

Karine Appy/ Ga�l Grilhot : + 33 1 43 55 25 18 / + 33 1 43 55 90 19 / + 33 1 43 55 14 12

 

Vous pouvez lire le rapport int�gral de la FIDH en cliquant sur le lien ci-dessous  

 

http://www.ldh-corsica.org/jahia/Jahia/

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Source photo : Unit� Naziunale, Archives du site.
Source info :  Unit� Naziunale

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