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PETRU ALESSANDRI

Droit de r�ponse de Pierre Alessandri au sujet des rumeurs de compromission du "Commando Erignac"

Le 12 mai 2008 : (13:00 Unit� Naziunale, www.unita-naziunale.org - Corse - Lutte de Masse)  Malgr� l'�loignement de notre terre, parviennent jusqu'aux portes des prisons fran�aises des nouvelles particuli�rement blessantes. Elles pourraient �tre trait�es en tant que telles. Mais j'estime, que dans le contexte actuel elles peuvent �tre trop lourdes de cons�quences pour ne pas les rendre publiques. D'une certaine mani�re, pour leur tordre le cou, mais �galement pour que ceux qui sont � l'origine de ces calomnies et qui se complaisent dans l'anonymat assument ouvertement leurs propos.

"Les membres du groupe, condamn�s dans l'affaire Erignac auraient n�goci� avec l'Etat fran�ais et sa justice, des lib�rations conditionnelles ou autres am�nagements de peine en contre partie d'une condamnation d'Yvan Colonna."

Pour ceux qui nous connaissent et qui pousse un tant soi peu l'analyse, des faits, et du parcours des hommes, ces rumeurs pourraient pr�ter a sourire. Mais elles trouvent un �cho favorable, jusqu'en dans le milieu p�nitentiaire ou tout le monde peut comprendre quelles peuvent en �tre les cons�quences. Mais est ce peut �tre le r�sultat recherch� ?

Il est toujours difficile et d�gradant d'avoir � se justifier d'affirmations calomnieuses et infond�es. On nous accuse, on m'accuse aujourd'hui d'une compromission des plus graves pour un militant politique, l'arrangement avec un �tat, contre lequel je suis en lutte depuis l'�ge de 16 ans. 35 ann�es de militantisme d�sint�ress�, dans toutes les formes de lutte du mouvement nationale. Je ne me suis jamais servi de mon engagement militant, quelque fut le contexte ou la p�riode pour obtenir des avantages, qu'ils soient mat�riels, fonciers, immobiliers, ou financiers.

Je ne me suis jamais servi de mon engagement comme "ascendeur" social. Chercher � obtenir un quelconque privil�ge ou passe droit. Aides publiques ou subventions auquel je n'aurais pu pr�tendre dans le cadre de mon activit�. Je n'ai jamais accept� une quelconque compromission avec le syst�me en place, qu'il soit politique, administratif ou policier. Mais aujourd'hui on fait courir le bruit que j'aurais accept� une telle compromission. Obtenir quels am�nagements de peine ?? Quels avantages ?? Est ce que pour certains, le fait que l'un de nous, dans le cadre de la loi fran�aise, revendique et obtienne une lib�ration conditionnelle implique une compromission ? Faudrait il qu'il demeure en prison quelques ann�es pour avoir la "conscience tranquille"? Est ce que les militants qui ont eu la chance de pouvoir finir leur peine � Borgu, ou en passe de l'obtenir sont suspects d'un quelconque arrangement ? Je pense que ce serait leur faire insulte, et insulter tous ceux qui luttent dans le cadre des comit�s de soutien et dans le mouvement national pour notre rapatriement?

Je terminerais ces quelques lignes en disant que tout en relativisant les faits, tout cela me laisse un gout amer, car quelque soit le jugement que l'on peut porter sur mon parcours et les erreurs que j'aurais pu commettre, il n'a toujours eu comme motivation que l'int�r�t collectif. Mon engagement m'a conduit � un acte extr�me, que je n'ai jamais cherch� � glorifi�, mais dont j'aurais esp�r� qu'il puisse �tre un �l�ment de r�glement du probl�me corse. Mais aujourd'hui cette affaire est devenue un sujet tabou, pour l'Etat Fran�ais,  pour la classe politique, mais aussi h�las pour le mouvement national. J'ai �t� condamn� pour cela comme mes camarades? J'assume mon acte et ma condamnation, et si un jour il y a un quelconque "arrangement" avec l'Etat Fran�ais, ca sera parce que le mouvement national aura su l'obtenir, l'arracher dans le cadre d'un r�glement global, et non pas une compromission comme on voudrait le laisser croire.

Ma d�marche vous l'aurez compris n'est pas de mettre en avant un probl�me personnel et ponctuel, et je ne serais ni le prmier ni le dernier, malheureusement � faire les frais de ce genre de proc�d�s; mais je voudrais demander � chacun de prendre une position de principe sur ce genre de situation et mettre en garde ceux qui portent la "bonne parole", car ils ne font qu'alimenter un terreau d�j� trop favorable � toutes sortes de provocations, de manipulations et de divisions. Et leur demander de faire preuve d'un peu plus de maturit� et de conscience politique au moment ou notre pays a � subir une politique sans pr�c�dent de r�pression, de spoliation et de pr�carisation sociale, l'heure serait � la lutte et � la r�sistance, plut�t qu'� de telles pratiques aussi futiles que dangereuses.

Saluti fraterni � tutti

Pierre Alessandri

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La lettre de Petru Alessandri envoy�e aux �lus de la C.T.C

Le 27 septembre 2007 : Unit� Naziunale, www.unita-naziunale.org. (Corse - Lutte de Masse)  (Laetitia Pietri - Alta Frequenza) - C�est un appel au sursaut pour l�avenir de la Corse et des Corses que Pierre Alessandri, condamn� � la perp�tuit� dans le cadre de l�affaire Erignac, lance aux �lus insulaires dans une lettre adress�e � chaque groupe politique de l�assembl�e de Corse.

Voici l'int�gralit� de la lettre de Petru Alessandri

Mr ALESSANDRI petru

Prisonnier politique

Centrale p�nitentiaire

 

                                                                                             Lannemezan le 21 septembre 07

 

  Mesdames, messieurs les conseillers,

 

Au mois d�avril 2007, mon fils �tait interpell�, comme de nombreux patriotes, dans des conditions devenues malheureusement courantes en Corse et qui ne suscitent pas de votre part beaucoup de r�actions.

Jug� en comparution imm�diate, il �tait condamn� � 15 jours de prison pour avoir jet� une pierre sur les forces de r�pression, lors d�affrontements � la fin d�une manifestation de soutien aux prisonniers politiques.

Lors de ce proc�s, le procureur de la r�publique d�Ajaccio a prononc� un r�quisitoire durant lequel il justifie la s�v�rit� de la condamnation par le respect des lois r�publicaines et de l��tat de droit.

Cet argument pourrait pr�ter � sourire pour qui conna�t la situation politique et �conomique de la Corse.

Le procureur semble, ou feint d�ignorer  toutes les zones de non droit du type de l��le de Cavallu, par exemple, Terre corse, annex�e par l�argent roi, � la barbe de la pr�fecture, de la gendarmerie et ce avec la complicit� d��lus locaux.

Mais le proc�s en filiation qui s�en est suivi me laisse penser que le procureur d�Ajaccio �tait s�rement plus soucieux de plaire � sa hi�rarchie.

Se saisir de l�affaire Erignac pour argumenter un r�quisitoire cons�quent � un jet de pierre a choqu� plus d�un observateur, d�autant que Mr le procureur semble moins virulent dans d�autres affaires �minemment plus sensibles.

Aujourd�hui, dans la continuation logique de ce qui s�apparente � une vengeance d��tat, on s�en prend � mon �pouse, en invoquant la responsabilit� qui est la sienne face aux parties civiles qui me sont r�clam�es.

Pour information le Tr�sor Public r�clame � chacun des condamn�s de la dite � affaire Erignac ï¿½, 150 000� � titre de dommages et int�r�ts pour la destruction de la gendarmerie de Pietrosella et pour les pr�judices occasionn�s aux militaires de faction.

Comme pour tous les autres patriotes condamn�s, il nous est bien sur impossible mat�riellement de payer de telles sommes, car tout d�abord nous n�avons aucun revenu digne de ce nom.

L�administration p�nitentiaire ne pouvant nous proposer de travail suffisamment r�mun�rateur pour envisager de rembourser ces dommages et int�r�ts.

La justice fran�aise est l�, face � un paradoxe �norme, car non seulement elle condamne des hommes � de tr�s lourdes peines de prison, d�truisant par l� m�me tout lien social et familial et nous demande ensuite de travailler � notre r�insertion et exige le remboursement de sommes faramineuses.

Nous sommes incarc�r�s depuis plusieurs ann�es loin de notre terre au m�pris m�me des lois fran�aises et ce, malgr� la motion que vous avez vot� il y a quelques ann�es, � l�unanimit�, et qui demandait notre rapatriement en Corse.

Cet exil a un co�t, car durant toutes ces ann�es nos familles et nos amis ont d�pens� des sommes tr�s importantes pour nous assurer un soutien et maintenir un lien familial.

En mandats, en d�placements ( avion, bateau, train ), ainsi qu�en frais de s�jours.

Ces sommes auraient pu effectivement servir � rembourser cette � dette� envers l��tat.

Nous avons �t� condamn� une premi�re fois � de lourdes peines de prison, cette condamnation s�accompagne d�une n�gation de nos engagements, car le probl�me politique Corse est une notion inacceptable pour la cour d�assises sp�ciale qui nous a jug�.

Faut il qu�� l�exil et l��loignement de notre terre, nous supportions une �ni�me peine qui consisterais � maintenir une �p�e de Damocl�s au dessus de nos t�tes avec le remboursement des parties civiles.

Parties civiles qui sont exig�es � chaque demande de lib�ration conditionnelle ou autre remises de peines.              

Nombreux seront ceux d�entre vous, qui estimeront que nous m�ritons ce qui nous arrive et ne comprendrons pas l�objet de cette lettre.

La premi�re des raisons est de vous informer de notre sort, � un moment ou dans un �lan unanime la classe politique corse se pr�occupe du rapprochement des prisonniers politiques.

Avec l�espoir, que cela ne soit pas une position de circonstance, dans le calcul de futures combinaisons politiciennes ou un moyen de se donner bonne conscience apr�s des ann�es de d�sint�r�t, voir d�opposition.

Mais que ce rapprochement soit compris comme faisant partie int�grante d�une solution plus globale.

Malgr� une condamnation � perp�tuit�, la cour d�assises sp�ciale de Paris et ses juges ne m�ont pas priv� de mes droits civiques ; je participe donc, toujours, � toutes les consultations �lectorales.

Et parmi ces droits, figure celui de m�adresser aux repr�sentants �lus de mon peuple.

En tant qu�homme, citoyen, et militant.

Le 30 Ao�t 2007, le Monde �crivait dans son �ditorial, � synth�se Corse ï¿½ :

� chacun sait que depuis l��mergence du nationalisme, les forces de l�ordre ont concentr�s leurs efforts sur les poseurs de bombes, laissant prosp�rer la criminalit�. Les nationalistes portent bien sur une lourde part de responsabilit�..mais l��tat ne peut pas s�exon�rer de sa part de responsabilit�. En laissant l��tat de droit se d�liter et les clans perdurer� ï¿½

Cet �ditorial aurait m�rit� d��tre d�velopp� et approfondit, mais la responsabilit� de la classe politique Corse est flagrante.

Responsables ! Oui, sans aucun doute.

Vous ou vos pr�d�cesseurs qui ont si�g� dans cet h�micycle.

Si on peut reprocher au mouvement national corse dans son ensemble de n�avoir pas su saisir l�opportunit� politique, d�une moralisation de la vie publique et l�occasion de faire tomber un syst�me claniste, pourtant si longtemps stigmatis� et condamn�.

Vous �tes condamnable de le cautionner, de l�alimenter par int�r�t politicien, carri�riste, par laxisme ou tout simplement par peur de froisser le pouvoir parisien.

Je vous ferais gr�ce de la liste et des d�tails des dossiers que le pr�fet Bonnet avait mis en �vidence.

Mais combien d�entre vous pourraient chiffrer, par exemple le gouffre financier, que sont les fili�res pierre, bois, ou thermal ?

Savez vous que la station thermale de Guagnu, a co�t� plusieurs milliards de centimes et que le conseil g�n�ral de Corse du sud continue aujourd�hui encore de renflouer la SEM charg�e de sa gestion ? Et ce pour quel r�sultat, �conomique et social ?

En terme de cr�ations d�emplois ou d�entreprises ?

Que penser aussi de la gestion des SIVOM ?

Qui a  oubli� que les malversations du SIVOM du Nebbiu sont aujourd�hui rembours�es par les�.contribuables des communes concern�es.

Est il utile �galement de rappeler les dossiers concernant les chambres consulaires, la CADEC et autre SAFER ?

Dossier, qui de toute mani�re ont �t� jet� aux oubliettes de l�histoire ; les co-responsables, �tat, �lus, pr�fecture, se sont neutralis�s pour ne pas �taler leur �crasante responsabilit� sur la place publique.

Que penser du dossier du Cr�dit Agricole, qui v�g�te dans des cartons depuis des ann�es.

Un dossier pourtant r�v�lateur, mais qui sera s�rement �dulcor�, et renvoy� aux calendes grecques.

Mais, en un temps ou votre pr�sident, Mr Sarkosy, pr�ne et exige une politique de r�sultat,

L�int�grit� et la cr�dibilit� des hommes politiques, ne serait il pas temps de traduire ces belles paroles en actes.

Au nom d�une � ruptue ï¿½ si souvent proclam�e, n�est-il pas temps de rompre avec des pratiques clanistes et client�listes d�un autre temps.

Afin de sortir la Corse de cet assistanat scl�rosant et de donner au citoyen les moyens de son �mancipation et de sa responsabilisation.

Aujourd�hui, devrions nous, nous patriotes Corses et nos familles �tre les seuls � continuer de payer un lourd tribu � la lutte, que nous avons choisi de mener pour sauver notre terre, notre langue et notre identit� ?

Nous avons �t� pendant des d�cennies, d�une certaine mani�re, la conscience politique de la Corse, pour porter des revendications qui ont maintenant trouv� leur l�gitimit� aupr�s de notre peuple.

Parfois contre vents et mar�es.

Nous devrions peut �tre nous r�jouir de vous voir parler de bilinguisme, de l�Universit� di Corti, de protection de l�environnement, de d�veloppement identitaire, du rapprochement des prisonniers politiques, etc..

Alors que certains d�entre vous y ont �t� longtemps farouchement oppos�s.

Nous pourrions nous en r�jouir, car nous avons pour la majorit� d�entre nous milit� de mani�re sinc�re et d�sint�ress�e, oui, si il n�y avait eu tant de drames, de victimes, de familles endeuill�es et si tant de patriotes sinc�res ne croupissaient pas, en exil, dans les ge�les fran�aises.

Nous ne pouvons, et vous ne pouvez pas refaire l�histoire, mais vous avez le pouvoir de ne pas hypoth�quer l�avenir.

Vous �tes � la fois responsables et une partie du probl�me corse, m�me si certains d�entre vous ont re�u ce probl�me en � h�ritage politique ï¿½. Mais vous �tes aussi, s�rement, une partie de la solution.

Une solution politique globale, mais qui devra s�accompagner d�un changement des mentalit�s. Et non pas, par un �ni�me saupoudrage financier du type PEI, car la Corse n�a pas manqu� de moyens depuis�.

Il faudra enfin comprendre la diff�rence qu�il existe entre d�veloppement �conomique, int�r�t collectif et enrichissement personnel et carri�risme.

Mais, il est en tout cas inconcevable de penser qu�aujourd�hui les hommes et les femmes qui ont port� le flambeau de la lutte ne fasse pas partie de cette solution.

Sans pr�juger de ce que sera la nouvelle donne politique, du changement de pouvoir en France et avec la tenue d�un conseil des ministres d�centralis� en Corse, elle p�sera lourd dans les mois � venir.

A condition de se d�barrasser de ce pr�alable contradictoire qui consiste � ne pas vouloir discuter avec ceux qui ne condamne pas la violence, alors que ce m�me pouvoir, et Mr Sarkosy n�gocient sans aucun �tat d��me, avec les dirigeants Libyens la lib�ration des infirmi�res bulgares, avec les Talibans pour des lib�rations d�otages, alors que l�arm�e fran�aise intervient en Afghanistan.

Tente de n�gocier la lib�ration d�Ingrid Betancourt, avec les FARC Colombiennes, alors que cette arm�e figure sur la liste de � l�axe du mal ï¿½ �dit�e par les Etats Unis.

A l�instar d�autres r�gions comme la Catalogne ou la Sardaigne plus proche de nous, l�accession de la Corse � plus de souverainet� est in�luctable, je souhaiterais afin d��viter � l�avenir d�autres drames et d�autres conflits, que tous les �lus Corses toutes �tiquettes confondues, fassent preuve de clairvoyance et de courage politique pour hisser la Corse � la hauteur des enjeux qui l�attendent et offrir � notre jeunesse des lendemains pus sereins.

  H� sempre tempu .       

 

                                                                                      Sentimenti  Corsi

 

Source photo : Unit� Naziunale, Archives du site.
Source info : Famille Alessandri,  Unit� Naziunale

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Suite � l'interpellation de son fils Antoine, Petru Alessandri a r�agit

Le samedi 5 mai 2007 : A la demande de la famille Alessandri voici l'int�gralit� de la lettre de Petru Alessandri sur l'arrestation de son fils et au del� sur la r�pression contre la jeunesse corse.

voici la lettre de Petru Alessandri

"A la suite de la manifestation d'Aiacciu qui a vu d�filer dans les rues de la ville plusieurs milliers de personnes, de nombreux jeunes manifestants ont �t� interpell�s par les forces de l'ordre. Apr�s des incidents largement provoqu�s par les "forces du d�sordre", qui auraient du tout simplement laisser la manifestation aller l�gitimement jusqu'� son terme.

Parmi ces jeunes manifestants traduits devant la justice en comparution directe, se trouve mon fils interpell� sous le motif d'avoir lanc� des pierres contre les forces de l'ordre. A l'heure o� j'�cris ces lignes je ne connais pas le sort qui lui sera r�serv�, ainsi qu'aux autres interpell�s, mais je ne pouvais passer sous silence les m�thodes employ�es pour proc�der � ces interpellations.

Une simple convocation aurait suffi mais une fois de plus l'Etat fran�ais a choisi le spectaculaire, la d�mesure et la provocation.

Le jeudi 26 avril, les forces de police se pr�sentent au domicile de ma m�re pour lui annoncer que suite � la manifestation d'Aiacciu ils �taient � la recherche de son ... fils. Incomp�tence ou provocation gratuite ? Car personne et surtout pas les forces de police ne peut ignorer que je suis incarc�r� depuis de nombreuses ann�es, comme de nombreux autres compatriotes loin de notre terre. Apr�s de sommaires excuses, laissant sous le choc une personne �g�e de 77 ans, vivant seule, sans se soucier de son �tat de sant�, ces m�mes individus cagoul�s se sont rendus au domicile de mon fils pour l'interpeller dans un sc�nario d�sormais classique en Corse et qui ne semble pas soulever beaucoup d'indignation chez nos concitoyens.

Aujourd'hui, on condamne des jeunes manifestants � des peines de prison ferme justifi�es par Mr le Pr�fet de Corse comme le respect de la loi r�publicaine alors que des �lus qui depuis des d�cennies sont responsables de l'impasse politique, �conomique et sociale de la Corse, pris en flagrant d�lit de fraudes, abus de bien sociaux, d�tournements de fonds publics sont eux condamn�s � des peines avec sursis et � des amendes d�risoires que de toute mani�re ils ne r�glement jamais ou s'en acquittent avec l'argent qu'ils ont d�tourn�.

Il semblerait que dans ce pays, il y ait deux conceptions de la d�mocratie et de la loi r�publicaine et que la justice et la police soient plus tol�rantes avec certaines cat�gories d'individus. Il semble en effet �tre plus honorable aujourd'hui en Corse de vendre de la drogue � notre jeunesse, de mettre la soci�t� en coupe r�gl�e par la peur, ou de dilapider les fonds publics.

Mais quand ce syst�me est cautionn� ou utilis� par une classe politique silencieuse et asservi � un Etat colonial, cela porte un nom : "syst�me mafieux".

Classe politique corrompue et apparemment intouchable, car depuis des ann�es ces m�mes �lus �vitent avec beaucoup d'habilet� les foudres de la justice. Et pour cause, toutes les enqu�tes men�e en Corse, chambres consulaires, d'agricultures, Sivom, Safer, Cadec, etc ... ont fini aux oubliettes. Qui se soucie des scandales financiers que repr�sentent les �chec des fili�res thermales (bains de Guagnu), de la fili�re pierre, bois ? Quand est-il du fameux dossier du Cr�dit agricole de la Corse ? Il finira s�rement comme tous les autres : r�duits � de simples dysfonctionnement techniques ou humains. Mais il n'y a rien d'�tonnant � ce que la justice fran�aise se refuse � approfondir ces dossiers, la mise en �vidence des responsabilit�s de l'Etat, de la classe politique traditionnelle, et du corps pr�fectoral ouvrirait une voie royale au Mouvement National Corse. Tout cela est inimaginable et inacceptable pour un Etat qui historiquement a toujours ni� ses responsabilit�s et qui a toujours besoin de ses valets locaux pour mener � bien sa politique de spoliation du peuple corse.

En ces temps d'�lections ou tout un chacun se gargarise de paroles creuses sur l'exemplarit� de la r�publique fran�aise et de ces repr�sentants, la morale, l'ind�pendance de la justice, sur le refus de l'assistanat ; le silence des diff�rents candidats et acteurs politiques sur le probl�me politique corse laisse augurer des jours sombres pour notre peuple.

Le mouvement national �tant le seul rempart � ce programme funeste de spoliation de notre patrimoine culturel et naturel, pour l'Etat fran�ais tous les moyens semblent bons pour essayer d'intimider une jeunesse qui refuse le sort qu'on lui r�serve.

Il reste donc au mouvement national corse � retrouver une dynamique de combat qui n'aura d'efficacit� que dans une cr�dibilit� retrouv�e et la compl�mentarit� des luttes et des �nergies sur tous les terrains."

Petru Alessandri

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Lettre de Petru Alessandri � Laurence Le Vert

Lannemezan, le 27 septembre Centre p�nitentiaire de Lannemezan

� Madame, J'ai pris connaissance par la presse de votre intention de fermer le dossier d'instruction concernant Yvan Colonna. Et qu'apparemment les confrontations r�clam�es par ses d�fenseurs n'auraient pas lieu. Je vous envoie donc ce courrier que je vous demande de bien vouloir joindre � son dossier d'instruction et dont j'adresserai copie � mes avocats.

Je souhaiterais �galement que vous vous d�barrassiez de vos certitudes pour comprendre la r�flexion et la d�marche qui m'am�nent � vous �crire aujourd'hui. Je suis l'auteur des coups de feu qui ont tu� le pr�fet Erignac le 6 f�vrier 1998 � Ajaccio. Je pensais faire cette d�claration au terme du proc�s qui m'a vu compara�tre devant la cour sp�ciale de Paris, mais en raison de la tournure prise par ce proc�s, je suis rest� sur une position de revendication d'un acte politique collectif. Un proc�s tronqu� qui je pense a d�natur� totalement la port�e de notre acte par son organisation, sa programmation, par le fait qu'une grande partie du proc�s a consist� en l'analyse des faits et non du fond politique du dossier et par le refus d'admettre malgr� les t�moignages la responsabilit� de l'Etat fran�ais dans la situation que conna�t la Corse. Responsabilit� historique partag�e par un corps pr�fectoral charg� d'appliquer sa politique. Ce refus d'admettre des responsabilit�s est une constante dans l'histoire fran�aise, mais aujourd'hui cela contribue � maintenir en Corse les rouages d'un syst�me et les individus qui ont amen� la Corse dans une impasse politique et �conomique. Si ce refus de compr�hension est l�gitime de la part de la famille Erignac, il est � mon sens pr�judiciable de la part d'une cour de justice car cela reviendrait � dire que le pr�fet Erignac est mort d'un acte gratuit et pour rien. Mon intention n'est pas de refaire le proc�s qui m'a condamn� � la perp�tuit�. J'assumerai cette condamnation fort de mes convictions humaines et politiques ainsi que du soutien de ma famille, de mes proches et du mouvement national. Yvan Colonna a �t� mis en cause � tort lors de gardes � vue qui se sont d�roul�es dans des conditions particuli�rement difficiles o� il fallait g�rer une forte pression psychologique notamment avec la menace d'incarc�ration de mon �pouse. J'esp�re que cette mise au point sera suffisante dans un premier temps pour lui permettre de sortir des conditions de d�tention dans lesquelles il se trouve afin de pouvoir pr�parer correctement sa d�fense et d�montrer son innocence. Tous ceux qui ont particip� � cet acte ont compris en tant qu'hommes et en tant que militants qu'il ne prendrait sa dimension politique que dans la revendication et l'explication au-del� des cons�quences personnelles. La mort du pr�fet Erignac est un drame humain indiscutable, mais aussi un acte politique majeur qui marquera l'histoire de la Corse. Vouloir les dissocier et les opposer est une erreur car, per�u et accept� dans sa globalit�, il aurait pu �tre un des �l�ments de r�solution du probl�me politique corse. Je souhaite pour ma part que cette d�claration et clarification puisse enfin clore le volet juridique de cette affaire afin qu'� l'avenir on s'interroge sur les raisons qui ont emmen� � de telles extr�mit�s, et pour permettre � tous ceux qui ont �t� touch�s par ce drame d'envisager malgr� tout l'avenir avec plus de s�r�nit�. Fait � Lannemezan le 1 e r juillet 2004 �

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