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NUVEMBRI 1987 � NUVEMBRI 2006 GHJUVAN BATTISTA ACQUAVIVA :

U SOGNU DI A TARRA LIBARATA ï¿½

Novembre 2006 : Dans le Ribombu du mois de Novembre, un article en m�moire � ce jeune corse assassin� par un colon a �t� publi�. Nous le publions aujourd'hui avec l'accord du Journal U Ribombu.

� Dimmi un ti ni ne viaghji tu� ï¿½

Aborder le th�me de la terre corse, de ce qu�elle est aujourd�hui, de ce qu�elle peut �tre demain est un sujet autant essentiel que vital. Surtout pour la communaut� originelle qui l�habite depuis bien des si�cles�

Ce droit � la terre se pose toujours avec autant d�acuit�. Et la campagne mise en place il y a peu par Corsica Nazioni Indipendenti sur la notion du foncier et de la citoyennet� corse s�appuie tout naturellement sur la n�gation par la France de ce droit.

C�est ainsi pour cela que des milliers de personnes ont �t� interpell�es, des centaines incarc�r�es et lourdement condamn�es, des dizaines d�c�d�es dont parmi eux, un symbole et un exemple :

Ghjuvan Battista ACQUAVIVA.

 Le pas franchi...

C�est apr�s des arrestations orchestr�es par les forces de gendarmerie fran�aise en Balagna en 1984,  que Ghjuvan Battista fait le dur mais logique choix de se soustraire � un appareil judiciaire �tranger,  pr�f�rant la libert� d�un maquis certes traqu� � l�enfermement carc�ral.

Un choix manifestement r�fl�chi, que son p�re, notre ami , Mauriziu, aujourd�hui disparu conte en ces termes (1) : � Je marchais sur le sentier ombrag� de vieux ch�nes, par une belle matin�e de f�vrier 1984. Je revenais de Cariani, parcelle de vigne �loign�e de 500 m�tres de notre cave, lorsque je rencontrai jean baptiste, un sac de voyage en bandouli�re.

-         O� vas-tu mon fils ?

-         Les gendarmes ont d�couvert des armes dans le cimeti�re d�Ile � Rousse. Des copains me les ayant montr�es, il est possible que j�y ai laiss� des empreintes. Il est peut �tre prudent que je me mette un peu au vert�

-         Puis � je t��tre utile ? As-tu besoin de quelque chose ?

-         Non.

Au fond de la poche de mon pantalon de velours, je sentis quelques billets, ainsi qu�un vieux couteau � cran d�arr�t. Je serrai le tout dans mon poing, et le lui tendis. Il le prit avec un sourire ou l�affection semblait le disputer � l�amusement.

-         Salut Papa.

-         Salut mon fils.

Il repartit. Je me retournai et le suivis du regard. Au d�tour du chemin, il posa une main sur le mur et le franchit d�un bond souple et puissant. Jean Baptiste venait de passer dans la clandestinit�. ï¿½

 

L�affiche�

 affiches11.JPG

Ce choix op�r� en toute conscience, cons�quence d�une r�flexion personnelle et philosophique en totale ad�quation avec ses orientations politiques, l�am�ne in�vitablement � �tre recherch� par l�ensemble des forces fran�aises de police  pr�sentes massivement sur le territoire corse. Sa non localisation, son aptitude � se dissimuler tel un � poisson dans l�eau ï¿½ pour reprendre la maxime mao�ste, feront que en 1987, Ghjuvan Battista figurera � prime � l�appui � sur une sinistre affiche de militants recherch�s�

 

Assassin� par un colon�

 

C�est pourtant cette m�me ann�e, un mois de novembre, que la mort met fin � son engagement militant. Durant une op�ration de r�sistance organis�e contre la ferme d�un colon, le d�nomm� Roussel, Ghjuvan Battista est assassin� par le tir d�une arme de guerre � bout portant�

Le F.L.N.C., qui revendique l�op�ration, explique dans un communiqu� (2) les conditions dans lesquelles il fut assassin� : ï¿½ Ralentis dans leur progression par les dispositifs de protection install�s autour de la ferme du colon Roussel (boites de conserves suspendues � des fils, chiens de garde�) et par de nombreux incidents techniques qui avaient contrari� le bon d�roulement de l�op�ration, nos militants ayant constat� que la villa avait �t� soudain �clair� puis, apr�s quelques minutes, totalement plong�e dans l�obscurit�, ont d�cid� de renoncer � l�action qui aurait du autrement se d�rouler sans violences physiques. Nous tenons � pr�ciser que sur ce type de commando, JAMAIS un militant SEUL n�investit un objectif. Les militants agissent group�s. Pendant que le v�hicule du commando quittait les lieux, Ghjuvan battista, qui disposait d�un v�hicule personnel � la voiture retrouv�e � quelques dizaines de m�tres � a quitt� le dernier les alentours de la ferme. Le colon Roussel qui avait curieusement coup� les lumi�res a ABATTU DELIBEREMENT notre militant � l�ext�rieur de la maison alors qu�il se retirait et qu�il n��tait plus un danger pour personne. ï¿½

La gendarmerie fran�aise assurera pour sa part le grossier montage d�une pr�tendue lutte qui se serait pass�e dans la maison, disculpant et prot�geant le colon�

 

Martiriu di a causa corsa.

 

Apr�s son assassinat, le F.L.N.C con�u une premi�re affiche dont les mots r�sonnent  toujours dans notre inconscient collectif :

� Ghjuvan Battista Acquaviva, cumbattenti di u Fronti, cascatu par a libart� di a patria ï¿½.

Reprenons encore une fois � ce sujet, les �crits (3) de son pauvre p�re : � Jean Baptiste �tait un patriote corse qui voulait lib�rer son pays d�une tutelle �trang�re. Il en est mort comme bien d�autres. Ils font partie de nos martyrs, de nos h�ros. Ils sont notre histoire ï¿½.

Sa mort dans les circonstances que l�on sait, s�av�re un sacrifice. Elle nourrit cette juste cause, la cause qu�il avait sainement �pous�, � la fois sp�cifique et universelle, de ces femmes et ces hommes qui donnent leur vie pour que vive tout peuple non reconnu� Son martyr devient exemple et r�f�rence, d�montrant le d�sint�ressement d�une jeunesse engag�e pour vivre libre sur sa terre.

 

L�injustice fran�aise

 

Du cot� judiciaire fran�ais, tout sera �videmment volontairement entrepris pour prot�ger, dans la suite logique de la fuite organis�e par l�Etat Fran�ais de l�assassin pr�sum�, le colon Roussel. La constitution en partie civile de la famille Acquaviva pour mettre en place  une proc�dure afin d�obtenir un �claircissement en justice des causes de la mort de leur fils se heurte � l�implacable et froide logique d��tat� Le � non � lieu ï¿½ r�sonne tel un second assassinat� Il y a des v�rit�s jamais bonnes � dire, � conna�tre, � expliquer� M�me l�Europe, dans ses instances d�ultime recours �vitera de donner une suite � cette requ�te de justice, confortant ainsi la France dans sa volont� de dissimuler une situation ou le droit et l��quit� laissent place � l�ill�gitimit� assassine et au mensonge institutionnel...

 

Le droit de m�moire.

 affiche acquaviva2.jpg

Aujourd�hui, dix neuf ans s�parent l�assassinat de ce patriote de la situation que continue de subir la Corse. Peu ou pas d��volutions consacrent un accaparement massif, d�mesur�, et risquant de faire basculer notre �le dans un sch�ma de d�possession collective dont tout naturellement les Corses dans leur grande majorit�,  seront les principales et particuli�res victimes�

Aujourd�hui, la r�sistance continue. Et le sacrifice de Ghjuvan Battista garde toute son actualit� tant les causes qu�il d�non�ait et combattait hier sont toujours omnipr�sentes. Le devoir de m�moire se nourrit de moult exemples dont celui de ce fier patriote qui nous a appris que l�amour d�une terre pouvait conduire jusqu�� la mort, mais qu�elle ne sera pas vaine : Le nom de Ghjuvan Battista a �t� officiellement donn� et appos� � un amphith��tre universitaire de Corti, lieu de formation et de perspectives pour notre jeunesse tant il est r�f�rentiel, mais plus que cela, il demeure le symbole pour tous ces jeunes et ces moins jeunes, qui perp�tuent son combat, publiquement ou les armes � la main, pour que vive la Corse libre, �mancip�e et souveraine.

 

Il est toujours et plus que jamais � nos cot�s.

 

Ulivieru SAULI
U RIBOMBU NUVEMBRE DI 2006

 

1 � � L�eternu sguardu ï¿½.

2 � Communiqu� du F.L.N.C du 17 novembre 1987 ;

3 � � L�eternu sguardu ï¿½.

 

Source photo : Unit� Naziunale, Archives du site.
Source info :  U RIBOMBU, Unit� Naziunale

� UNITA NAZIUNALE 1999 - 2006

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